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Agence QMI
Festival des films du monde - Rencontre avec Catherine Deneuve
© ÉRIC CARRIÈRE AGENCE QMI
Catherine Deneuve

FESTIVAL DES FILMS DU MONDE

Rencontre avec Catherine Deneuve

Jean-François Cyr
27-08-2011 | 14h40

MONTRÉAL – L'icône du cinéma français Catherine Deneuve, de passage à Montréal, s’est dite honorée samedi de recevoir le Grand Prix spécial des Amériques du Festival des films du monde, soulignant l'ampleur de son talent mis à profit dans une multitude d’œuvres depuis les années 1950.

«À cet honneur, je réagis par ma présence, a-t-elle ironisé en conférence de presse. Je suis touchée, contente. C’est vrai que les honneurs ne sont pas quelque chose qui me transporte particulièrement. J’étais heureuse de venir à Montréal, où j’ai déjà travaillé. C’est une ville que j’aime beaucoup. Je suis ravie d’être parmi vous, mais je n’ai pas l’impression d’avoir une couronne sur la tête!»

Questionnée par des admirateurs et des journalistes au sujet de son travail colossal dans le monde du septième art, l'actrice s'est généreusement livrée à eux durant quasiment une heure.

«Les réalisateurs Bunuel et Polanski, par exemple, ne sont pas seulement des metteurs en scène importants par leur talent, ce sont des directeurs d’acteurs, a-t-elle dit. C’est quelque chose de majeur pour moi, que d’avoir eu la chance de travailler avec eux très jeune, de ne pas avoir été très formée, de ne pas avoir eu trop d’idées préconçues sur les choses. C’est un privilège pour une actrice quand elle est jeune de pouvoir évoluer auprès de grands réalisateurs. Pour moi, je sais que ç’a été capital.»

Catherine Deneuve a par ailleurs souligné l’importance de certains films dans sa vie, dont Dancing in the Dark, du cinéaste Lars Von Trier, Belle de jour, de Luis Bunuel, Indochine, de Régis Wargnier, ou encore Les parapluies de Cherbourg (présenté jeudi à 20 h 30 lors du Festival), ce film musical franco-allemand du réalisateur Jacques Demy, qui a connu un succès phénoménal depuis sa sortie en 1964.

«Quand j’ai rencontré Jacques, j’avais 17 ans et demi, a relaté Mme Deneuve. J’ai tourné le film juste après avoir eu mon fils.Les parapluies de Cherbourg était un projet très original, puisqu’entièrement chanté. Il a été assez difficile à faire. Mais c’était un tournage merveilleux. Tourner en musique c’est très porteur pour les acteurs et même pour l’équipe.»

«On n’imaginait pas l’impact que le film aurait. Il a pris beaucoup d’importance avec le temps. Il a gagné beaucoup à survivre à ces 40 dernières années. C’est un film qui reste et restera. Aujourd’hui, pour les jeunes cinéastes, c’est une œuvre de référence. Je suis donc très fière d’avoir participé à cette aventure.»

D’autre part, Catherine Deneuve a indiqué qu’elle prendra quelque temps avant de se relancer dans un autre tournage, au moins quelques mois.

«J’ai des projets qui ne sont pas encore finalisés, a-t-elle expliqué. Donc je ne suis pas sûre de tourner d’ici la fin de l’année. Ça me laisse du temps pour beaucoup de choses, pour faire des projets avec des gens impliqués socialement, que ce soit Amnesty International ou encore pour des sujets sensibles comme de la peine de mort.»

Le film qui sera projeté en clôture du Festival sera Les yeux de sa mère(2011), du réalisateur Thierry Klifa, dans lequel joue Catherine Deneuve.

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