Isabelle Verge
Agence QMI

Lost Soul, une projection-concert avec Anik Jean

 Lost Soul , une projection-concert avec Anik Jean

Anik Jean, Patrick Huard et leur fils lors de la première de Lost Soul le 1er mars 2016.photo Sébastien St-Jean / Agence QMI

Isabelle Verge

MONTRÉAL - Mardi soir au Théâtre Outremont, Anik Jean a livré avec une belle sobriété Lost Soul, une projection-concert qui marie une performance «live» des chansons de son dernier album à un film qu'elle a scénarisé, coréalisé et dans lequel elle joue.

Après l'avoir fait une première fois dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois, l'auteur-compositeur-interprète et maintenant actrice s'est gâté un deuxième soir.

Avec six autres musiciens, Anik Jean a présente cette projection-concert qui raconte l'histoire de Laura, une femme qui a en apparence une vie parfaite, mais qui abandonne tout, son mari, son fils, ses amis, pour aller vivre en recluse dans le bois. Personne ne sait où elle est, personne ne sait si elle est même encore en vie.

Elle voulait démontrer l'abandon au féminin, alors que ce rôle est assez souvent attribué à l'homme. Un exercice qui fonctionne parfois très bien, d'autres fois, on y croit peut-être moins.

Mais Lost Soul propose certainement quelque chose de très différent qui a le mérite de l'audace.

Amplifier les émotions

Il n'y a que très peu de dialogues dans ce film d'une heure. Mais la musique devient finalement presqu'un personnage tellement elle est importante. Ce sont les chansons qui accompagnent le film, et non l'inverse. Le fait que cette musique nostalgique et parfois planante soit jouée «live», amplifie certainement le sentiment de partager l'univers de cette femme qui se sent prisonnière de la vie qu'elle mène, et de ces deux petits garçons abandonnés par leur mère.

Anik Jean se révèle être une bonne comédienne qui réussit de belle façon à faire ressentir l'exaltation d'une nouvelle liberté et le déchirement de laisser ses enfants, mais n'arrive pas nécessairement à faire croire à cet appel viscéral de la vie en solitaire dans le bois. Ce scénario est peut-être un peu trop irréaliste.

C'est l'artiste qui a fait la mise en scène du spectacle, et elle la voulait dans sa plus simple expression. Les lumières hyper tamisées plongent les musiciens en abîme, de sorte que le public ne les voit à peine. Il porte ainsi son attention sur les images qui lui sont présentées.

«Je ne voulais pas que le public décroche et que les gens me regardent. On est un orchestre, ce n'est pas Anik Jean qui fait un show», a mentionné celle qui a pris goût à l'univers cinématographique avec cette expérience. Elle planche d'ailleurs avec Jean-François Bergeron, l'autre réalisateur de Lost Soul, sur des scénarios de films dramatiques.

Défi technique

Il faut saluer la performance côté technique de toute l'équipe, car jouer en groupe et en temps réel sur une trame de film est un beau défi.

«On a un tempo sur chaque chanson et on ne peut jamais arrêter», a expliqué Anik Jean, qui a l'objectif de faire voyager Lost Soul dans les festivals de cinéma et peut-être même aussi dans des festivals de musique. «J'aimerais bien le faire au Festival de jazz», a-t-elle avoué.

Bien que le film présente les chansons de son nouvel album, c'est cette œuvre présentée sur grand écran qui la rend la plus fébrile. «J'ai fait cinq albums, a-t-elle ajouté. J'ai maintenant une bonne confiance en ce que je fais en tant que musicienne. Le film c'est nouveau, j'avais la chienne. J'avais le syndrome de l'imposteur, mais j'ai été tellement bien reçu.»

Aussi sur Canoe.ca:



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos