THE DEVIL’S DOUBLEDominic Cooper entre maniaque et victimeIsabelle Hontebeyrie 07-08-2011 | 04h07
Bagdad, dans les années 1980. Saddam Hussein règne sur l’Irak d’une main de fer. Son aîné, Uday, est un fou. Pour se protéger et se faire remplacer lors de certaines apparitions publiques, il embauche (sous la menace de s’en prendre à sa famille) un ancien condisciple, Latif Yahia. Ce soldat, dévoué à sa patrie, sera son sosie. C’est ce double rôle qui a séduit Dominic Cooper, qu’on vient de voir dans Capitaine America en Howard Stark, papa du futur Iron Man. «J’aime les défis» a-t-il expliqué en entrevue à l’Agence QMI. «Les personnages que j’incarne ne possèdent pas nécessairement de points communs entre eux, c’est le challenge qui m’intéresse», a dit celui qu’on avait remarqué en 2008 dans... la comédie musicale Mamma Mia! et qui donnait la réplique à Amanda Seyfried et Meryl Streep. Des souffrances inimaginables... Tiré de l’ouvrage autobiographique écrit par Latif Yahia, The Devil’s Double, qui prend l’affiche le 5 août au Québec, est réalisé par Lee Tamahori. «Ce n’est pas une biographie exhaustive», de préciser l’acteur. «Nous avons pris des libertés, notamment dans le traitement visuel et dans les événements présentés. En fait, plusieurs choses ont été atténuées, sinon le public n’y aurait pas cru.» Car, dans l’entourage de Saddam Hussein, les filles, les clubs, la drogue, la torture et le luxe abondent. «Uday Hussein était un maniaque, un fou. Je n’avais aucune affinité avec le personnage, ce qui a été un problème au début. Mais j’ai ensuite trouvé sa clé: ses relations avec son père. Je pense que Saddam Hussein le méprisait, lui en voulait de ne pas être à la hauteur. Ça n’excuse pas ce qu’il a fait, mais ça l’explique.» À l’opposé du spectre se trouve Latif Yahia, plongé à son corps défendant dans cet univers de corruption, de violence, de trahison et d’illusion. Dominic Cooper, qui a rencontré l’homme pendant le tournage s’est contenté de lui demander des précisions techniques et d’adopter certaines de ses mimiques et de ses postures. «Il porte encore les cicatrices physiques et mentales de cette épreuve», a confié l’acteur. «Je ne pouvais pas lui poser de questions trop précises sur les horreurs qu’il a vécues.» Pour que le public puisse trouver ses repères en regardant The Devil’s Double, l’acteur et le réalisateur ont imaginé des différences physiques subtiles entre les deux hommes. De plus, compte tenu de la courte durée du tournage (une cinquantaine de jours en février et mars 2010 en Angleterre en à Malte) et d’un budget restreint, il fallait que la transformation de Dominic Cooper en l’un ou l’autre des deux hommes ne prenne pas de temps. «Pour Uday, je porte de fausses dents et quelques prothèses, dont une pour le nez. De plus, j’ai modifié mon débit de paroles pour renforcer son côté complètement fou.» Et le comédien conserve un souvenir exceptionnel du tournage, soulignant le fait que c’est la première fois qu’il participait «autant au processus créatif d’un long métrage.» The Devil’s Double de Lee Tamahori avec Dominic Cooper et Ludivine Sagnier est présenté le 31 juillet dans le cadre du Festival Fantasia à Montréal avant de prendre l’affiche le 5 août 2011. |