Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

Les Dieux d'Égypte: batailles mythologiques...

En production: «Les dieux d'Égypte»

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Isabelle Hontebeyrie

Avec ce long métrage, le réalisateur Alex Proyas (Les robots) fait une incursion dans l'Égypte ancienne. Et, devant ses caméras, on retrouve Gerard Butler, Nikolaj Coster-Waldau, Brenton Thwaites et Courtney Eaton. Pleins feux sur cette production, dont certains effets spéciaux ont été réalisés à Montréal par la firme RODEO FX.

S'inspirant fortement du mythe d'Osiris, les scénaristes Matt Sazama et Burk Sharpless font s'affronter mortels et Dieux. En effet, Bek (Brenton Thwaites), un humain, doit sauver le monde et venir en aide à la femme qu'il aime, Zaya (Courtney Eaton). Pour y parvenir, il doit absolument s'assurer du soutien du dieu Horus (Nikolaj Coster-Waldau). Car Set (Gerard Butler), dieu des ténèbres, est désormais sur le trône d'Égypte et a plongé le royaume dans la guerre.

«Je peux me tromper, mais je crois que Les Dieux d'Égypte est l'un des rares films originaux à gros budget cette année. Nous vivons une époque bien triste. Est-ce vraiment ce que veulent les cinéphiles désormais? Chaque film lié à un autre? Donc tout le monde sait exactement ce qu'il va avoir en mettant les pieds dans une salle de cinéma, comme quand on va chez McDonald's n'importe où dans le monde et que les hamburgers ont tous le même goût. Moi, je trouve que les burgers de McDonald's sont infects», a écrit Alex Proyas sur sa page Facebook. Car, avec 140 millions $ de budget et un tournage qui s'est déroulé en Australie avec une équipe de 200 personnes, le cinéaste connu pour Les robots n'a pas droit à l'erreur.

Mais, sur le réseau social, il se défend de toute contrainte liée au box-office. «Je tourne chaque film comme si c'était mon dernier, tentant de le rendre aussi bon que possible. Je crois d'ailleurs qu'il s'agit de la seule manière responsable de faire des films.»

De l'action et du grandiose...

S'inspirant de classiques hollywoodiens comme Les canons de Navarone ou Lawrence d'Arabie, Alex Proyas a voulu retrouver la magie de son enfance. «C'est un hommage aux vieux films, le genre de films que mon père nous emmenait voir au ciné-parc. Généralement, il y avait deux séances l'une après l'autre, et la première commençait avant le coucher du soleil, ce qui fait qu'on avait du mal à voir l'écran, mais cela fait partie de la magie enfantine des films. Il s'agissait généralement d'aventures dans des endroits exotiques, j'adorais ça quand j'étais petit», a-t-il partagé avec les personnes qui suivent sa page du réseau social.

Se réclamant aussi de Sergio Leone, de John Huston et de Steven Spielberg, il a indiqué que «toutes ces influences sont visibles dans Les Dieux d'Égypte. Une personne qui a déjà vu le film m'a d'ailleurs dit avoir eu l'impression de retomber en enfance, ce qui est un super compliment! [...] Eh oui, le film est fait pour être amusant.»

Les Dieux d'Égypte déboule sur les écrans de la province le 26 février.


Mais ils sont blancs!

Dès la sortie des premières affiches du film Les dieux d'Égypte en novembre dernier, les critiques ne se sont pas fait attendre. En effet, comment imaginer que tous les protagonistes, incluant les divinités égyptiennes, soient blancs!

Et même le choix de l'acteur noir Chadwick Boseman dans le rôle de Thoth a fait couler beaucoup d'encre, certains n'hésitant pas à dire qu'il servait de remplissage de quota!

L'affaire a pris des proportions telles que les studios Lionsgate et le réalisateur Alex Proyas ont dû s'excuser.

«Le processus de la distribution des rôles dans un film comprend des variables complexes, mais il est clair que nos choix auraient dû être plus diversifiés. Je présente mes excuses les plus sincères à ceux qui ont été offensés par les décisions que nous avons prises», a ainsi fait savoir le cinéaste.

Sur Facebook, il a pris le temps d'expliquer sa démarche en détail, en rappelant la dose nécessaire de créativité. «Mon film n'est en aucun cas de l'histoire. Il est inspiré par les mythes, c'est un film de "fantastique", un travail d'imagination. [...] Bien sûr, les gens ont le droit de ne pas être d'accord avec moi, c'est le propre de l'art.»

Et il a ensuite rappelé que Sean Connery, un Écossais, avait déjà incarné un Russe ou qu'Omar Sharif, un Égyptien, avait tenu le rôle d'un Russe. Il a également cité Meryl Streep dans un rôle d'Australienne.

De leur côté, les studios Lionsgate ont reconnu qu'il était de leur responsabilité «d'aider à nous assurer que les choix de distribution reflètent la diversité et la culture des périodes historiques décrites. Dans ce cas précis, nous avons failli à nos propres standards de sensibilité et de diversité, ce pour quoi nous nous excusons sincèrement.»


L'Égypte fascine Hollywood

L'histoire du pays des pyramides a bien souvent inspiré scénaristes et réalisateurs américains, et ce, depuis le début du siècle dernier. Voici quelques-uns de ces longs métrages à voir ou à revoir...
La momie (1933)

Quelques années après l'invention du cinéma parlant, les studios Universal se lancent dans ce qu'on appelle aujourd'hui le film d'horreur. Dans le cas qui nous occupe, Boris Karloff (acteur spécialisé dans le long métrage d'épouvante) incarne la momie du prêtre Imhotep, revenue à la vie pour retrouver sa bien-aimée, l'histoire ayant été inspirée par l'ouverture de la tombe de Toutankhamon et la fameuse malédiction entourant la découverte des tombes des anciens souverains d'Égypte! Un classique franchement amusant.

Mort sur le Nil (1978)

Preuve que l'Égypte conserve un pouvoir mystique, cette adaptation du roman policier d'Agatha Christie se déroule lors d'une croisière sur le fleuve nourricier. Et la sortie du long métrage avait été soigneusement synchronisée avec l'ouverture d'une exposition itinérante à New York sur les trésors de Toutankhamon.

Stargate, la porte des étoiles (1994)

L'idée vient de Dean Devlin et Roland Emmerich (oui, oui, monsieur films catastrophes), qui l'a réalisé. Long métrage de science-fiction avec Kurt Russell et James Spader, le scénario part du principe (exploré tout au long des séries télévisées subséquentes) que les dieux d'Égypte étaient, en fait, des extraterrestres bien déterminés à contrôler la Terre.

La momie (1999)

Nouvelle version du long métrage de 1933, celui-ci met en vedette Brendan Fraser dans le rôle de l'archéologue et Rachel Weisz dans celui de la jeune femme ressemblant à l'amour perdu d'Imhotep. Car, nouvelles technologies obligent, la momie a été entièrement créée par ordinateur, œuvre des studios Industrial Light and Magic de George Lucas. Mais ce n'est pas ce qui a impressionné les membres de l'Académie des Oscars, La momie ayant été nommé - sans remporter la statuette - dans la catégorie du meilleur montage sonore.

Le roi Scorpion (2001)

Film dérivé de La momie de 1999, ce long métrage se déroule 5000 ans avant et met en vedette Dwayne Johnson dans le rôle-titre d'un guerrier devenu roi bien avant le temps des pyramides. Le roi Scorpion est devenu une franchise de quatre films subséquents - en plus de jeux vidéo -, le dernier étant sorti en... 2015!

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