Isabelle Verge
Agence QMI

Jutra: une soirée représentative de la diversité québécoise?

Jutra: une soirée représentative de la diversité québécoise?

Patrick Huard et Irdens Exantus dans une scène de Guibord s'en va-t-en guerre.Photo Les Films Séville

Isabelle Verge

Plusieurs acteurs hollywoodiens ont dénoncé le fait que les Oscars manquent encore une fois de diversité, n'ayant que des acteurs blancs en nomination pour une deuxième année consécutive. Une controverse qui est loin de s'appliquer au Québec, selon les deux animateurs de la 18e soirée des Jutra, Pénélope McQuade et Stéphane Bellavance.

«On n'a pas à se poser cette question-là, car la diversité elle est là. Autant dans le cinéma québécois que dans la représentation aux Jutra. C'est une chance qu'on a, il n'y a pas d'actrice qui va sortir de ses gonds et boycotter le gala», a dit Stéphane Bellavance.

«Les proportions ressemblent à la population québécoise. En général, nos films sont assez nord-américains blancs, mais en même temps il y a une représentation assez fidèle de la diversité dans la quantité de films et la quantité d'acteurs», a ajouté l'animateur.

Les deux acolytes sont obligés de voir tous les films qui ont posé leur candidature aux Jutra. Pour Pénélope McQuade, la diversité qui caractérise le Québec est très bien représentée.
«On voit des réalités autochtones, africaines, des réalités haïtiennes, jamaïcaines, de Montréal-Nord, de la Petite-Bourgogne, du Grand Nord du Québec. Au prorata, on doit être vraiment mieux que les Oscars», a-t-elle indiqué.

Écrire sur ce qu'on connaît

Irdens Exantus, comédien en nomination aux Jutra pour son rôle dans le film Guibord s'en va-t-en guerre, semble noter une amélioration au Québec, mais avoue qu'il faudra que tout le monde y mette du sien pour qu'il y ait une réelle diversité à l'écran.

«Nous, les gens qui représentent la diversité culturelle, on va devoir commencer à écrire, à avoir l'audace d'écrire des films ou des séries, et de le faire pour vrai. Si ça ne fonctionne pas, on pourra dire qu'il n'y a pas assez de diversité», a mentionné Irdens Exantus.

Connaître la réalité des autres cultures, ou parler de sa culture si elle est différente, voilà la clé pour l'acteur. «Ce n'est pas qu'il n'y a pas assez de rôles, mais à la base, je dirais que les gens ne peuvent pas écrire sur des réalités qu'ils ne connaissent pas. Philippe [Falardeau] a voyagé beaucoup, il a vu la diversité et c'est la raison pour laquelle il a réussi à écrire mon rôle, avec toute sa richesse. Ça permet de voir que ça se peut des rôles pour la diversité culturelle au Québec. J'espère que ça va continuer et que ça va s'améliorer», a-t-il indiqué.

Boycotter les Oscars?

Pour Irdens Exantus, le boycott des Oscars n'est pas un sujet facile. S'il comprend les raisons pour lesquelles des acteurs dénoncent qu'il n'y ait que des acteurs blancs en nomination, il pense que c'est en changeant les racines de l'Academy of Motion Picture Arts et Sciences que les choses changeront.

«Quand il y aura de la diversité dans l'Académie, le problème ne va plus exister, car plus personne ne va pouvoir dire qu'il y a une conspiration. Ce qui me fait peur, c'est qu'un Noir par exemple soit nommé juste parce qu'il est noir. Parce que ça prend absolument de la diversité. À la base, il faut reconnaître le talent aux Oscars. Il ne faut pas oublier que les personnes en nomination ont fait un travail colossal. Ce n'est pas seulement une question de race», a-t-il conclu.

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