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Le Monde des DVD - Lambert Wilson et l'homopaternité
© Equinoxe Films
Lambert Wilson et Pascal Elbé dans Comme les autres, de Vincent Garenq

LE MONDE DES DVD

Lambert Wilson et l'homopaternité

par Mediafilm
11-07-2009 | 04h00
Lambert Wilson possède toujours le charme qui a fait de lui un jeune premier recherché peu après ses études au Drama Center de Londres à la fin des années 1970.

Bien que ce soit le succès de La Boum 2 de Claude Pinoteau en 1982, qui le rend populaire, l’acteur français connaît une carrière florissante avec des cinéastes de la trempe des Téchiné (Rendez-vous), Chabrol (Le Sang des autres), Zulawski (La Femme publique) et Resnais (Coeurs).

TOP 3
Les papas homosexuels au cinéma

1. Les Aventures de Priscilla, folle du désert,, de Stephen Elliott

2. La Cage aux folles, d'Édouard Molinaro

3. La Fête des pères, de Joy Fleury

Parfaitement bilingue, Lambert Wilson a promené sa dégaine de dandy dès les années 2000 dans des productions américaines, dont La Matrice rechargée et La Matrice - Révolution des frères Wachowski, où il incarne le vilain Mérovingien aux côtés de Monica Bellucci.

Puis en 2008, on le retrouve dans Comme les autres de Vincent Garenq, où il se colle à un personnage aux antipodes de ses précédents rôles: un papa, qui plus est, un papa gai.

Aux dires de Wilson, qui s’est fait proposer le rôle à bord d’un petit avion entre Toronto et Winnipeg durant le tournage d’un film américain, c’est sans hésitation qu’il a accepté de se glisser dans la peau de ce pédiatre quadragénaire rêvant d’être père: «Souvent, on me propose de jouer le méchant de service, mais là, il s’agissait d’un personnage très humain, moderne, réel, engagé dans la société. C’est un rôle génial, c’est-à-dire que rares sont les rôles qui permettent de jouer autant de choses à la fois.»

LÉGÈRETÉ ET HUMOUR

Ancré dans la société française d’aujourd’hui, où les mariages entre conjoints de même sexe ne sont toujours pas permis, Comme les autres rend compte avec légèreté et humour des difficultés que rencontrent les homosexuels qui souhaitent adopter.

L’idée du film a d’ailleurs été inspirée au réalisateur par un ami homosexuel qui essayait de devenir père à la fin des années 1990.

«Il faut être vraiment tenace, soutient le séduisant acteur, car les homosexuels sont obligés de cacher leur partenaire. Un couple d’amis, qui ont adopté trois enfants, ont donné leur approbation au scénario. L’Europe a un peu réprimandé la France parce qu’elle est très en retard au sujet du mariage entre homosexuels et de leur droit à l’adoption. On est le mauvais élève et l’on vient du pays des droits de l’Homme. Pis encore, des pays plus catholiques que la France, comme l’Espagne, sont en train de nous dépasser.»

CHANGER LES MENTALITÉS

Film au sujet marginal destiné au grand public, Comme les autres ne changera certes pas le monde, mais, qui sait, contribuera peut-être à faire évoluer les mentalités.

À preuve, plusieurs témoignages encourageants ont été entendus lors de discussions organisées après la projection du film.

«Au départ, il ne s’agissait pas d’un film militant, mais d’un divertissement. Lorsqu’on tourne, on se concentre sur le récit, mais, évidemment, on ose espérer que l’on pourra changer quelque chose.»

Nouveauté de la semaine

Comme les autres

À 42 ans, Emmanuel désire tant un enfant qu’il provoque sa rupture avec Philippe, son amoureux qui n’en veut pas. Il entreprend alors des démarches d’adoption. Mais celles-ci échouent, en raison de son homosexualité.

L’idée d’une mère porteuse lui vient, mais sa meilleure amie Cathy, qui elle aussi rêve de maternité, refuse tout net d’hypothéquer ainsi ses chances de fonder une famille «normale». Sur un coup de tête, Emmanuel demande à Fina, une jeune Argentine au visa de séjour expiré, de lui faire un enfant, en échange d’un mariage blanc qui régulariserait sa situation.

Passé quelques malentendus, une entente se forme entre les deux. Or, les examens médicaux préliminaires révèlent qu’Emmanuel est stérile. Et si Philippe acceptait d’inséminer Fina?

CE QU’ON EN PENSE

Ce premier long métrage de Vincent Garenq a le mérite d’aborder sans détour une problématique sociale brûlante d’actualité: l’homoparentalité.

Hélas, le traitement expéditif et consensuel privilégié par le cinéaste simplifie à outrance les enjeux et balaie sous le tapis les questions épineuses.

Reste, sous la lunette d’un réalisateur à la personnalité peu affirmée, un scénario ludique, qui enchaîne des situations parfois cocasses mais le plus souvent dignes de sitcoms, qui nous conduisent à bon rythme vers un dénouement téléphoné.

Visiblement investi, Lambert Wilson est très solide dans le rôle principal.

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