De clochards à stars

De clochards à stars

Philippe Rezzonico - Journal de Montréal

Vous les avez probablement entendus et peut-être même vus dans le cadre d’un documentaire qui leur a été consacré. Si tout va bien, c’est au grand écran que vous devriez voir les membres de la chorale de l’Accueil Bonneau en 2004.

On dit « si tout va bien » parce que ce projet de film ne dispose pas de l’encadrement auquel une production est normalement habituée.

Le long métrage, qui sera intitulé Recyclage, n’aura pas droit à des effets spéciaux dignes du Seigneur des anneaux, mais pour celui qui est derrière le projet, cette aventure a toute son importance.

« Ce film va être une fiction basée en bonne partie sur des faits réels et les membres de la chorale vont jouer leur propre rôle », explique Pierre Anthian, qui a été l’un des instigateurs de la mise sur pied de la chorale, en 1996, lorsqu’il œuvrait comme bénévole à l’Accueil Bonneau.

« On veut prouver que le cinéma n’appartient pas qu’à une élite et que tous peuvent en faire. »

Poubelles
Recyclage contera l’histoire de jeunes élèves dissipés qui n’ont rien à foutre de leurs cours de musique. En échange de l’abandon des cours théoriques, leur professeur les met au défi d’aller fouiller dans les poubelles afin d’y trouver les matériaux pour construire des instruments de musique. C’est alors qu’ils rencontreront les membres de la chorale.

Pour mener à bien ce projet « expérimental », Anthian sait qu’il a besoin de toute l’aide possible.

« Nous n’avons pas un budget de 4,5 millions, pas même de 4 500 $. Nous allons recruter six élèves et des figurants dans une école de Montréal et les recycler en acteurs, comme les membres de la chorale vont être recyclés, eux aussi, en acteurs.

« Une compagnie montréalaise, le groupe SYNC, va nous prêter les caméras, les micros ; bref, l’équipement pour faire le tournage. Nous avons aussi l’appui de gens qui œuvrent dans le documentaire et le clip, qui vont venir nous aider. »

Le tournage est prévu de janvier à mars 2004 et la sortie, à l’automne prochain. Personne n’a encore accepté de distribuer le film, mais Pierre Anthian a fait les approches nécessaires.

« J’ai envoyé des documents à Vivafilm, à Atlantis… J’espère qu’on va trouver un distributeur. Ce film, c’est une autre forme de réinsertion sociale. »


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