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Slumdog Millionaire - Le film miracle
© Fox Searchlight

SLUMDOG MILLIONAIRE

Le film miracle

par Mediafilm
04-04-2009 | 04h00
La bulle du Pouilleux Millionnaire (Slumdog Millionaire) s’est déportée dans les clubs vidéo d’Amérique du Nord cette semaine, où les étagères se sont garnies de millions de copies de ce film miracle auquel personne ne prédisait le succès populaire ni les huit Oscars qu’il a remportés.

À ce jour, son box-office mondial avoisine les 280 millions $. Un triomphe inespéré pour un film sans vedettes, produit au coût de 15 millions $, et que la fermeture inattendue de Warner Independent Pictures, survenue l’été dernier, destinait à une carrière... en vidéo.

Un rival de Warner, Fox Searchlight, a vu le film au dernier Festival de Toronto et en a racheté les droits. On connaît la suite... Oscar du meilleur film, réalisateur, scénario, musique, et plus de 75 autres prix internationaux, attribués par les associations professionnelles, les festivals et les critiques.

TOP 5
L'Inde au cinéma

1. La Route des Indes (A Passage to India), de David Lean (1984)

2. Salaam Bombay, de Mira Nair (1988)

3. Gandhi,de Richard Attenborough (1982)

4. Coup de foudre à Bollywood (Bride & Prejudice), de Gurinder Chadha (2004)

5. Hollywood/Bollywood, de Deepa Mehta (2002)

Le succès du Pouilleux Millionnaire, film sur l’espoir, l’amour et la Providence, apparaît comme un pied de nez à la face de la crise économique mondiale, tout en soulignant l’émergence d’un nouveau gros joueur asiatique sur l’échiquier international.

PACTE DE PAIX

Pour les investisseurs du monde du cinéma, toujours à la recherche du prochain Titanic, le film de Danny Boyle affiche toutes les caractéristiques d’un nouveau modèle d’affaires. Il confirme en tout cas la pertinence des récentes ententes de partenariat intervenues entre les grands studios hollywoodiens et leurs vis-à-vis bollywoodiens. Valeur de l’investissement: 1,5 milliard. Hollywood espère doubler sa mise.

Les Britanniques ont un tout autre rapport avec l’Inde, qu’ils ont colonisé. Le Pouilleux Millionnaire, produit par les Anglais, mais entièrement raconté du point de vue des Indiens, ressemble à un pacte de paix. Comment autrement expliquer que depuis le début de l’année, et vingt-cinq ans après La Route des Indes, plusieurs projets de films anglais tournés en Inde et de coproductions ont été mis en chantier?

En effet, le réalisateur Joe Wright se prépare à y tourner Indian Summer. Gurinder Chadha (Joue-la comme Beckham) est elle aussi en train de travailler à deux nouveaux scénarios qui seront tournés dans le pays de ses parents.

Bref, l’Inde est hot et tout le monde veut répéter l’exploit du Pouilleux Millionnaire. Mais puisque l’habit ne fait pas le moine, un décor peut-il être garant d’un succès ?

Le Pouilleux Millionaire: nouveauté de la semaine

Jamal, 18 ans, issu d’un bidonville de Mumbai, est à une question près de remporter le gros lot au jeu télévisé Who Wants to Be A Millionaire. Sa victoire, à portée de main, apparaît si suspecte qu’à la veille de la dernière manche, il est placé en garde à vue par la police, sur des soupçons de tricherie, puis mis à la torture.

L’ex-garçon des rues résiste et, forcé par l’inspecteur qui l’interroge, reconstitue le fil des événements, question par question. Un incroyable hasard a voulu que chacune d’elle soit rattachée à un événement de son douloureux passé.

Le défi de l’autorité et la délinquance sont des thèmes fondateurs dans l’oeuvre de l’Anglais Danny Boyle (Trainspotting, 28 Jours plus tard).

CE QU’ON EN PENSE

Bien que tourné en Inde, dans un théâtre radicalement différent de celui de ses films antérieurs, Le Pouilleux Millionnaire creuse le même sillon en retraçant le parcours d’un individu déterminé et pugnace, emblématique du récent miracle économique indien.

Parti du roman de Vikas Swarup, Simon Beaufoy (Full Monty) a composé un scénario original et habile, dans lequel les questions d’un quiz télévisé agissent tels des leviers biographiques et déclenchent une multitude de flashbacks.

Résultat: un hommage puissant et dickensien aux orphelins et aux sacrifiés du pays de Gandhi et, en filigrane, un témoignage sur l’érosion de la culture indienne. Boyle nous offre un opus ludique et grisant, soutenu par une photographie sublime et une mise en scène virevoltante.

D’une distribution riche et impeccable se détache la silhouette longiligne de Dev Patel, criant de vérité.

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