Du côté obscur de la force

Mark Hamill  - Du côté obscur de la force

 


Fabien Boileau

Dernière mise à jour: 20-07-2012 | 20h56

Vendredi, à la veille de la première internationale de Sushi Girl, le Luke Skywalker de George Lucas et toute l’équipe du film étaient au Nouvel Hôtel de Montréal pour parler gastronomie japonaise, braquage et torture.

Fantasia c’est LE festival auquel il faut assister lorsque l’on est amateur de films décalés, surprenants et, parfois même dérangeants. Sushi Girl, premier long métrage du réalisateur Kern Saxton, est un savant mélange des trois.

Le film retrace un repas dans le pur style Yakuza, de cinq gangsters en quête de vérité sur la disparition de leur butin lors d’un braquage qui a mal tourné quelque 6 années, 5 mois et 17 jours plus tôt, durée de l’incarcération de Fish (Noah Hathaway).

Entre deux sashimis, minutieusement disposés sur le corps nu d’une jeune femme (Cortney Palm), Duke (Tony Todd), Crow (Mark Hamill), Francis (James Duval), et Max (Andy MacKenzie) vont tenter de dénouer ce mystère, au détriment du jeune homme récemment libéré.

Pour le réalisateur Kern Saxton, le choix d’une Sushi Girl en toile de fond s’est imposé de lui-même.

« Destin (Destin Pfaff, coscénariste du film) et moi-même, voulions une mise en scène surprenante pour une discussion entre gangsters, a dit M. Saxton. L’idée de base c’était la réunion de braqueurs qui avaient des comptes à régler autour d’un banquet de funérailles. On a ensuite cherché ce qui pourrait apporter une touche un peu décalée, la femme sushi est apparue comme une évidence, et, le fait que le sujet n’ait jamais vraiment été exploré nous a confortés dans cette idée. »

Pour James Duval (connu pour son rôle de Frank dans Donnie Darko), la raison est bien plus primitive que ça. « Arrête de mentir Kern, il y avait juste beaucoup trop de testostérone sur le plateau et il fallait une présence féminine pour réguler le tout! Nous, tout ce qu’on voulait c’était voir une femme nue (rires) » a déclaré l’acteur avec humour.

Sushi Girl comporte des moments de violence intense certes, mais discontinue, ce qui permet de reprendre ses esprits entre deux accès de tachycardie. Certaines scènes peuvent rappeler Tarantino, notamment celle du maniement d’une arme très proche de celle de Gogo (Chiaki Kuriyama) dans Tuer Bill.

« L’influence de Tarantino dans le film est indéniable, mais elle se manifeste plus au niveau des dialogues, a indiqué le réalisateur. Pour les scènes de torture c’est clairement inspiré du côté cru de « Hostel », avec un peu plus de créativité dans la manière de faire. »

Même si le film est entrecoupé de scènes expliquant les raisons de l’échec du braquage, Sushi Girl est un huis clos angoissant sur fond de torture. Les personnages rivalisent de créativité sadique pour obtenir ce qu’ils veulent de Fish, le prétendu voleur des voleurs.

« Je voulais vraiment montrer la face la plus sombre et la plus laide de la violence, a déclaré Kern Saxton. Même si le repas est servi sur une femme nue, le film n’est pas censé être glamour ou sexy, mais juste cru, un peu comme dans un comic-book. »

Nous ne dévoilerons pas les techniques et les différents outils utilisés dans ces scènes, mais le moins que l’on puisse dire c’est que l’on est dans le réalisme pur et l’immersion totale.

« L’ambiance générale du film est sombre et déroutante, quelques personnes ont même quitté la salle durant les visionnements! a précisé le réalisateur. Pour nous, c’est la preuve que le film fonctionne, que l’on a réussi à faire passer le message. Quant aux plus sensibles, c’est dommage pour eux, ils auront manqué le tournant final de l’intrigue (rires). »

Pas facile à regarder donc, mais à jouer? Pour Mark Hammill, interpréter le rôle d’un psychotique sadique était l’occasion rêvée de faire oublier son image de jeune héros de l’Alliance rebelle dans la saga La guerre des étoiles.

« À la première lecture du scénario, j’ai eu une réaction plutôt négative sur mon personnage de Crow, a dit l’acteur. Je me disais que j’aurais préféré voir le film plutôt que jouer dedans (rires). Puis, mes enfants m’ont encouragé à le faire, me disant que ce n’était pas si extrême que ça. Alors, lors de la deuxième relecture, je me suis mis dans la peau du personnage et ce fut une véritable révélation. »

Il ne fait aucun doute que la prestation impressionnante de Mark Hamill dans Sushi Girl va réussir à faire oublier, ou du moins estomper, 35 années de Luke Skywalker ou alors, si l’on en croit le principal intéressé, « c’est qu’il y a un véritable problème! »

Pour Kern Saxton, cela ne fait aucun doute. « Beaucoup de gens nous demandent où est Mark Hamill dans les premières scènes du film, a-t-il indiqué. Je trouve que c’est le meilleur compliment que l’on puisse faire à un acteur, quand on ne voit plus que le personnage. »

Sushi Girl sera présenté samedi 21 juillet en première internationale au Théâtre Concordia dans le cadre du festival Fantasia.


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