Maxime Demers
Journal de Montréal

Café de Flore séduit Paris

Cinéma - Café de Flore séduit Paris


Maxime Demers

Dernière mise à jour: 16-11-2011 | 03h10

PARIS | Accueilli avec enthousiasme dans une salle de 500 sièges remplie à craquer, le film Café de Flore a réussi sa rentrée parisienne hier soir, alors qu’il était présenté en ouverture de l’événement Cinéma du Québec à Paris. Un premier test concluant auprès du public français, qui verra arriver le nouveau long-métrage de Jean- Marc Vallée sur ses écrans à la fin janvier.

Le film québécois a été applaudi chaleureusement une première fois au début du générique final, puis une seconde fois quand les lumières se sont allumées. Cette réaction a semblé satisfaire Jean-Marc Vallée qui affichait un air détendu tout au long de la soirée.

« Après la première à Venise, celle à Toronto et celle à Montréal, disons que le trac est un peu parti, a admis le cinéaste en entrevue au Journal quelques minutes avant la projection.

« Je trouve ça le fun parce que cette projection permet à certains membres de l’équipe française de voir le film (qui a en partie été tourné à Paris). »

Vanessa Paradis brillait par son absence, mais les autres acteurs français y étaient: Caroline Bal, Alice Dubois et le jeune Marin Gerrier (qui joue dans le film l’enfant trisomique de Vanessa Paradis) que Vallée a retrouvé avec grand plaisir et qui a participé, avec une énergie contagieuse, aux rondes d’entrevues avec les journalistes.

« Il est mon champion du monde, a lancé à son sujet Jean-Marc Vallée.

Promotion

Jean-Marc Vallée et son acteur Kevin Parent (qui a aussi fait le voyage à Paris) ont déjà amorcé le travail pour la sortie française du film, qui a été fixée au 25 janvier. Le cinéaste québécois est déjà connu des cinéphiles français, C.R.A.Z.Y. ayant eu un bon succès populaire dans les salles en France il y a quelques années.

« Je constate qu’avec la présence de Vanessa (Paradis) dans le film, les gens ici sont curieux de voir le film, souligne Vallée.

« Il faut dire aussi que le public français est très cinéphile. Il y a une culture du cinéma qui est très forte ici et ça pourrait nous aider. C.R.A.Z.Y. avait connu un beau succès en France, alors je me croise les doigts. »

Spectateurs refusés

Chose certaine, la première parisienne de Café de Flore était déjà un succès avant même le début de sa projection. On s’arrachait les rares billets disponibles en début de soirée à l’extérieur du Forum des Images, le centre cinématographique du Forum des Halles, qui accueille l’événement Cinéma du Québec jusqu’à samedi.

Plusieurs spectateurs ont d’ailleurs été refoulés à l’entrée.

« Ils ont surbooké cette année», s’est plaint Yolande Valentin, une fidèle habituée qui assiste au mini-festival de cinéma québécois depuis ses débuts, il y a 15 ans.

Elle avait encerclé sur son programme tous les films qu’elle voulait voir cette année: Monsieur Lazhar, Le sens de l’humour, Funkytown, Starbuck...

« J’adore Patrick Huard ! », glisse-t-elle.

Isabelle Luis, une autre cinéphile curieuse qui travaille dans le milieu du cinéma, tentait quant à elle d’utiliser ses contacts pour mettre la main sur un précieux billet.

« C’est fou, j’ai eu plus de facilité à obtenir un billet pour le concert privé de Coldplay à la Cigale que pour la première de Café de Flore », a-t-elle conclu en rigolant.

L’événement Cinéma du Québec à Paris se poursuit au Forum des images jusqu’au 19 novembre.

Potins de cocktail

Tout le gratin artistique et politique québécois de Paris s’était donné rendez-vous hier soir, pour la soirée d’ouverture de la 15e édition de l’événement Cinéma du Québec à Paris, au Forum des Images.

L’ambassadeur du Canada en France, Marc Lortie, y était, tout comme le délégué général du Québec à Paris, Michel Robitaille, qui a évoqué dans son discours la « période d’effervescence » que vit actuellement le cinéma québécois.

Une marraine fière

Fière marraine de l’événement depuis ses débuts il y a quinze ans, Carole Laure était, bien sûr, elle aussi présente afin de défendre le mandat qu’elle s’est donné de promouvoir le cinéma québécois en France.

« Ce que vous verrez cette année, c’est vraiment le meilleur de notre cinématographie des 12 derniers mois, a martelé l’actrice et cinéaste au public parisien.

« Allez voir chaque film, je vous garantis qu’ils sont tous bons. »

La ministre de la Culture Christine St-Pierre n’a pas pu faire le voyage, mais elle avait transmis son discours à François Macerola, président de la SODEC (qui organise l’événement).

Les gros joueurs de l’industrie

À la fois festival et rencontres professionnelles, l’événement Cinéma du Québec à Paris attire plusieurs gros joueurs de l’industrie cinématographique québécoise.

Au cocktail d’ouverture, hier soir, on a croisé autant des producteurs (comme Denise Robert) que des cinéastes.

Émile Gaudreault (Le sens de l’humour), Daniel Roby (Funkytown), Stéphane Lafleur (En terrains connus), Simon Lavoie et Mathieu Denis (Laurentie) ont notamment fait le voyage pour tester leur plus récent film devant le public français.

1 M$ au box-office québécois

Philippe Falardeau y était aussi, heureux du beau succès en salle de son Monsieur Lazhar qui a justement franchi hier le cap du million de dollars au box-office québécois.

« Un million en moins de trois semaines, c’est extraordinaire !, a lancé le cinéaste.

« Avec Congorama, on n’avait même pas réussi à obtenir un million en 12 semaines à l’affiche. Le film avait plafonné à 500 000 $. C’est quelque chose qui est très dur à comprendre et à expliquer. »

À l’occasion de l’événement Cinéma du Québec à Paris, le magazine spécialisé Le Film Français a consacré la couverture de son édition de cette semaine au cinéma québécois.

On peut y voir une photo de Patrick Huard dans Starbuck avec le titre: « Cinéma québécois: le succès: et après? » La série d’articles souligne que le cinéma de la Belle Province se porte mieux que jamais, mais se demande aussi s’il a les moyens d’aller plus loin. Bonne question…



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