Un rôle taillé sur mesure pour Jamie Foxx

Django déchaîné - Un rôle taillé sur mesure pour Jamie Foxx

 

Bruce Kirkland

Dernière mise à jour: 23-12-2012 | 17h51

NEW YORK - Sujet délicat oblige, Jamie Foxx, qui interprète un esclave afro-américain se libérant de ses chaînes pour trouver vengeance dans Django déchaîné, estime que le tournage de ce film, dont l’histoire se déroule dans une Amérique au bord de la guerre de Sécession, a mis la communauté noire sur les dents.

«Soyons honnêtes, a lancé l’acteur, en parlant de l’agitation qui a précédé la sortie du film. Les Noirs retenaient leur souffle alors que ce film était sur le point de sortir en salle!»

Et maintenant que Django déchaîné a fini sa tournée promotionnelle, Jamie Foxx est d’avis que la communauté afro-américaine peut maintenant se détendre. «Quand on le voit, on se dit: “Wow!” C’est vraiment super et c’est divertissant. On peut respirer maintenant.»

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En conférence de presse à New York avec Quentin Tarantino, Jamie Foxx a su trouver la métaphore parfaite pour exprimer les difficultés qu’a rencontrées le réalisateur. «Ce film est comparable à une routine de gymnastique à son plus haut niveau de difficulté, vous savez avec toutes les roues et les saltos et les sauts. Et il mérite une note parfaite de 10!»

Bon, le jugement de l’acteur est très probablement biaisé, puisqu’il est la tête d’affiche du long métrage et y livre même une prestation digne des Oscars, mais comme Django déchaîné pourrait bien être l’un des prétendants les plus en vue du gala, l’enthousiasme de Jamie Foxx est pardonnable.

Django déchaîné, qui réunit le Far West et le Vieux Sud, raconte l’odyssée épique de Django, un esclave afro-américain qui, à la veille de la guerre de Sécession, s’affranchit de ses chaînes pour devenir un héros iconique. L’émancipation de Django est rendue possible grâce à un chasseur de prime d’origine allemande (Christoph Waltz) qui l’achète pour ensuite le libérer. Leur aventure – incluant une quête pour retrouver Broomhilda (Kerry Washington), la femme de Django, disparue depuis longtemps aux mains d’un propriétaire – ébranle les us et coutumes du Vieux Sud où l’esclavage est la norme sur les plantations.

Will Smith a d’abord été approché par Quentin Tarantino pour interpréter Django, mais le réalisateur a conclu – tout comme Smith d’ailleurs – que le rôle ne lui convenait pas parfaitement. Toutefois, entre les mains de Jamie Foxx, 45 ans, le rôle n’a dû subir aucun changement, estime Tarantino. C’est que contrairement à Will Smith, Jamie Foxx, qui est né et a grandi au Texas, n’a eu aucun problème avec l’histoire, la violence et le nombre incalculable de fois où le dialogue est plombé par des termes désobligeants envers les Noirs.

Foxx a admis qu’on l’a souvent qualifié de «nègre» pendant sa jeunesse et que le langage du film lui était donc familier. «Quand j’ai lu le scénario, je ne suis pas tombé en bas de ma chaise, comme quelqu’un de Los Angeles ou de New York pourrait le faire, puisque c’est quelque chose que j’ai déjà expérimenté.»

Jamie Foxx a préféré se laisser séduire par le fait de pouvoir changer les règles du passé en présentant les esclaves sous un jour différent à l’écran. «Quand on regarde des films qui parlent d’esclavage, on n’a jamais la chance de voir un esclave prendre les choses en main et tenter de se défendre. Dans ce film-ci, il y a beaucoup de nouveautés à ce niveau.»

Parmi celles-ci, «l’histoire d’amour de Django et de Broomhilda», a précisé l’acteur. Une portion du film que sa covedette Samuel L. Jackson qualifie volontiers de «truc de filles», puisqu’il préfère les scènes d’action.

Sinon, le seul véritable défi auquel a dû s’attaquer Jamie Foxx fut de monter un cheval sans selle pour une cascade. Quand le cheval est parti en trombe, l’acteur a à peine eu le temps de s’accrocher. «En dehors, je ressemblais à Django, mais en dedans, je me sentais comme un petit gars.»

Le film est en salle depuis le 25 décembre.
 


Django déchaîné: un film inspirant et plein d’espoir

La plupart des films américains sur l’esclavage traitent de l’impuissance à laquelle ont dû se résigner les Noirs devant le sort qui leur était réservé, estime l’actrice Kerry Washington.

«Ce n’est pas le propos de Django déchaîné, a-t-elle dit en conférence de presse, en appui à Quentin Tarantino. C’est un film qui parle d’un homme noir (Django, interprété par Jamie Foxx) qui retrouve sa liberté et sauve sa femme (Broomhilda, interprétée par Kerry Wahsington). Il est en pleine possession de ses moyens. C’est un libérateur, un héros! Alors il n’y a rien de honteux là-dedans, au contraire, c’est plein d’espoir et inspirant!»

Même l’histoire d’amour que Quentin Tarantino met en scène est à part, a soutenu Kerry Washington quant à la relation de Django et de Broomhilda, qui a été nommée ainsi en l’honneur d’un personnage d’opéra wagnérien. Les esclaves n’avaient pas le droit de se marier dans le Vieux Sud, a expliqué l’actrice.

«Une histoire qui traite d’un mari et de sa femme à une époque où les Noirs n’avaient pas le droit de s’unir n’est donc pas simplement éducative, mais pleine d’espoir, encore une fois, a-t-elle ajouté. Le seul obstacle qui les empêche de vivre leur relation est l’esclavage. C’est pourquoi Django se retrouve à combattre cette institution, puisque s’il veut enfin pouvoir retrouver sa femme et vivre avec elle, il doit d’abord s’attaquer à l’esclavage.»


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