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Le monde des DVD - Babine ou la chronique villageoise
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Des images de La petite Aurore l'enfant martyre, Séraphin, Le Survenant et Mon oncle Antoine

LE MONDE DES DVD

Babine ou la chronique villageoise

par Mediafilm
30-05-2009 | 04h00
La sortie en DVD cette semaine de Babine de Luc Picard, d’après les contes de Fred Pellerin inspirés de la vie et des gens de Saint-Élie-de-Caxton, vient rappeler la place importante qu’occupe le village dans le cinéma québécois.

Et ce, depuis les premiers temps de notre industrie, où le cinéma évoquait la société rurale canadienne-française de la fin du XIXe siècle et du début du XXe à travers des films comme Un homme et son péché (1948), Le curé du village (1949), ou encore à La petite Aurore, l’enfant martyre (1952).

Une vingtaine d’années plus tard, Gilles Carle s’est fait le chantre de la campagne avec des films tels La vraie nature de Bernadette, évoquant le retour à la terre, et Les corps célestes, peinture joyeuse et polissonne d’une petite ville minière dans les années 1930. Et comment oublier le magnifique Mon oncle Antoine de Claude Jutra, classique des classiques de notre cinématographie, qui racontait la jeunesse morose du scénariste Clément Perron dans un village sous l’emprise d’une grosse société minière américaine.

TOP 3
CES VILLAGES D’AILLEURS

1. Mon cher petit village,, de Jiri Menzel

2. Jour de fête, de Jacques Tati

3. Chocolat, de Lasse Hallstrom

Si les années 80 et 90 ont fait l’apologie de la ville et du loft industriel, au tournant du nouveau millénaire, la vie dans les villages d’autrefois a retrouvé sa place au grand écran à la faveur d’une vague de films d’époque révisionnistes, parmi lesquels Séraphin - Un homme et son péché de Charles Binamé, Le Survenant d’Érik Canuel et Aurore de Luc Dionne.

À ce tableau du passé, Jean-François Pouliot a opposé La grande séduction, truculente peinture contemporaine d’une petite communauté isolée de la Côte-Nord frappée par le chômage qui, dans un élan de fierté, met collectivement en branle un plan aussi ambitieux que tordu pour favoriser l’implantation d’une nouvelle usine dans son patelin.

Que ce soit sur le ton de la comédie ou sur un mode plus dramatique, ces films font la part belle aux personnages secondaires pittoresques ou colorés, que l’on songe au maire véreux, au quêteux, ou encore à la commère de l’un ou l’autre sexe, souvent aux commandes du magasin général, lieu de rencontre privilégié des amateurs de potins en tous genres.

Dans Babine toutefois, cette fonction est remplie par le barbier alcoolique, incarné de façon délicieuse par René Richard Cyr.

SOLIDARITÉ RÉGIONALE

Bref, la chronique villageoise a sans doute encore de bonnes années devant elle, à la condition que des productions navrantes comme le récent Bonheur de Pierre, anti-Grande séduction d’un autre âge, et film xénophobe peuplé de personnages bêtement caricaturaux, ne détournent de nos salles un public local enclin à la nostalgie, la solidarité régionale et les émotions vraies.

BABINE

À Saint-Élie-de-Caxton, les habitants les plus superstitieux attribuent à Babine, garçon simple d’esprit, tous les malheurs qui s’abattent sur le village. Lorsque l’église flambe, avec dedans le bienveillant vieux curé, le successeur fanatique de ce dernier s’empresse de faire condamner à mort le fou inoffensif en lui arrachant une confession sous la menace.

Le garçon parvient cependant à s’échapper, grâce à l’aide de l’avisé Toussaint Brodeur, marchand général et éleveur de mouches. Babine aboutit alors dans un cirque ambulant, où il tombe sous le charme d’une saltimbanque.

CE QUE NOUS EN PENSONS

L’acteur-cinéaste Luc Picard pénètre pour son deuxième opus dans l’univers d’un autre, à savoir celui du conteur Fred Pellerin. La fantaisie et la parlure imagée de ce dernier sont fidèlement transposées au grand écran, dans un récit agréable et bon enfant, truffé de trouvailles ingénieuses ou attendrissantes.

Le tout campé dans un décor féerique et hors du temps à la Tim Burton, mais au sein duquel figurent des répliques exactes de certaines maisons du fameux village natal de Pellerin. Cela dit, le scénario, adapté de divers contes mettant en vedette le lunaire Babine, aurait gagné à être plus resserré.

L’interprétation sobre et attachante de comédiens doués se marie agréablement avec le jeu nuancé et intériorisé de Vincent-Guillaume Otis dans le rôle de l’autiste Babine.

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