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Le Monde des DVD - La légende Clint Eastwood
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LE MONDE DES DVD

La légende Clint Eastwood

par Mediafilm
13-06-2009 | 04h00
Il a été une star de la télévision dans les années 1950 et 1960. Il a joué dans plus de soixante longs métrages. Il en a lui-même réalisé et produit une trentaine.

Pouvez-vous croire que Clint Eastwood a connu son plus grand succès commercial comme réalisateur de cinéma... en 2009?

En effet, Gran Torino, qui paraissait cette semaine en DVD, a amassé 148 millions $ en Amérique du Nord (262 millions dans le monde entier) depuis sa sortie en janvier.

C’est un nouvel exploit pour ce réalisateur doublement oscarisé, né en 1930 à San Francisco, la ville la plus multiculturelle de la Côte ouest-américaine, au carrefour des cultures espagnoles et asiatiques.

Pas étonnant que la question du racisme, mais aussi de l’exclusion, ait été au coeur de ses préoccupations à travers des films aussi différents que Bird, Impardonnable, Mystic River et maintenant Gran Torino, un beau long métrage sur l’ouverture aux autres d’un vieux veuf xénophobe (joué par Eastwood lui-même) qui tente de garder ses distances vis-à-vis les membres de la communauté coréenne qui s’est établie dans son quartier.

TOP 3
Trois films de Clint Eastwood sous-estimés:

1. Chasseur blanc, coeur noir (White Hunter Black Heart)

2. Minuit dans le jardin du Bien et du Mal (Midnight in the Garden of Good and Evil)

3. Les Pionniers de l'espace (Space Cowboys)

Raciste, Clint Eastwood? Certains le pensaient, sur la foi de films policiers intransigeants de la première époque, façon Dirty Harry, ou de westerns sanglants à la Josey Wales, hors-la-loi. D’autres le pensent encore.

C’est le cas du réalisateur Spike Lee, qui l’a pris publiquement à partie au Festival de Cannes en 2008.

Le réalisateur de Malcolm X et Do the Right Thing reprochait à Eastwood de ne pas avoir inclus de soldats noirs dans son diptyque sur la Seconde Guerre mondiale (Mémoires de nos pères et Lettres d’Iwo Jima), ce qui a forcé l’ex-Dirty Callahan à montrer les dents en disant de Lee: «Il s’est plaint lorsque j’ai réalisé Bird (sur le musicien afro-américain Charlie Parker), demandant pourquoi c’était un Blanc qui le tournait. J’étais le seul à vouloir le faire, voilà pourquoi. Il aurait pu prendre les devants s’il avait voulu.»

NOMBREUX VISAGES

Perçu jusque dans les années 1980 comme un homme d’action qui cogne d’abord, parle ensuite, Clint Eastwood a montré de sa personne des visages beaucoup plus nuancés au cours des vingt dernières années. Celui de l’amoureux tendre et attentif, dans Sur la route de Madison, annonçait en 1995 la naissance d’un homme presque rose.

Plus récemment, La Fille à un million de dollars a mis à jour une âme sensible enfermée dans le corps du dur à cuire, ce qu’a confirmé l’inattendu L’Échange, sorti l’automne dernier, avec Angelina Jolie en mère aux abois à la suite de la disparition de son fils.

Histoire de déplaire encore plus à Spike Lee, Clint Eastwood est en train de mettre la touche finale à The Human Factor, qui racontera les efforts déployés par Nelson Mandela pour unifier l’Afrique du Sud après la fin du régime de l’Apartheid.

Le film, qui met en vedette le grand Morgan Freeman, est attendu sur nos écrans le 9 décembre.

Gran Torino

Walt Kowalski vient à peine d’enterrer son épouse lorsqu’il surprend Thao, son jeune voisin, en train d’essayer de voler sa voiture de collection.

Quelques jours plus tard, alors que les membres d’un petit gang dirigé par le cousin de Thao viennent réquisitionner ce dernier de force, le vieux retraité des usines Ford sort son fusil et effraie les voyous.

Les nombreuses familles asiatiques du voisinage accourent pour le remercier avec des cadeaux. Vétéran de la guerre de Corée et raciste ordinaire, Walt rejette ces serments d’amitié, mais Sue, la soeur de Thao, persiste. Elle finit même par le convaincre de prendre le jeune homme à son service afin qu’il s’acquitte de sa dette envers lui. Une amitié se tisse peu à peu entre les deux hommes.

CE QU’ON EN PENSE

Ce 29e opus de Clint Eastwood nous montre tous ses visages. Celui de l’acteur de 78 ans qui apparaît dans l’image sous les traits d’un misanthrope pas très loin du Dirty Harry d’antan.

Celui du cinéaste prolifique qui, quelques mois à peine après la sortie de L’Échange, retrouve son territoire imaginaire, son humeur sardonique, son esthétique sûre mais discrète, ainsi que son approche limpide du sujet.

S’il coule naturellement et révèle à travers les mailles de son intrigue une Amérique du Midwest en pleine redéfinition, le scénario de Nick Schenk n’est cependant pas exempt d’archétypes et de facilités dramaturgiques.