Journal de Montréal

Un rôle qui lui va comme un gant

 Starbuck - Un rôle qui lui va comme un gant

Dernière mise à jour: 21-07-2011 | 16h22

À voir Antoine Bertrand camper avec aplomb et naturel l’avocat du prolifique géniteur du film de Ken Scott, on pourrait croire que ce personnage a été écrit pour lui. Or, il a bel et bien décroché ce rôle en audition et d’une façon tout à fait surprenante…

«Le matin de l’audition, je me suis fait un café, j’ai mis une robe de chambre, je ne me suis pas peigné, pas lavé, pas brossé les dents, et je me suis pointé à la salle d’audition tel quel, raconte le sympathique acteur avec sa verve habituelle.

«J’avais une barbe de quatre mois, si bien que quand je suis rentré dans le vestibule, ça leur a pris une bonne minute avant de me reconnaître et de canceller la sécurité parce que j’avais l’air d’un itinérant.»

Cette approche pour le moins décontractée, qui illustrait en même temps la façon dont le comédien percevait le personnage, a eu son effet. Antoine Bertrand a obtenu le rôle et le rend magnifiquement bien à l’écran.

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«C’est un personnage que j’ai aimé tout de suite, dit-il. Un père de quatre enfants, seul, et, donc fatigué. Il est cynique et il a toujours un café dans les mains.

«Parfois, tu sors d’audition et tu te dis: si je l’ai pas, ce n’est pas la fin du monde. Mais celui-là, je le voulais vraiment. Je le voulais parce que j’aimais le ton du film, et ça me tentait de travailler avec Ken. Mais je savais, très humblement, que ce personnage-là, je pouvais faire que quelque chose d’intéressant avec.»

SENTIMENT FAMILIAL

Outre ce personnage, Antoine Bertrand a été séduit par l’histoire de Ken Scott et Martin Petit, leur façon de mélanger le drame et la comédie et les thèmes abordés (la paternité, la famille) dans le film.

«Je ne suis pas père encore mais j’ai un gros sentiment familial qui m’habite depuis que je suis enfant, admet-il. J’ai été élevé comme ça, dans une famille tricotée serrée. Cet aspect du film est venu jouer sur ma corde sensible.

«C’est un film sournois, d’une certaine manière. Tu ressors de là avec quelque chose que tu ne pensais pas avoir en entrant. Tu pensais rire, mais tu obtiens plus que cela. Les sentiments sont tellement vrais, le rapport à la famille, aux origines. J’ai parfois eu le moton en voyant le film. C’est la force de Ken. C’est la comédie qui nous apparaît à la lecture du scénario mais quand on voit le film, le drame est très présent aussi, sans que ce soit appuyé.»

RYTHME

Avant de tourner Starbuck, Antoine Bertrand avait joué une seule fois avec Patrick Huard, dans un épisode de Taxi 0-22. La chimie s’est installée rapidement, selon lui :

«Patrick a de l’expérience en comédie et en drame, et moi j’ai fait pas mal de comédie, donc on ne s’est pas obstiné longtemps sur le rythme de nos scènes et nos répliques. Le ton était très clair parce que Ken savait exactement ce qu’il voulait. Rien d’appuyé, tout en nuance, on n’appuie pas les gags ni le drame. Ç’a donné quelque chose de super vrai.

On croit à cette amitié-là. Je suis très fier de faire partie de ce film. On le dit souvent et parfois, on est obligé de le dire (il esquisse un sourire en coin) mais là, c’est vrai. »

Sans le nommer, Antoine Bertrand fait, on s’en doute, référence à l’échec fulgurant du Poil de la bête, ce film de loups-garous qui a été assassiné par la critique et qui a fait patate au box-office.

«Je ne pense pas être très bon pour choisir des scénarios, avoue l’acteur. Je suis tellement «trooper» que quand quelqu’un me dit qu’il me veut dans son film, je le lis en aimant tout de suite l’histoire et mon personnage. Je perds tout de suite toute objectivité.»

Ayant plus d’expérience au petit écran qu’au grand, il admet aussi avoir continuellement à adapter son jeu pour le cinéma.

«Jouer pour une télé 50 pouces et pour un écran géant, ce n’est vraiment pas la même chose, insiste-t-il. «Au cinéma, «less is more» et d’habitude, pour moi, «more is better». Il faut donc que j’apprivoise le style de jeu pour le cinéma. C’est important d’être bien dirigé. Ken est très bon là-dedans. Il sait ce qu’il veut. Tout le monde est sur le même niveau de jeu.»



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