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Pierre Falardeau - Vaincu par le cancer
© Agence QMI
Pierre Falardeau.

PIERRE FALARDEAU

Vaincu par le cancer

Taïeb Moalla & Kathleen Frenette
27-09-2009 | 06h47

Adulé par les uns et détesté par les autres, le coloré cinéaste et polémiste indépendantiste Pierre Falardeau est mort d'un cancer des os, vendredi soir, à Montréal, à l'âge de 62 ans.

M. Falardeau a rendu l'âme à 23 h 17 au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), où il s'était présenté le jour même en début d'après-midi.

Selon un communiqué de presse publié par le CHUM, le défunt était entouré des siens (sa conjointe, Manon Leriche, et ses enfants, Jules, Hélène et Jérémie) au moment de son décès.

Un proche de M. Falardeau l'a décrit comme «extrêmement discret et prude autour de la maladie» qui le rongeait depuis deux ans. «À l'exception des dernières semaines où on ne le voyait plus, il était resté très présent au cours de nos manifestations. Pierre était très demandé pour des conférences, surtout auprès des jeunes.»

Dans sa livraison du 4 septembre, le Journal a recueilli la dernière sortie publique de Pierre Falardeau.

Interrogé sur son éventuelle présence au Moulin à paroles, il avait répondu dans son style fort caractéristique: «J'y serais allé là avec grand plaisir parce que je suis content que quelqu'un fasse quelque chose. Je vais laisser la chance à d'autres. Je suis malade comme un esti de chien, mais je suis encore capable d'en faire chier une couple.»

Un homme libre

Preuve de la place prépondérante de Pierre Falardeau dans l'imaginaire collectif québécois, une de ses oeuvres a été lue - par l'acteur Luc Picard - pendant le dit Moulin à paroles, qui regroupait 160 textes significatifs sur l'histoire du Québec.

Sa lettre à son fils Jérémie, écrite au moment du référendum de 1995, fut d'ailleurs un des moments forts de l'activité. «Dans quinze ou vingt ans, tu liras peut-être cette lettre, disait-il à son enfant. À ce moment-là, ton père sera devenu un vieil homme. Vainqueur ou vaincu, peu importe. Au moins, tu sauras qu'il n'a pas reculé, qu'il n'a pas courbé la tête, qu'il ne s'est pas écrasé bêtement par paresse ou par lâcheté. Tu sauras qu'il s'est battu pour la cause de la liberté comme tu devras te battre à ton tour. C'est la loi des hommes, c'est la loi de la vie.»

Pierre Falardeau laisse derrière lui une oeuvre cinématographique marquante avec Octobre, 15 février 1839 et les incontournables films (et séries) Elvis Gratton, notamment.

Un polémiste

Par ailleurs, la vie de l'anthropologue et fin connaisseur de l'histoire du Québec a été marquée par d'innombrables polémiques. Il n'hésitait jamais à tenir des propos extrêmement durs et violents envers les forces fédéralistes, qu'il abhorrait.

Un des derniers combats de M. Falardeau a porté sur la reconstitution avortée de la bataille des plaines d'Abraham. Début 2009, le pamphlétaire avait promis de lutter «par tous les moyens possibles» contre ce projet qu'il jugeait insultant pour la mémoire des Québécois.

Même si Falardeau détestait les honneurs, une soirée hommage à l'homme et à son oeuvre aura lieu le 11 octobre à Montréal. Elle sera organisée par le Mouvement souverainiste du Québec.

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