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Valentino - L’extravagance d’un couturier
© Acolyte Films

VALENTINO

L’extravagance d’un couturier

par Marie-Joëlle Parent
Sun
19-07-2009 | 16h00
Le dernier grand maître de la haute couture a tiré sa révérence.

Le documentaire Valentino: The Last Emperor nous amène dans les coulisses de cet univers de glamour et de paillettes avec, comme trame de fond, une histoire d’amour sans pareille.

Ce film, c’est du bonbon pour les yeux et pas que pour les fans de mode. Il s’agit avant tout d’une incursion dans un monde d’un luxe inouï, celui de la haute couture, peuplé de doigts de fée qui créent des robes à 100 000$. Un monde voué à disparaître.

«J’aime les belles femmes, les beaux chiens, les beaux meubles, j’aime la beauté, ce n’est pas de ma faute», confie le couturier italien de 77 ans à la caméra de Matt Tyrnauer, de Vanity Fair, qui signe là son premier documentaire.

Il y a cinq ans, il a été mandaté par le magazine pour écrire un portrait sur Valentino et son complice Giancarlo Giammetti, qui gère tant les sautes d’humeur du Maestro que l’entreprise. Tyrnauer a découvert une dynamique de couple peu conventionnelle et une histoire d’amour touchante.

«Je leur ai tout simplement demandé s’ils accepteraient que je fasse un film sur eux, leurs vies transcendaient un simple portrait écrit», explique le reporter.

Valentino a créé sa maison de haute couture en 1962. Il est vite devenu le chouchou de Jackie Kennedy, des princesses, des comtesses et des reines du grand écran. Il s’est retiré en 2007, lorsque la compagnie a été achetée. Valentino était le dernier couturier à la tête d’une maison qui porte son nom.

TRAIN DE VIE HORS NORMES

Matt Tyrnauer a eu un accès sans précédent à l’univers de Valentino. De juin 2005 à juillet 2007, il a filmé près de 270 heures de matériel. Un DVD sortira d’ailleurs le 8 septembre avec plusieurs extras. Matt Tyrnauer nous fait découvrir le train de vie princier de Valentino, qui n’a pas son pareil en Europe. Le yacht de 152 pieds du couturier est tapissé de peintures de Warhol à son effigie.

Sa maison de Londres abrite cinq Picasso. Il a aussi des propriétés à Rome, un château du XVIIe siècle à Paris, un domaine à Gstaad, en Suisse, un autre en Toscane et un appartement luxueux à New York.

Il voyage toujours avec ses cinq chiens Carlin qui ont chacun leur siège dans son jet privé. Valentino sait aussi s’entourer: quand il décide de recevoir à dîner, ce sont Gwyneth Paltrow, Anna Wintour, Madonna et son ami Karl Lagerfeld qui débarquent. Dans une des scènes du film, Lagerfeld vient féliciter Valentino en coulisse après un défilé.

«C’est comme ça que ça doit être fait, à part nous deux, tous les autres font des torchons» lui souffle-t-il à l’oreille.

Comme personnage principal, Tyrnauer ne pouvait rêver mieux. Le teint bronzé, les cheveux parfaitement coiffés, l’impatience d’un monarque, Valentino est une caricature sur pattes. Avec son calme légendaire, son copain Giancarlo Giammetti est quant à lui la surprise du film.

Les deux hommes se sont rencontrés dans un café de Rome, le Via Vento, en 1960. Giammetti a abandonné ses études d’architecture pour lancer la carrière de Valentino. Valentino lui doit beaucoup. «Je suis bon pour créer des robes, je suis un désastre dans tous les autres domaines» avoue Valentino.

Les deux se complètent à merveille. En 50 ans, ils n’ont été séparés que 60 jours.

LE FILM A FAILLI NE PAS SORTIR

Travailler avec Valentino n’est cependant pas de tout repos. Le contrôle du montage final fut compliqué. «C’est un couple control freak, depuis un demi-siècle ils ont le plein contrôle de leur empire».

Après un an de débats interminable, ils ont finalement accepté. Résultat: on assiste au meilleur comme au pire.

À deux reprises, Valentino pète les plombs devant la caméra, entre autres parce qu’il trouve qu’on ne lui donne pas assez d’attention. Le jour de la projection privée, Valentino a détesté chaque scène du film. Pourtant, le portrait est très flatteur.

«Valentino aime le drame, il est très italien en ce sens. Il a tout essayé pour que je change le film, j’ai tenu mon bout». Une bataille de six mois a suivi. Ils ont menacé de se retirer du projet et de ne pas venir à la première, au Festival du film de Venise, mais se sont finalement présentés.

À la fin de la première, les 1600 spectateurs étaient debout, Valentino était en larmes et il a fait la paix avec Tyrnauer. Le cinéaste et le créateur ont maintenant une bonne relation. On lui a raconté que Valentino était retourné voir le film en cachette, l’été dernier, dans un cinéma de New York. «Il a même payé son billet 12$!»

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