Les Québécois boudent-ils les films d'ici?

Une industrie menacée - Les Québécois boudent-ils les films d'ici?

 

Dernière mise à jour: 07-12-2012 | 23h09

QUÉBEC – Le ministre de la Culture, Maka Kotto, se dit «préoccupé» par la crise du cinéma québécois et estime que si rien n’est fait pour redonner le goût aux Québécois de voir des films d’ici, nous courrons «à notre propre perdition à moyen ou long terme».

«Nous devons nous sensibiliser au fait que si nous ne consommons pas nos produits culturels, personne d’autre ne va le faire. Ça prend une ou deux générations pour nous renier nous–mêmes en nous accrochant à d’autres produits culturels venus d’ailleurs avec d’autres codes qui n’ont rien à voir avec notre réalité», a dit Maka Kotto lors d’un entretien avec Le Journal de Québec, hier.

Avec une part de marché famélique flirtant avec les 5 %, le cinéma québécois connaît, en 2012, sa pire année au guichet en plus de dix ans. Un seul long-métrage, Omertà, a franchi la barre du million $ (2,7 millions $).

«Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il y a péril, mais si on laisse les choses aller, il y aura péril […]  Je ne suis pas inquiet, mais ça me préoccupe», soumet celui qui était comédien avant de faire le saut en politique.

Avis demandé

Le ministre a demandé «un avis» aux fonctionnaires du ministère afin de tenter d’identifier les raisons qui poussent les Québécois à bouder leurs films.
«Je veux une analyse scientifique, pas intuitive. Pourquoi il n’y a pas cet engouement qu’on a connu avec des succès comme Le déclin, Les invasions barbares, C.R.A.Z.Y., J’ai tué ma mère?, se demande celui qui a sa petite idée sur la question.

«On est cernés par des produits américains. Nous les consommons, donc nous sommes complices de ça. C’est très difficile de résister parce que ce sont des produits qui sont très séduisants», soumet M. Kotto, en ajoutant qu’il est impossible ou presque de prédire un succès au cinéma.

«Quand on commence un tournage, on est à des années-lumière de savoir si ça va fonctionner ou pas. Il y a quelques prétentieux qui peuvent anticiper la chose. Mais quand un succès anticipé se traduit par un échec lamentable, on tombe de très haut.»

Pas touche au financement

Même s’il ne fait pas ses frais, pas question de remettre en question le financement public du cinéma, tranche le ministre. Bien au contraire, il croit même qu’il faut plutôt accroître les coproductions avec les autres pays et territoires et rappelle le succès des films québécois à l’étranger.

«C’est un cinéma qui a du succès un peu partout où il va dans des festivals à l’international. On l’a vu avec C.R.A.Z.Y., Incendies et Laurence Anyways, récemment. Il y a eu Rebelle, Monsieur Lazhar, Camion que j’ai vu durant la campagne électorale. Si on remonte plus loin, il y a Les invasions barbares.

Contrairement à ce que croient l’ancien patron d’Alliance Vivafilms, Guy Gagnon, et le président de l’Association des propriétaires de cinéma, Vincent Guzzo, le ministre Kotto ne croit pas que la solution à la crise passe par la réalisation de plus de «films commerciaux».

«Ça prend un débat qui doit se faire de manière sereine sans polariser cinéma d’auteur et cinéma commercial. Les deux se complètent et sont indispensables.»


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