Dur, dur d'obtenir les droits des chansons

 C.R.A.Z.Y. - Dur, dur d'obtenir les droits des chansons

Agnès Gaudet -Journal de Montréal

Pour obtenir les chansons qu’on entend dans C.R.A.Z.Y., Jean-Marc Vallée a sacrifié son salaire de réalisateur pour atteindre les 600 000$ exigés en droits d’auteur. Il espère maintenant sortir la bande sonore du film.

Emmenez-moi, de Charles Aznavour, Sympathy for the Devil, des Rolling Stones, Space Oddity, de David Bowie, Santa Claus is Back in Town, d’Elvis Presley, Shine on You Crazy Diamond, de Pink Floyd, et Crazy, de Patsy Cline et Willie Nelson, sont toutes partie intégrante du scénario de C.R.A.Z.Y. La musique du film est pratiquement un personnage en soi, présent du début à la fin, ponctuant chaque étape de la vie de la famille Beaulieu (Michel Côté, Danielle Proulx, Marc-André Grondin).

::encart::Depuis le début de l’aventure du film, Jean-Marc Vallée, son réalisateur (Liste noire), s’est battu pour obtenir ces chansons parce qu’elles ont marqué la mémoire collective des Québécois. Même si le film a joui d’un budget de 7M$, il a dû consacrer son salaire de réalisateur à l’achat des chansons, lui qui est aussi scénariste et coproducteur minoritaire du projet. Maintenant, la production fait des pieds et des mains pour sortir la bande sonore et en évalue les coûts de redevances.

Plus de 15 000 $ chacune
Au total, on compte 22 chansons dans C.R.A.Z.Y., dont plusieurs font partie du patrimoine rock’n’roll mondial et sont très difficiles à obtenir. Un exploit jamais réalisé auparavant pour les fins d’un long métrage québécois. Certaines coûtent une fortune, de 15 000 à 20 000$US chacune pour l’exploitation mondiale, excluant les États-Unis, la plus coûteuse étant, de loin, Sympathy for the Devil. La notoriété de cette dernière et la philosophie de la compagnie qui en négocie les droits font qu’elle est six fois plus chère que Space Oditty, de David Bowie.

Des oui et des non
Les producteurs de C.R.A.Z.Y. ont négocié durant deux années et demie, par l’entremise de Lucie Bourgouin, spécialiste en libération de droits, l’obtention des droits de ces 22 chansons. Ils ont dû renoncer à 17 autres. Parmi celles-là, Planet Claire, des B-52’s, dont la compagnie Joy Division a refusé l’exploitation après un an et demi de négociations, ainsi que des chansons de Radiohead et de Creed.

Certains ont carrément dit non parce qu’ils ne veulent en aucun cas accoler une image à leur musique, de peur de la dénaturer. D’autres ne veulent entendre leurs chansons qu’à la radio et les préserver dans leur entité: «Certains chanteurs ou groupes ont cédé tous leurs droits à des organisations qui les gèrent, ce qui donne des négociations plus froides, explique Pierre Even, de Cirrus. C’est le cas des Rolling Stones. Peu importe si on parle d’un petit film indépendant ou d’un blockbuster américain, les prix restent les mêmes.»

Gentleman Bowie
«D’autres, par contre, voient eux-mêmes à leurs droits et sont conciliants. David Bowie a un œil sur tout et c’est un gentleman, précise M. Even. Négocier avec son organisation a été très agréable, tout autant qu’avec l’équipe de Pink Floyd. Charles Aznavour voit aussi à ses affaires et a permis l’utilisation de deux de ses plus grands succès. Heureusement, parce qu’Hier encore et Emmenez-moi sont des leitmotive du personnage principal de C.R.A.Z.Y., Gervais (Michel Côté).»


Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos