Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

Orgueil et préjugés et zombies: Jane Austen et morts-vivants

Isabelle Hontebeyrie

Le titre du film Orgueil et préjugés et zombies a de quoi faire sourciller. Comment, en effet, mêler l'Angleterre du XIXe siècle de Jane Austen avec l'univers des zombies?

C'est le pari fou du réalisateur et scénariste Burr Steers et du duo d'acteurs formé par Lily James, qui incarne Elizabeth Bennet, et Sam Riley en monsieur Darcy.

Tourné en Angleterre en 2014, Orgueil et préjugés et zombies est, au départ, un roman de Seth Grahame-Smith, également auteur de Abraham Lincoln - Chasseur de vampires, porté à l'écran en 2012. L'écrivain est donc un amateur du mélange des genres et des anachronismes, en faisant coexister des univers étrangers les uns aux autres.

Dès la parution de l'ouvrage Orgueil et préjugés et zombies en 2009, les studios Lionsgate se sont montrés intéressés à le porter à l'écran. Après quelques années d'atermoiements - David O. Russell (Joy) devait le réaliser initialement -, les producteurs, dont Natalie Portman fait partie, ont décidé d'embaucher Burr Steers, qui a également mis le scénario à sa main.

Rester fidèle à Jane Austen

Aussi surprenant que cela puisse paraître, Burr Steers -neveu de l'écrivain américain Gore Vidal et connu pour avoir réalisé Charlie St. Cloud avec Zac Efron - a tenu à respecter à la lettre (ou presque!) Orgueil et préjugés de Jane Austen. Le film se déroule 70 ans après une épidémie de zombies, dans l'Angleterre du XIXe. Même si la population fait face à une menace sans précédent, les différences entre les classes sociales existent toujours!

«C'est définitivement un film de guerre. Et c'est drôle, parce que l'une des raisons pour lesquelles Jane Austen est redevenue à la mode est que ses œuvres étaient une sorte de propagande pendant les guerres napoléoniennes, qui ne sont d'ailleurs jamais mentionnées ni expliquées dans les romans. [...] Elles sont donc remplacées par des zombies!», a expliqué Burr Steers lors du tournage du long métrage en 2014 aux journalistes invités.

«Ce qui est drôle, c'est l'absurdité de la présence des zombies, élément qui est joué le plus sérieusement du monde. [...] L'un des films qui ont été une grande influence sur celui-ci est The Charge of The Light Brigade (1968), œuvre de la nouvelle vague britannique.»

Les plus riches vont s'entraîner aux arts martiaux au Japon, tandis que les plus pauvres doivent suivre l'enseignement chinois. «Je voulais que le mélange des deux [l'Angleterre de Jane Austen et les zombies] soit parfaitement cohérent. C'était à la fois un défi et quelque chose d'amusant à mettre en image. À l'époque, la présence britannique se faisait sentir jusqu'en Asie. Des missionnaires se rendaient donc en Chine et au Japon et ramenaient du thé et de la poudre à canon dans leurs bagages, autant de choses très asiatiques, qui sont devenues très très anglaises. C'est ainsi que les arts martiaux arrivent en Angleterre», d'ajouter le cinéaste.

Les acteurs en pleine action

Ce n'est pas parce qu'Elizabeth Bennet (Lily James) porte des robes longues ou que monsieur Darcy (Sam Riley) est toujours tiré à quatre épingles qu'ils ne se battent pas, bien au contraire. Par contre, comme l'a souligné Burr Steers, «pas question d'avoir des scènes d'action qui sortent de nulle part. Elles sont toutes parfaitement cohérentes avec l'intrigue et le développement des personnages.»

Après avoir suivi plusieurs semaines d'entraînement auprès de spécialistes d'arts martiaux, les acteurs ont pu montrer, à l'écran, de quoi ils étaient capables.

Lily James, bien connue des amateurs de Downton Abbey a dévoré le scénario d'Orgueil et préjugés et zombies sur le plateau de la série télévisée! «Ça ne devrait pas fonctionner et pourtant, ça marche parfaitement. Je pense d'ailleurs que tous les drames d'époque ont besoin de zombies», a dit l'actrice en riant.

«Quand nous avons tourné les scènes dans lesquelles il n'y a pas de combat, je les ai traitées exactement comme n'importe quelle autre scène, je les ai jouées "vraies". Quand j'ai tourné les scènes de combat, j'ai remarqué que le ton de mes dialogues changeait puisque, physiquement, j'effectuais un effort.»

Et de son personnage, elle a ajouté qu'elle avait particulièrement apprécié le fait qu'«Elizabeth est une spécialiste des armes blanches. J'ai des dagues cachées dans tous les replis de mes vêtements.»

Sam Riley a également aimé se plonger dans ce mélange surprenant de classicisme et d'action. «Mon personnage est monsieur Darcy et il vit exactement les mêmes situations que dans le roman de Jane Austen... tout en étant un tueur de zombies particulièrement expérimenté. Il les déteste tout spécialement parce que son père a été infecté et qu'il a été obligé de le tuer. Et, évidemment, il est riche.»

«Pour moi, l'aspect le plus amusant du film est que l'élément de romance est toujours très présent et que c'est le genre de scène que nous avons joué le plus sérieusement du monde, même si nous passons notre temps à essayer de nous attaquer avec différentes armes. Mon interprétation de monsieur Darcy est peut-être un peu plus militante que celle de Colin Firth.»

«Comme Orgueil et préjugés est le roman préféré de ma mère, je lui ai demandé ses conseils et elle m'a suggéré de regarder une seule interprétation, celle de la BBC. Donc, pour construire mon Darcy, j'ai effectué un mélange de Colin Firth, d'Alex dans Orange mécanique, de Sean Connery dans James Bond contre Dr. No... tout en prenant la voix de James Manson!», a-t-il conclu.

Ce qu'il faut savoir d'Orgueil et préjugés et zombies

  • Le film est une production qui a coûté entre 10 et 20 millions $.
  • Chacune des sœurs Bennet a son propre style de combat et elles ont toutes appris à se battre en Chine.
  • Mr Wickham (Jack Huston) est le méchant, Burr Steers ayant rendu le personnage d'origine beaucoup plus dangereux pour le cinéma.
  • Pour le réalisateur, les styles de combat japonais et chinois sont très différents et c'est visible à l'écran. «Le karaté chinois est présenté comme une danse, alors que les techniques japonaises sont beaucoup plus brutales», a-t-il indiqué.
  • La production a fait très attention au niveau de violence présentée à l'écran, de sorte qu'Orgueil et préjugés et zombies soit adapté à un public d'adolescents. «J'ai pris la saga des Hunger Games en exemple. Je crois qu'il est impossible de regarder ces films sans dire qu'ils sont violents et crus. Je dirais que ce long métrage est pareil», a souligné la productrice Allison Shearmur.
  • Les producteurs ainsi que Burr Steers sont ouverts à l'idée d'une suite si le succès est au rendez-vous, mais le film n'a pas été tourné avec cet objectif en tête.

Orgueil et préjugés et zombies arrive sur les écrans de la province dès le 5 février.

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En production: «Orgueil et préjugés et zombies»

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