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Meryl Streep - Une légende vivante

MERYL STREEP

Une légende vivante

par Mmediafilm.ca
11-04-2009 | 04h00
Finie l’attente, bonjour le Doute. L’excellent drame psychologique écrit et mis en scène par John Patrick Shanley, d’après sa pièce, sort en DVD cette semaine.

Au nombre des suppléments offerts, un entretien avec les vedettes du film, Amy Adams, Philip Seymour Hoffman, Viola Davis et... Meryl Streep.

La formidable performance de cette dernière en mère supérieure suspicieuse et cassante lui a permis de décrocher sa 15e nomination aux Oscars. Un record absolu, qui écrase celui de Katharine Hepburn.

En dépit de toutes ses réussites professionnelles, prolongées à la télévision (de Holocaust à Angels in America), Meryl Streep a toujours gardé profil bas. La carte people ? Trop peu pour elle. D’une discrétion absolue, surtout en ce qui a trait à sa vie sentimentale et familiale, cette native du New Jersey, formée à la Yale School of Drama, n’est pas de celles qui se nourrissent de strass, sous les feux gourmands des projecteurs. Jadis fiancée au regretté John Cazale (Fredo dans Le Parrain), la mère de quatre enfants mène une existence paisible, au Connecticut, en compagnie de son époux des trente dernières années, le sculpteur Don Gummer.

TOP 5
Meryl a l'accent

1. Polonais dans Le Choix de Sophie

2. Danois dans Souvenirs d’Afrique

3. British dans Plenty

4. Italien dans Sur la route de Madison

5. Néo-zélandais dans Un Cri dans la nuit

UNE LÉGENDE DE SON VIVANT

De fait, on la remarque dès le début de sa carrière au cinéma, amorcée en 1976 dans Julia, aux côtés de Jane Fonda. Son deuxième long-métrage, Voyage au bout de l’enfer, lui vaut une première nomination aux Oscars, dans la catégorie meilleure actrice de soutien.

Elle décrochera la convoitée statuette deux ans plus tard pour son rôle de mère indigne dans Kramer contre Kramer (1980), puis une autre, encore deux ans plus tard, au titre de meilleure actrice cette fois, dans Le Choix de Sophie. Tout au long de son parcours, on compte douze autres nominations : La Maîtresse du lieutenant français (1981), Le Mystère Silkwood (1983), Souvenirs d’Afrique (1985), Ironweed (1987), Un cri dans la nuit (1988), Bons baisers d’Hollywood (1990), Sur la route de Madison (1995), Contre cœur (1998), La musique du coeur (1999), Adaptation (2002, comme actrice de soutien), Le Diable s’habille en Prada (2006) et enfin, Doute.

UN DON LÉGENDAIRE

Outre ses talents sans limites d’actrice, Meryl Streep possède l’habileté rare, mais fort utile dans son métier, de maîtriser n’importe quel accent. Source de raillerie à une époque, cette aptitude particulière trouve peut-être ses origines dans l’arbre généalogique de l’actrice, qui conjugue des origines anglaise, danoise, irlandaise et suisse. Mais là-dessus aussi, la dame se fait très discrète, laissant comme toujours planer... le doute.

Doute : le film

Bronx, 1964. Sur la foi du témoignage nébuleux de la douce Soeur James, institutrice sous ses ordres, l’acariâtre Soeur Aloysius, directrice d’une école catholique, se convainc que le père Flynn entretient une relation interdite avec Donald, le premier élève afro-américain admis dans l’établissement.

Ni les doutes de la jeune enseignante, ni les protestations du prêtre charismatique, aux méthodes pédagogiques radicalement opposées à celles prescrites par Soeur Aloysius, ne parviennent à détromper cette dernière. Commence alors un duel entre la directrice et le prêtre, dont l’enfant ne sera plus que le prétexte, et Soeur James, le malheureux témoin.

CE QU’ON EN PENSE

John Patrick Shanley (Joe Versus the Volcano) aurait-il manqué de recul ? Le reproche peut paraître futile devant la réussite modeste, mais incontestable de Doute, qu’il a lui-même adapté de sa pièce lauréate du Prix Pulitzer. Mais on ne peut s’empêcher de se demander comment un autre cinéaste aurait interprété ce texte dense et passionnant sur les apparences trompeuses et la peur du changement. Et pour cause : l’adaptation de Shanley (oscarisé en 1988 pour le scénario de Éclair de lune), basique et proche du texte, un brin maniérée dans sa mise en scène, décloisonne le huis clos comme on s’acquitte d’une formalité, et sans convaincre de la nécessité de le faire.

Film de mots, de dits et de non-dits, Doute est, par conséquent, un film d’acteurs. Amy Adams et Philip Seymour Hoffman sont excellents, aux côtés d’une Meryl Streep qui mord à belles dents dans les répliques avantageuses de la directrice dragonne.

La scène qui l’oppose à Viola Davis, parfaite en maman rationnelle du gamin présumément abusé, pourrait passer à l’histoire.

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