CE QU’IL RESTE DE NOUSTiming parfaitMaxime Demers Le Journal de Montréal 09-08-2008 | 05h00
Ainsi, quatre ans après sa présentation au Festival de Cannes et alors que les Jeux olympiques de Pékin battent leur plein depuis hier, le documentaire Ce qu’il reste de nous, des Québécois François Prévost et Hugo Latulippe (deux anciens participants de La Course destination monde en 1994-1995), est finalement disponible en DVD, après avoir été présenté sur les ondes de Radio-Canada il y a quelques jours. En 2004, lors du dévoilement du film, les deux réalisateurs avaient pourtant affirmé que leur film ne serait pas disponible en DVD ni encore présenté à la télévision tant que la Chine n’aurait pas changé son attitude envers les Tibétains. À l’époque, d’importantes mesures de sécurité (fouilles, surveillance pour contrer le piratage) entouraient chaque projection du documentaire, afin de protéger la vie des 103 Tibétains qui y parlent ouvertement. «Les Tibétains qui ont participé au film ont fait preuve de beaucoup de courage parce qu’ils l’ont fait en étant bien conscients des risques qu’ils prenaient souligne François Prévost. «La décision de limiter la circulation du film en 2004 est la nôtre. Nous l’avons prise après en avoir parlé longuement avec les autorités tibétaines, qui ont jugé que ce serait plus sécuritaire pour la vie des Tibétains qu’on voit dans le film. «Mais là, aujourd’hui, le timing est bon pour le sortir à grande échelle. On savait l’époque qu’on enlèverait un jour la sécurité sur la diffusion du film et là, avec les Jeux de Pékin, c’est le bon moment. «Le spotlight est actuellement sur la Chine, et on a même vu ces dernières semaines que le gouvernement chinois déjà fait modifier certaines de ses politiques à la suite des pressions des médias internationaux. On sent en ce moment que la Chine s’ouvre, même si cette tendance demeure très fragile.» FAIRE BOUGER LES CHOSES Filmé entre 1996 et 2004, Ce qu’il reste de nous relate les différents périples de Kalsang Dolma, une Québécoise d’origine tibétaine qui apporte aux Tibétains un message d’espoir du dalaï-lama, leur chef spirituel en exil depuis une cinquantaine d’années. Touchant et poignant, le film donne la parole à une centaine de Tibétains qui doivent composer chaque jour avec le régime de peur imposé par les autorités chinoises, tout en exposant clairement les répressions et les tortures subies par le peuple tibétain depuis l’invasion chinoise, en 1959. Comme François Prévost, Hugo Latulippe croit que la libre circulation de leur film peut aider la cause des Tibétains. «Si le distributeur (Séville) réussit à le sortir partout dans le monde et que l’impact est le même que quand on l’a présenté en salle, je suis convaincu que ça peut faire bouger les choses », indique-t-il. «On a présenté le film dans plusieurs événements et festivals dans le monde depuis 2004 et, chaque fois, les gens sortaient de la salle en colère, avec le désir de faire quelque chose pour aider la cause des Tibétains.» Le DVD de Ce qu’il reste de nous est disponible depuis mardi. |