L'animation image par image à l'honneur

Fantasia - L'animation image par image à l'honneur

 

Isabelle Hontebeyrie

Dernière mise à jour: 18-07-2012 | 16h45

MONTRÉAL – Le Festival international de films Fantasia de Montréal s’ouvre ce jeudi. Au menu, 160 films dont, en ouverture et en clôture, deux œuvres d’animation image par image (« stop motion »).

Bydlo, de Patrick Bouchard, sera présenté avant For Love's Sake , de Takashi Mike, qui donne le coup d’envoi jeudi soir.

Une fois n’est pas coutume, c’est un court métrage produit par l’ONF qui est présenté avant le film d’ouverture. Bydlo, du cinéaste Patrick Bouchard est, de surcroît, une œuvre réalisée en «stop motion», technique datant de 1963.

Ce film s’inscrit dans la plus pure tradition de la vénérable institution de chez qui est sorti Frédéric Back et son L'homme qui plantait des arbres , même si le genre est radicalement différent. Bydlo, c’est le bœuf en polonais ou les basses classes de la population en russe. Sur une musique de Modeste Moussorgski, le réalisateur — gagnant d’un Jutra pour Les ramoneurs cérébraux — met en tableaux de pâte à modeler la lutte de l’humanité pour sa survie.

Un travail de moine...

L’animation image par image est un labeur minutieux et exigeant. Il a ainsi fallu à Patrick Bouchard un an et demi de tournage pour... un peu plus de huit minutes de film! Côté purement matériel, ce sont 500 kg de pâtes à modeler qui ont été utilisés.

«Je ne cherche pas du tout à atteindre la réalité. Je veux qu’on voie les traces de doigt de l’animateur», a confié Patrick Bouchard à l’Agence QMI, quelques jours avant la présentation de son quatrième court métrage.

Sa réalité en est une «universelle», qui transcende le temps et les générations. «Il n’y a pas de message politique ni social dans Bydlo » et chaque spectateur y trouve ce qu’il veut y voir, le cinéaste préférant se concentrer sur «la condition humaine et la nature humaine» plutôt que sur l’actualité.

Non seulement Bydlo  ouvre Fantasia, mais ParaNorman, un autre film en «stop motion», est présenté en clôture. De plus, le 5 octobre prochain, Tim Burton sortira son Frankenweenie, également réalisé en image par image. Assisterait-on à une remise au goût du jour de cette technique?

«L’animation par ordinateur est rendue tellement réaliste que nous n’arrivons plus à distinguer le vrai du faux. Je me demande si, en atteignant un tel degré [de sophistication technique], cela ne nous donne pas envie de revenir à de l’artisanal. Le fait de voir ce travail touche les gens, de sentir ce labeur de l’animateur donne, à mon avis, tout ce charme à l’animation.»

Patrick Bouchard a poursuivi sa réflexion, s’inscrivant en faux avec ses collègues : pour lui, l’image par image n’est pas vraiment du cinéma! «L’image par image n’est pas une image de synthèse, c’est de la photo. Ce n’est que de la photo. C’est aussi de la mise en scène et du placement d’éclairage qui, souvent, prend bien plus de temps que l’animation elle-même. Cela demande cinq, huit, voire même dix heures pour faire un plan. Ça me rapproche du cinéma de prise de vues réelles, mais c’est surtout de la photo de studio. Je vois le “stop motion” comme de la photographie.»

«Pour dire vrai, je n’ai jamais été un “tripeux” de cinéma. Au départ, quand je faisais mes études, je voulais me diriger soit vers la musique, soit vers les arts visuels. L’animation permet d’allier plusieurs techniques : photographie, sculpture, installation, mise en scène, peinture... C’est quelque chose qui touche à beaucoup d’aspects des arts visuels.»

De tout pour tous

Fort de ses 16 années d’existence, le Festival international de films Fantasia s’est taillé une solide réputation dans l’industrie et figure désormais dans les incontournables de publications spécialisées comme Variety.

Le cru 2012 s’annonce mémorable avec la présence, notamment, de Jennifer Lynch, Stephen McHattie, Michael Eklund, Danny Masterson et AnnaLynne McCord. Même Yves Simoneau, Michel Côté, Pierre Curzi, Rémy Girard, Jean-Marc Vallée et Érik Canuel seront de la partie.

De plus, Mark Hamill sera à Montréal pendant le week-end pour présenter Sushi Girl, de Kern Saxton.

Les billets pour l’ensemble des projections et activités du Festival international de films Fantasia sont en vente sur le réseau Admission. Des renseignements supplémentaires sur Fantasia sont disponibles sur le site officiel (fantasiafest.com), sur Facebook et sur Twitter (@FantasiaFest).

 


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