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Mickey Rourke - La renaissance d'une star déchue
© Protozoa Pictures
Mickey Rourke dans The Wrestler

MICKEY ROURKE

La renaissance d'une star déchue

par Mediafilm
25-04-2009 | 04h00
La sortie en DVD cette semaine du film Le Lutteur, de Darren Aronofski,marque la seconde naissance d’une oeuvre saluée par la critique lors de sa sortie en salles. Au centre de l’affaire, une autre résurrection : celle de l’acteur américain Mickey Rourke, oublié depuis presque vingt ans.

Rappelons que ce comédien fort doué avait mal réagi au succès et à la célébrité. Des choix de rôles mal avisés et des aspirations de boxeur insensées l’avaient renvoyé d’où il venait: dans l’obscurité.

La chute a été dure, le purgatoire, pénible. Si bien qu’on a du mal à reconnaître, dans le colosse usé aux mèches blondes du Lutteur, rôle qui a failli lui faire gagner l’oscar du meilleur acteur (remporté par Sean Penn), le playboy qui, dans les années 1980, avait tout Hollywood sous sa botte.

TOP 3
SES RÔLES LES MOINS CONNUS

1. The Rainmaker, de Francis Ford Coppola

2. Sin City, de Robert Rodriguez

3. Francesco, de Liliana Canani

UNE RÉPUTATION

Au sujet de l’audition de Rourke à la prestigieuse école de l’Actors Studio, le grand cinéaste Elia Kazan avait déclaré qu’elle était la meilleure qu’il avait vue depuis trente ans.

Il n’en fallut pas plus pour que le jeune acteur se fasse qualifier de «Nouveau Brando», Kazan ayant immortalisé l’original dans Un tramway nommé désir et Sur les quais.

Au début des années 1980, Rourke décroche des petits rôles auprès de Lawrence Kasdan dans La Fièvre au corps, et de Michael Cimino dans Les Portes du Paradis. En 1982, Barry Levinson le révèle dans Diner. L’année suivante, Rumble Fish, de Francis Ford Coppola, et Le Pape de Greenwich Village, de Stuart Rosenberg, confirment qu’une star est en devenir.

La seconde moitié des années 1980 s’avère particulièrement féconde pour Rourke. En 1985, il tient la vedette de L’Année du dragon, de Michael Cimino, adaptation hautement médiatisée d’un best-seller du moment. Le public, qui n’a pas encore accroché, se prononce un an plus tard: malgré des critiques assassines, Neuf semaines et demie, d’Adrian Lyne, casse la baraque et fait de Mickey Rourke un sex-symbol.

1987 constitue une année dorée pour l’acteur, qui, entre autres rôles, joue l’alter ego de Charles Bukowski dans le puissant Barfly, de Barbet Schroeder, ainsi qu’un détective tenté par le diable dans le formidable Aux portes de l’enfer, d’Alan Parker.

Mais ce dernier se plaint amèrement, et publiquement, des caprices de celui qu’il qualifie de «cauchemar». Le rêve a déjà commencé à se briser pour Mickey Rourke et, au cours des années suivantes, il se brouille avec l’un et l’autre, refuse des rôles dans Le Silence des agneaux et Fiction pulpeuse et n’apparaît plus que dans des séries B et... les rubriques de faits divers. Grâce au Lutteur, il vient d’obtenir, à 56 ans, une deuxième chance. Saura-t-il la saisir?


Le Lutteur (The Wrestler)

À la fin des années 1980, Randy «The Ram» Robinson est une véritable légende de la lutte professionnelle. Vingt ans plus tard, il mène une existence misérable au New Jersey, où il se bat pour des sommes dérisoires et quelques rares admirateurs. Au terme d’un combat particulièrement sanglant, Randy s’effondre, victime d’un arrêt cardiaque. Son médecin est formel: pour survivre, il doit cesser la lutte.

Sur les conseils de Pam, une strip-teaseuse qui résiste à sa cour empressée, il reprend contact avec sa fille Stephanie, hostile à l’idée de retrouver cet homme qui l’a abandonnée en bas âge.

Désabusé après que Pam lui eut fait comprendre qu’ils n’ont aucun avenir ensemble, Randy décide de remonter sur le ring.

CE QUE NOUS EN PENSONS

Dans un style âpre et avec un réalisme saisissant, Le Lutteur décrit le parcours erratique d’un lutteur professionnel trouvant dans le ring sa dernière planche de salut. Récipiendaire du Lion d’or à Venise, le film scelle surtout l’alliance gagnante entre Darren Aronofsky et Mickey Rourke.

Visiblement inspiré par le corps et l’âme ravagés de la star déchue, Aronofski filme Rourke comme s’il s’agissait d’un personnage de documentaire, le gardant toujours sous sa loupe, dans une proximité impudique. À ce regard jamais complaisant s’ajoutent des observations pertinentes sur l’univers de la lutte

La performance exceptionnelle de l’acteur mérite un véritable concert de louanges.

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