La SODEC fait son mea culpa

Année catastrophique - La SODEC fait son mea culpa

 

Cédric Bélanger

Dernière mise à jour: 25-02-2013 | 22h43

«On s’est trompés», a dit la directrice de la division cinéma de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), Catherine Loumède, qui a reconnu que les artisans du milieu du cinéma n’ont pas su joindre le public lors de la catastrophique année 2012 pour les films québécois au box-office.

Mme Loumède a fait cette déclaration lors d’une discussion publique portant sur la rentabilité des films qui a lieu lundi en marge des Rendez-vous du cinéma québécois, à Montréal.

En 2012, la part de marché des longs-métrages de fiction québécois s’est établie à moins de 5%, son plus bas niveau en plus de 10 ans. «En 2012, on a fait des choix, on a cru joindre un grand public et on s’est trompés: distributeurs, producteurs et institutions. On n’a pas joint le public», a dit Catherine Loumède.

Elle n’a pas voulu nommer de films, même si des titres comme L’empire Bossé lui ont été suggérés. Du même souffle, elle a cependant fait voler en éclats le mythe d’une prétendue rentabilité des films. «C’est un faux débat. À part les États-Unis, il n’y pas de cinématographie rentable», a-t-elle fait valoir.

Comment expliquer alors la baisse de fréquentation des films québécois? Plusieurs ont montré du doigt la faiblesse des scénarios et le fait que presque tous les films québécois parus au cours de la dernière année étaient des films sombres.

«Le grand public a besoin de “feel good movies”», estime la journaliste spécialisée en cinéma au quotidien Le Devoir, Odile Tremblay.

Soutenir les scénaristes

Pour produire plus de films qui séduiront le grand public, la SODEC se dit prête à revoir ses façons de faire, notamment en soutenant davantage les scénaristes à l’étape de l’écriture.

En pointant l’exemple d’Omertà, des participants ont soulevé que certaines productions misaient toutes leurs billes sur les vedettes pour vendre leur film au public au détriment du scénario. Cet avis est partagé par Catherine Loumède.

«J’ai parfois de la difficulté au niveau de la distribution et de la mise en marché. On a l’impression parfois que c’est amplifié. Mais est-ce que la SODEC doit s’immiscer là-dedans? J’ai des réserves, parce que ça voudrait dire qu’on prendrait encore plus de place comme institution. Je trouverais ça très troublant», a-t-elle dit.


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