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Nouveauté DVD - Populiste Passchendaele
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Paul Gross

NOUVEAUTÉ DVD

Populiste Passchendaele

07-02-2009 | 04h00
Paul Gross est un acteur et un cinéaste populiste. Il ne s’en excuse pas. Son film Passchendaele, après tout, a connu du succès. Ce film a fait ses débuts au Festival du film de Toronto, a charmé les foules dans les salles de cinéma en dehors du Québec et est maintenant disponible en format DVD.

Bien que populaire, Passchendaele a entraîné beaucoup de critiques négatives. Certains ont écarté ce film en raison de son côté sentimental, de l’intrigue secondaire axée sur une histoire d’amour, et d’autres n’ont pas apprécié le spiritualisme affiché dans des scènes de batailles très réalistes. En réaction: Gross hausse les épaules.

«Cela dépend de ce que l’on fait, ajoute-t-il. Certaines choses sont faites pour plaire aux critiques ou aux festivals de films. D’autres choses ne le sont pas. Je tends plutôt vers des films plus populistes. Je m’intéresse davantage à faire des films qui sont destinés aux gens que je vois lorsque je vais au cinéma plutôt qu’à l’intelligentsia.»

Né en Alberta, Paul Gross est imprégné par le film Passchendaele. Inspiré par les histoires racontées par son grand-père, il en a rédigé le scénario. Il a également produit et réalisé le film dans sa province natale. Certaines scènes ont été tournées dans la réserve de Tsuu Tina près de sa ville natale de Calgary.

Gross a joué le rôle d’un soldat canadien blessé qui revient de la bataille de la crête de Vimy en France pour s’installer en Alberta puis s’enrôler par la suite dans le célèbre 10e bataillon de l’armée canadienne qui se fera massacrer dans la bataille historique de Passchendaele en Belgique.

ASPECT HUMAIN

L’intrigue secondaire, axée sur une histoire d’amour entre le personnage de Gross et une infirmière canadienne d’origine allemande jouée par Caroline Dhavernas, relève de la fiction.

En nommant son personnage Michael Dunne en l’honneur de son défunt grand-père, Gross a semé la confusion chez certains membres de sa famille. Ils ont cru à tort que cette relation d’amour avait existé.

Cet aspect humain permet de rendre le dur réalisme plus émotif, plus accessible aux foules, précise Gross.

«Historiquement, les films canadiens sont tous cérébraux. Je pense que cela a été en grande partie à notre détriment, au lieu d’avoir une production cinématographique accessible aux masses et équilibrée. Tranquillement, on commence à se rendre compte qu’il faut amener les films vers cela et y ajouter des choses qui rejoignent davantage de gens.»

«Passchendaele s’inscrit dans cette tendance, précise Gross. Je n’ai pas pris une décision consciente de le faire ainsi, mais c’est là où je voulais amener ce film.»

«Je suis plutôt porté à faire des films qui vont toucher les gens, ce qui est extrêmement difficile à faire. À tous ceux qui ne partagent pas cet avis, je réponds: Essayez-le donc! Essayez donc de faire réagir collectivement 500 personnes… C’est très difficile à accomplir. Alors, vraiment, je n’ai pas réalisé Passchendaele pour plaire aux critiques ni aux festivals de films. Je l’ai fait pour ceux qui paient de leurs poches pour le voir.»

SECRETS DE TOURNAGE

Les scènes supplémentaires du film sur DVD sont enrichissantes. On peut faire une visite de 44 minutes du plateau de tournage grâce à l’excellent documentaire de James Vandewater, The Road to Passchendaele. En plus des secrets de tournage, on voit comment les cinéastes ont réussi à rendre les scènes de champs de bataille authentiques, boue et sang compris, de façon réaliste.

Vous voulez une preuve de l’authenticité des scènes? Vous n’avez qu’à jeter un coup d’oeil aux photos historiques et aux vieux films repris sur le DVD. L’une des responsables de la conception, Carol Spier, met les foules au défi de trouver les différences entre les faits et les scènes recréées à la réserve Tsuu Tina.

La guerre, c’est toujours l’enfer. L’enfer de Passchendaele dépassait l’entendement. Vous pouvez en prendre connaissance dans le film populiste de Paul Gross.

«Faire découvrir cette période aux jeunes»

L’acteur canadien et cinéaste Paul Gross veut partager son film Passchendaele avec des étudiants d’un bout à l’autre du pays.

Lorsque cette épopée de la Première Guerre ne sera plus à l’affiche dans les cinémas, que le DVD aura produit des recettes et qu’il aura été repris sur les ondes télévisuelles, viendra le volet éducatif.

Lorsque les investisseurs auront récupéré leur 20 millions $, «une copie du film sera envoyée à chaque école secondaire du pays», précise Gross. Le but n’est pas de faire de l’argent, dit-il, car il faudra débourser pour le faire.

«Je pense que c’est un outil accessible aux éducateurs pour leur permettre de faire découvrir cette période de l’histoire aux jeunes.»

Il souhaite que cette période soit pertinente pour les jeunes.

«J’espère que de nombreux jeunes seront obligés de le voir et espérons que ce ne sera pas un supplice pour eux. Peut-être cela suscitera- t-il de l’intérêt au sujet de leurs origines.»

Selon lui, le courage extraordinaire de ces valeureux soldats canadiens pendant la Première Guerre mondiale, dans des batailles comme Passchendaele, a bâti le Canada.

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