Tamy Emma Pepin
Journal de Montréal

Un an au New York Times

Documentaire - Un an au New York Times

Le réalisateur Andrew Rossi a eu un accès illimité aux coulisses de la célèbre « dame grise » de Manhattan, au moment même où les médias écrits sont en crise.|© Courtoisie

Tamy Emma Pepin

Dernière mise à jour: 07-07-2011 | 14h03

Et si le New York Times mourait ? Voilà l'inquiétante question posée par The Atlantic dans un controversé article publié en 2009, et à laquelle le directeur Andrew Rossi essaie de répondre dans son film Page One: A Year Inside The New York Times.

Partout en Amérique, la presse écrite est en crise. Les annonceurs ont délaissé les journaux, laissant des milliers d'éditeurs à la recherche de nouveaux modèles d'affaires qui permettront la survie de leur publication.

Pendant un an, le réalisateur Andrew Rossi a suivi la révolution médiatique, par l'entremise de quatre journalistes affectés au Media Desk du New York Times, permettant, du coup, au public de s'immiscer, pour une rare fois, sous les jupons de la célèbre "dame grise" de Manhattan.

Car l'accès au processus éditorial alloué à Rossi est une première, d'autant plus que son immersion dans le New York Times a lieu à un moment critique, dans l'histoire de l'institution.

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Parmi les moments forts du film, on assiste à une rencontre éditoriale de la Page 1, menée par Bill Keller, à l'époque, directeur du journal. (Deux semaines avant le lancement de Page One aux États-Unis, Keller annonçait qu'il se retirait de son poste afin de se consacrer à l'écriture).

Dommage que sa remplaçante Jill Abramson, la première femme à occuper le poste de directeur du New York Times en 160 ans d'histoire, n'occupe pas une place plus importante dans le film.

Les médias à l'ère du Web

Plutôt, le héros de Page One, c'est David Carr, ancien toxicomane devenu reporter étoile du New York Times. À la fois acerbe et attachant, Carr a la voix rauque et le langage ponctué de blasphèmes, caractéristiques qu'il démontre à la perfection, lorsqu'il rencontre les éditeurs du magazine VICE, bible du hipster fondée à Montréal.

De là, il y a Brian Stelter, le reporter recruté par le New York Times après qu'il a fait sa marque sur le Web. Stelter représente tout ce dont un journaliste devrait être, à l'ère numérique et offre un regard intéressant sur le rôle des médias traditionnels, ainsi que sur le rôle des nouveaux médias.

Question sans réponse

Toutefois, si Page One se révèle être un documentaire fascinant pour les mordus de nouvelles, il n'offre ironiquement pas de nouvelles perspectives sur le monde des médias, ce qui est décevant. De Wikileaks, au iPad, en passant par Comcast, Tribune et en repassant par Wikileaks, Rossi semble manquer de direction.

En se concentrant principalement sur David Carr, le film ne parvient qu'à offrir une vision étroite du New York Times.

Et ultimement, Rossi ne répond jamais à la troublante question posée à l'ouverture de son film.

Page One: A Year Inside The New York Times prend l'affiche le vendredi 15 juillet au cinéma AMC.



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