LES DOIGTS CROCHESLa mémoire encore fraîchepar Cédric Bélanger Le Journal de Québec 25-07-2009 | 04h00
«La première fois que je l’ai regardé, je ne faisais que me rappeler les trucs qu’on avait faits à chaque endroit où nous avions tourné. Je me rappelais les hôtels où on avait logé et même, à la limite, ce qu’on avait mangé. C’est plaisant parce que tu fais un voyage en dehors de circuits touristiques. Nous étions dans des lieux où je ne serais jamais allé autrement», se rappelle l’interprète de Donald, le grand sensible du quintette de bandits.
LES INVINCIBLESDifficile de converser avec Patrice Robitaille sans lui glisser un mot sur la troisième et ultime saison des Invincibles. En vacances pendant la diffusion du dernier épisode, celui qui incarnait Steve a vécu à distance la frénésie entourant la mort de Lyne-la-pas- fine. «C’est beau de voir que l’intérêt a été grandissant au fil des saisons. Il y avait un attachement. Moi, je suis zéro truc comme Facebook. Mais à quelques occasions, je suis allé regarder le forum de discussion. Les gens prenaient part à l’aventure. Il y avait comme un feeling presque communautaire. C’est comme si les téléspectateurs étaient devenus actionnaires de la série», s’enflamme Robitaille, qui ne croit cependant pas à une suite des Invincibles. «Je préfère que ça reste comme ça. Une suite ne pourrait que décevoir. Non pas que je n’ai pas confiance aux gars, mais on a tellement tendance à embellir le passé. On serait mieux de revenir avec autre chose de complètement différent.»
Faire à sa tête«À mon âge, ma vie est maintenant basée sur un principe: je ne fais que ce que j’aime. J’ai refusé des propositions au cinéma. Je ne me force pas pour me faire aimer.» Paolo Noël a 80 ans. Le chanteur et comédien ne s’est jamais gêné pour dire ce qu’il pensait et ce n’est pas à son âge qu’il s’arrêtera. «Parfois, ça m’a nui de dire tout haut ce que je pensais, mais je suis fait comme ça. S’il y en a qui ne sont pas contents, tant pis!», ajoute le chanteur.
LES DOIGTS CROCHES
Le 31 juillet, les fans du chanteur le retrouveront au cinéma alors qu’il incarnera Eddy, «un parrain cheap du Faubourg à m’lasse à Montréal». «C’est Eddy qui a entraîné les autres, les jeunes, à voler», précise Paolo Noël. Le film raconte l’histoire de petits bandits qui doivent récupérer l’argent qu’ils se sont fait eux-mêmes voler. La condition: qu’ils empruntent le chemin de Compostelle. En vedette avec Noël, Roy Dupuis, Claude Legault, Patrice Robitaille et Jean-Pierre Bergeron. «C’est toute une nouvelle génération de vedettes que j’ai découvertes en participant à ce film. Ils ont tous été gentils avec moi. Ils me traitaient comme si j’étais leur grand-père. Un moment donné, je leur ai dit: 'Arrêtez-vous, là!'», raconte Noël.
UNE CONDITIONPour participer à ce film, Paolo Noël a eu une exigence : que sa femme, Diane, soit présente pendant le tournage. «J’ai dit au producteur: 'Ma femme m’a assez attendu toute sa vie. C’est moi, maintenant, qui veux l’avoir avec moi'», explique Noël. Et la production a accepté la demande du chanteur et comédien. S’il a adoré jouer dans ce film, Paolo Noël mentionne qu’il n’a pas chômé lorsque le tournage s’est notamment déplacé en Argentine. «On se levait à quatre heures du matin et on revenait tard le soir. Je n’ai pas trop vu de monde danser le tango», se rappelle le comédien. Paolo Noël avoue qu’il a d’autres projets de cinéma, mais il refuse d’en parler pour le moment. «Quand j’ai fait Omertà, le tournage avait été retardé. Maintenant, je me ferme la boîte tant que tout n’est pas signé ou que rien n’a débuté», conclut le comédien.
Un retour au bercailLe tournage des Doigts croches a marqué le retour devant une caméra québécoise de Jean-Pierre Bergeron, qui gagne sa croûte depuis quelques années sous le chaud soleil de la Californie. Celui qu’on a connu dans la Belle Province pour ses rôles dans Matusalem, L’assassin jouait du trombone et Sur le seuil, au cinéma, de même que dans Omertà, Montréal PQ et La chambre numéro 13, à la télé, a tourné principalement aux États-Unis depuis 2003. On l’a vu dans The Young and the Restless, dans Alias et dans plusieurs téléfilms.
Tout cela, grâce à un petit rôle tenu dans Free Money, film américain tourné à Cowansville, en 1998, par Yves Simoneau. «J’étais l’assistant-schizophrène de Marlon Brando dans le film. Ce rôle a contribué m’ouvrir des portes aux États-Unis. J’ai suivi des cours de diction pour avoir l’accent américain parce que je ne voulais pas seulement jouer des rôles de Français de France. Ça m’a permis finalement de pouvoir jouer des personnages américains», raconte l’acteur, qui a aussi appris divers autres accents, histoire d’élargir ses possibilités d’obtenir des rôles dans la capitale du cinéma américain.
AUCUNE CRAINTE D’ÊTRE OUBLIÉMalgré une carrière en plein essor aux États-Unis, Jean-Pierre Bergeron a été enchanté de se faire proposer le rôle d’Isidore, l’un des cinq bandits du film de Ken Scott. «J’ai été très touché de travailler avec la nouvelle génération. Des gars comme Ken, Patrice et Claude commençaient à faire leur marque quand je suis parti à Los Angeles. Je suis vraiment touché qu’ils m’intègrent», dit celui qui n’a jamais eu peur d’être oublié par les Québécois. «Ça ne m’a jamais inquiété. À une certaine époque, j’étais beaucoup au théâtre, à la télévision et au cinéma. C’est sûr que je n’ai pas le temps de tout faire ça maintenant parce que je joue à Los Angeles et que j’écris aussi dans les deux langues. Mais j’ai toujours été certain que j’aurais une place au Québec. Et j’ai toujours su que cette place serait moins grande si j’étais moins disponible.» |