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Documentaire - Michel Courtemanche lève le voile sur sa bipolarité
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Le documentaire L’homme qui faisait des grimaces sera diffusé en deux temps les lundis 17 et 24 octobre, à 23 h, à Canal Vie.

DOCUMENTAIRE

Michel Courtemanche lève le voile sur sa bipolarité

13-10-2011 | 16h47

MONTRÉAL – Dans le documentaire Michel Courtemanche : l’homme qui faisait des grimaces, l’humoriste pose un regard lucide et touchant sur sa bipolarité, revenant aussi sur la descente aux enfers vers laquelle la maladie l’a entraîné.

S’il a déjà évoqué sa condition en entrevue à Tout le monde en parle, Courtemanche avoue avoir accepté de tourner ce documentaire, diffusé en deux parties d'une heure (17 et 24 octobre, à 23 h) sur les ondes de Canal Vie, afin de vider la question une fois pour toutes.

«Je me livre jusqu’au bout, a-t-il dit en entrevue. Je souhaite ainsi marquer un temps, pour ensuite pouvoir passer à autre chose.»

L’homme de 46 ans précise être aujourd’hui beaucoup mieux dans sa peau. «Mes crises sont plus légères. Les “down” sont moins “down” et les “high” sont moins “high”», a-t-il expliqué. Il n’en a toutefois pas toujours été ainsi.

Après une ascension fulgurante, il craque sur scène le soir du 17 juillet 1997. Il avait alors fait le pari de livrer une prestation improvisée de trois heures. «Au bout de 40 minutes, le temps était long. Il suait à grosses gouttes. C’était effrayant ce qu’il était en train de vivre», a dit la chroniqueuse culturelle Francine Grimaldi, qui était présente le fameux soir où Michel Courtemanche a interrompu son spectacle en raison d’une crise de panique.

Sueurs froides, tremblements, angoisse. Il finit par lancer au public : «Je vous demande juste de comprendre», avant de suggérer à tout le monde d’obtenir un remboursement. Atterré par le constat d’un échec qui le ronge, Courtemanche sombre ensuite dans la dépendance à l’alcool et à la drogue.

«Je l’ai eu “all-dressed” en maudit : alcool, pot, cocaïne, hasch, pilules… » C’est ainsi qu’à 31 ans commence sa véritable descente aux enfers. «Je suis partie sur une baloune de trois ans. J’étais incapable d’arrêter de consommer, même juste pour une heure.»

Dans le premier épisode du documentaire, la famille, qui porte les stigmates de cette bipolarité héritée du père, et les amis de Courtemanche, dont Lise Dion, Claude Legault et Martin Petit, témoignent avec beaucoup d’émotions de ces moments pénibles qu’a dû traverser l’humoriste.

«On pensait qu’on allait le retrouver mort, a dit Claude Legault, ami de Michel depuis 27 ans. J’ai longtemps pensé qu’il allait se tuer.»

Mettre fin à ses jours, Courtemanche y a songé à plusieurs reprises. Il est même passé à l’acte, un soir où il se trouvait en Bretagne. Son ex-femme, arrivée sur les lieux juste à temps, a cependant pu le sauver in extremis. «Les secouristes me demandaient de leur signer des autographes dans le camion», se rappelle-t-il, encore surpris du «caractère typiquement français».

Enfin, à 34 ans, alors qu’il avait repoussé tous ses amis les plus proches, il a compris qu’il était temps de prendre les choses en main. Il s’inscrit donc à un programme de désintoxication et «vire une dernière brosse», à laquelle il s’étonne d’ailleurs d’avoir survécu étant donné la quantité d’alcool et de drogue ingérée. Le lendemain, il entre en centre de désintoxication, lunettes fumées au visage et l’air agité.

Un long cheminement s’en suit. Épaulé par Gilles Benoît Leblanc, travailleur social, Michel Courtemanche réussit à mettre fin à sa dépendance. «Le premier deux ans, je me retenais pour ne pas consommer. Aujourd’hui, c’est pas mal moins difficile. C’est la bipolarité qui pose plus de problèmes.»

Question de démystifier la maladie, il fait l’inventaire de ses médicaments, qu’il appelle «ses outils mécaniques», devant la caméra de Guy Boutin, qui signe la réalisation du documentaire. Ce «cocktail», composé de six produits, l’aide aujourd’hui à mieux contrôler ses sautes d’humeur. Et même si on ne guérit pas d’une maladie comme la bipolarité, l’humoriste tient toutefois à envoyer un message d’espoir en démontrant que l’on peut «gérer» une telle condition et vivre heureux.

«Je suis un homme très heureux, mais c’est seulement mon char qui marche mal. Ça m’aura pris du temps à en comprendre la mécanique, mais maintenant je suis capable de bien le conduire», a-t-il rigolé.

En ce qui concerne l’avenir, Michel Courtemanche demeure positif et ouvert. «Je souhaite regarder en avant, travailler, m’amuser et prendre la vie comme elle vient». Et si au terme du premier épisode du documentaire, intitulé La rançon de la gloire, un doute plane quant à un possible retour sur scène, l’humoriste est toutefois catégorique. «La scène, je ne suis plus capable.»

Il n’en demeure pas moins actif. «Le plus difficile, c’est de faire semblant que tout va bien devant les gens. Quand on n’est pas en direct sur scène, c’est moins stressant», a-t-il dit en faisant référence à sa participation au Bye Bye 2010. Ayant confirmé sa collaboration au prochain Bye Bye, il espère qu’on n’enregistrera pas devant public comme l’an dernier, ce qui lui avait causé «une semaine d’angoisse et de panique».

C’est ainsi qu’il souhaite poursuivre sa carrière, préférant jouer le rôle de metteur en scène et de comédien plutôt que celui d’humoriste sur scène.

Le documentaire L’homme qui faisait des grimaces sera diffusé en deux temps les lundis 17 et 24 octobre, à 23 h, à Canal Vie.

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