HÉROS MALGRÉ LUIRobert Pattinson - La rage de vivre14-03-2010 | 04h00
Robert Pattinson admet qu’il était dans le déni lorsqu’il a accepté de jouer dans La rage de vivre, un film d’amour tragique et rebelle. Oui, Twilight venait de sortir. Mais l’acteur de 23 ans (reconnu par des hordes d’admiratrices comme le vampire idole Edward Cullen) croyait qu’il pouvait mettre tout cela de côté et se préparer à jouer son rôle d’étudiant newyorkais instable comme dans le bon vieux temps. «Avant d’arriver à New York, je croyais que ce serait très facile, que je pourrais me promener dehors et repiquer les manies des New Yorkais, raconte l’acteur britannique débonnaire à la chevelure rebelle. Bien sûr, tout cela a tourné en cirque, bien plus que ce à quoi je m’attendais.» Et cela ne pouvait qu’empirer. La saga Twilight:Tentation prenait l’affiche au moment même où commençait le tournage du film indépendant dont la trame ressemble à celle de La Fureur de vivre.
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«Au début, cela me rendait fou, évoque Pattinson. Surtout pour un personnage qui est censé être perdu et chercher quelque chose et qu’il ne peut regarder devant lui parce que, tout à coup, les obturateurs se mettent à crépiter. À moitié chemin, j’ai eu une révélation : j’ai appris à me fermer aux choses extérieures.» Mais un jour, le réalisateur Allen Coulter a, quant à lui, perdu son calme. «Il y a eu ce fameux jour sur le perron, lors d’une scène tranquille et tendre (entre Pattinson et de Ravin)», relate Allen Coulter. «La lumière du jour baissait et les paparazzi étaient frustrés parce qu’ils n’avaient pas pu prendre une bonne photo de toute la journée. Nous mettions des affiches leur demandant de respecter notre intimité, mais les paparazzi ont l’impression que la rue leur appartient. Nous avions beaucoup de pression, nous nous dépêchions pour tourner avant la fin du jour, et ils ont décidé de prendre des clichés en même temps que nous tournions. C’est la seule occasion où je me suis mis en colère. J’ai été très bref et ils ont cessé aussitôt. Mais tout le tournage du film a été difficile à cause de cela.»
UN HÉROS BLESSÉTyler Hawkins, le personnage de Pattinson dans La rage de vivre, est déchiré entre le deuil de son frère qui s’est suicidé, le ressentiment qu’il éprouve envers son père, un administrateur impassible (Pierce Brosnan), et ses affrontements avec le père de sa petite amie, un policier (Chris Cooper). Est-ce devenu pour lui une routine que de jouer les héros blessés et déprimés ? «Je ne sais pas. Peut-être suis-je moi-même blessé et déprimé», répond-il. Avant de reprendre : «Mais non, je ne le suis pas ! On fait de petits pas, en quelque sorte.» Selon lui, le film La rage de vivre était intéressant. Mais plus encore, il était pratique. «J’ai lu le scénario après le premier film de la saga Twilight et il m’a plu tout de suite. L’occasion s’est présentée entre le second et le troisième film, ce qui est en réalité un court laps de temps. Ce n’est pas tous les films qui peuvent être tournés en si peu de temps, et celui-là était parfait.» Robert Pattinson est aujourd’hui une personne posée. Il se souvient affectueusement du rôle qu’il a joué avant Twilight, celui du jeune Salvador Dali dans le film Little Ashes. «J’ai fait ce tournage avant Twilight, mais le film a été vu à travers ce prisme. Quand je l’ai tourné, je ne croyais pas qu’il serait vu par grand-monde et c’est un point de vue très différent, car on n’a pas peur d’expérimenter.» |