VAMPIRES ET CINÉMAUn couple qui dured'après Mediafilm 21-03-2009 | 04h00
Ce que confirme à nouveau Twilight, adaptation réussie et ultra populaire (en particulier chez les ados) du premier tome de la série de romans de Stephenie Meyer, qui paraît aujourd’hui même dans une édition de deux DVD comportant une foule de suppléments. À l’époque du Nosferatu de Murnau, en 1922, le cou d’une charmante jeune femme constituait le point faible du monstre. Dans Twilight, Edward se retient de mordre à belles dents dans le cou, tendre et blanc, de Bella. Autres temps, mêmes moeurs. Entre-temps, les vampires au cinéma ont été romantiques, polissons, monstrueux, gais et tant d’autres choses encore.
Dès 1958, Christopher Lee (plus tard Saroumane dans le Seigneur des Anneaux), toutes canines dehors, inaugure une série de films où il campe un Dracula solennel entouré de nymphettes qui, d’épisode en épisode, se dénudaient un peu plus. Nous entrons de plain-pied dans les années 1960, avec ce que cela implique en moeurs dégourdies. Le Rouge aux lèvres du Belge Harry Kumel, une histoire vampirique lesbienne qui doit beaucoup aux charmes de notre Danielle Ouimet nationale, s’inscrivait dans cette nouvelle veine, satirisée avec brio par Roman Polanski dans son formidable Bal des vampires, en 1967.
TWILIGHT PURIBONDEn 1992, le Dracula de Francis Ford Coppola eut entre autres mérites celui de nous révéler, sous toutes ses coutures, la superbe Monica Bellucci, qui jouait l’une des trois fiancées du comte. Entretien avec un vampire, adaptation édulcorée du roman d’Anne Rice avec Tom Cruise, Brad Pitt et la toute jeune Kirsten Dunst, réhabilitait le monstre et rhabillait sa proie. À côté de ces oeuvres très chargées érotiquement, Twilight fait presque figure de pudibond gardien de la morale avec ses soupirs contenus, ses regards brumeux et ses passions charnelles refoulées. Or, durant le règne Bush, la notion de chasteté a occupé une place de premier plan dans la sphère culturelle états-unienne. À ce titre, le film de Catherine Hardwicke apparaît pour ce qu’il est: un témoin de son époque.
Twilight: nouveauté de la semaineSa mère s’étant remariée, Bella Swan quitte le soleil d’Arizona pour aller vivre chez son père dans un patelin pluvieux de l’État de Washington.
Nullement rebutée, Bella apprivoise Edward, qui à son tour cède à ses charmes. Pendant ce temps, trois vampires nomades, qui sèment la terreur dans le voisinage, resserrent leur étau sur elle. Inspirée par les classiques de la littérature anglo-saxonne, Stephenie Meyer a pondu une série de livres au romantisme juvénile, d’un gothique inoffensif et d’une sensualité pudique qui ont fait le bonheur de millions d’adolescentes.
CE QU’ON EN PENSETout en restant très fidèle au roman, Catherine Hardwicke (Lords of Dogstown) a enrichi Twilight d’une intrigue policière, avec l’apparition du trio de vilains vampires. Malgré cette entorse, la romance demeure intacte et les instants d’horreur sont à peine plus nombreux que dans le livre. Robert Pattinson est magnétique en séduisant et torturé buveur de sang aux côtés d’une Kristen Stewart qui rend bien la maladresse de l’héroïne au premier amour dangereux. |