Qui est Marie-Josée Croze?

Qui est Marie-Josée Croze?

par Michelle Coudé-Lord - Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 26-05-2003 | 10h25

Parler de la vie avec la jeune actrice de 33 ans Marie-Josée Croze, c’est toucher au mot liberté.

Le cinéaste Denys Arcand l’a choisie pour jouer «l’ange gardien de Rémy» dans le film Les Invasions barbares. C’est elle qui lui fournit l’héroïne pour soigner son corps malade.

Un jeu intense.
«Denys Arcand vient chercher le meilleur de nous-mêmes en donnant à l’acteur une grande liberté. C’est un cinéaste inspirant», confie en entrevue avec Le Journal de Montréal Marie-Josée Croze.

La spontanéité et la franchise, voilà ce qui transpire dans une rencontre avec cette jeune actrice de talent.

Timide
Mais qui est Marie-Josée Croze ?

«D’abord une petite fille très timide, solitaire qui partait dans ses rêves. Je viens d’un milieu très modeste de Longueuil. Une famille de cinq enfants. J’étais l’avant-dernière. Mes parents ont divorcé alors que j’étais âgée de huit ans. Ma mère a travaillé très fort pour nous élever. À 17 ans, je volais déjà de mes propres ailes et je devais travailler dans un McDonald’s pour payer mon petit loyer.»

Au fil de l’entrevue, elle dira tout simplement : «J’ai été adoptée à 3 ans. Je connais mes parents biologiques mais je ne veux rien savoir d’eux. Ma mère, celle qui m’a élevée, est une femme que j’admire énormément.»

Et l’actrice naît…
C’est ainsi que la petite Marie-Josée timide et solitaire ne pensait jamais qu’elle serait actrice de cinéma.

Sauf qu’à la maternelle, voilà qu’elle se met à imiter une de ses tantes qu’elle n’aimait pas… «Je faisais tellement rire mes amis qu’ils en ont redemandé.»

Et la petite Marie-Josée dessinait. «J’étais très bonne et j’attirais ainsi l’attention de ma mère car avec cinq enfants à la maison, ça faisait beaucoup de monde à s’occuper.»

Elle n’a pas aimé vraiment l’école avant la découverte de son cours d’art et d’expression française au cégep du Vieux-Montréal.

«Je me rappelle. Il fallait faire une présentation sur la grande scène. Je me cachais tellement j’avais peur. Je suis passée la dernière et ce fut mon premier triomphe. J’ai réalisé tout le bien que ça faisait que de se mettre dans la peau de personnages. Tout à coup, on se sent puissant, fort. C’était comme une bouée.»

Elle décide de plonger et elle s’inscrit à l’option théâtre des cégeps Sainte-Thérèse et Saint-Hyacinthe. Elle est acceptée aux deux endroits mais opte pour Sainte-Thérèse.

«Mais je n’avais pas un sou et je devais travailler jour et nuit pour me payer ces études. Un jour, un client du café où j’étais employée me suggère d’aller donner mon nom à Radio-Canada pour des rôles muets. C’était payant.»

Ce matin-là, elle rencontre Lorraine Pintal et fait une audition éblouissante. Elle la rappelle pour un rôle dans Montréal PQ.

«J’étais dans un dilemme incroyable. Aller étudier ou faire cette émission de six épisodes à Radio-Canada. J’ai appelé au cégep pour dire que je n’y allais pas. La fille au téléphone était en colère et m’a rétorqué que je ne serais jamais une grande actrice.»

«Je suis idéaliste plutôt qu’ambitieuse dans la vie. Donc, j’ai suivi mon instinct comme toujours.»

C’est alors que le métier a adopté Marie-Josée Croze.

De la télé au cinéma
Mais après avoir été l’une des vedettes de Chambre en ville et du film Florida en jouant la fameuse Carmen, elle est partie deux ans en France pour courtiser le cinéma là-bas.

«Être une vedette de la télé, ce n’était pas ce que j’attendais de ce métier. Je ne veux pas être une star.»

Elle commençait à se faire de bons contacts en France lorsque son agent lui a téléphoné pour passer une audition. Une grosse série américaine l’attendait peut-être..

«J’ai été choisie mais la série est tombée à l’eau. Ce fut tout un coup dur pour moi. J’ai alors vécu avec 1 000 $ qu’une amie a bien voulu me prêter.»

Puis le jeune cinéaste Denis Villeneuve en a fait une vedette dans Maelström, un film qui a fait faire le tour du monde à Marie-Josée Croze par son triomphe.

«Et dire que je ne voulais pas le faire au début tellement je ne sentais pas le personnage», dit-elle.

À nouveau Cannes
Par la suite, ce fut la gloire et Cannes avec Ararat d’Atom Egoyan l’année dernière.

«On venait me chercher en limousine, je prenais l’avion en classe affaires et j’avais une suite d’un grand hôtel à ma disposition. C’est l’fun mais je sais que ce n’est pas la vie tout ce luxe-là.»

Mais c’est quoi la vie pour Marie-Josée Croze ?
«C’est ce qu’en dit Denys Arcand dans son film Les Invasions barbares : La vie n’est pas parfaite. Mais c’est comme ça. On ne choisit pas qui on est. On vit le moment qui est là et enjoy it. Il faut accepter le mystère.»

Et elle se met à sourire, contente de nous dire qu’elle aime autant rouler à vélo qu’en limousine et qu’elle profitera à plein du bonheur de présenter dans deux semaines à Cannes Les Invasions barbares.


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