DVDDoublage: on ne veut pas d'une loiDavid Patry Le Journal de Montréal 25-09-2008 | 09h57
Moins de 20% des DVD mis en marché au Québec en 2007 comportaient une version doublée en français. Une situation «troublante», selon le critique péquiste en matière de culture, Pierre Curzi. La commission parlementaire de la culture qui doit mettre un peu de lumière sur la question du doublage a commencé ses audiences, hier. Le pourcentage de films présentés au cinéma doublés au Québec frôle les 80%, notamment grâce aux incitatifs fiscaux établis à la suite du rapport Lampron, publié en 1997, a expliqué la SODEC. C'est du côté des vidéos que les choses se gâtent. Selon les chiffres fournis par la Régie du cinéma, sur les 1169 vidéo mis en marché en 2007, seulement 203 étaient doublés en français, dont 38 étaient doublés au Québec. La situation s'avère pire pour les séries télé. Sur 310 séries disponibles, seulement 30 proposent une version française. «Il n'y a rien dans la loi qui prévoit que les séries télévisuelles puissent être doublées», a expliqué le président de la Régie du cinéma, Charles Bélanger. Une situation «troublante», selon Pierre Curzi. Pressant de questions le président de la Régie du cinéma, le député de Borduas a fini par lui faire dire que la voie législative ne doit pas être exclue. «C'est possible que ça ouvre la porte à des choses», a-t-il dit. La plupart des intervenants entendus hier se sont dits contre l'imposition d'une loi qui forcerait les majors américains à faire doubler leurs films au Québec. Une position que prônent également les députés libéraux siégeant à la commission. Non à une loiSi le président de la SODEC, Jean-Guy Chaput, a refusé de se commettre, l'avocat Roy Heenan, auteur d'un rapport sur l'industrie du doublage, et l'ex-président de la SODEC, Pierre Lampron, auteur du rapport Lampron, ont opposé un «non» catégorique. «Une législation va nous mettre à dos le gouvernement de France (qui possède une loi semblable) et les majors. S'ils voient une législation qui affecte leur commerce, ils vont l'attaquer», a plaidé l'avocat Roy Heenan. Roy Heenan et Pierre Lampron prônent la sensibilisation de majors américains au problème du doublage à l'aide des crédits d'impôts et autres avantages fiscaux. La formation des artisans du doublage devrait également être améliorée. «C'est un droit légitime de demander à ceux qui viennent exploiter le marché québécois de respecter notre différence culturelle», a répliqué Pierre Curzi, rappelant que le Québec et le Canada ont ratifié la Convention sur la diversité culturelle. À la fin de l'audience, Pierre Curzi s'est dit déçu du peu de solutions avancées par les intervenants pour régler la situation autrement que par une loi. Les audiences se terminent aujourd'hui. L'UDA, le Conservatoire d'art dramatique de Montréal et l'Association canadienne des distributeurs de films, entre autres, se feront entendre. |