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OSS 117: Rio ne répond plus - Jean Dujardin: Le goût du risque
© TVA Films
Jean Dujardin

OSS 117: RIO NE RÉPOND PLUS

Jean Dujardin: Le goût du risque

par Serge Drouin
Le Journal de Québec
19-07-2009 | 04h00
Trois ans après la sortie du film OSS 117: Le Caire, nid d’espions, le comédien français Jean Dujardin reprend le rôle de cet agent secret, véritable pastiche de James Bond. À compter du 24 juillet, OSS 117 se retrouve à Rio, où il se lance à la recherche d’un microfilm compromettant pour l’État français.

Ce second film, intitulé OSS 117: Rio ne répond plus, réalisé par Michel Hazanavicius, prendra l’affiche dans tout le Québec le 24 juillet. Entrevues avec Jean Dujardin et le réalisateur Michel Hazanavicius.

À CONSULTER
Le comédien français Jean Dujardin n’est pas friand des suites au cinéma. Pourtant, il ne s’est pas fait tirer l’oreille lorsque le réalisateur Michel Hazanavicius lui a proposé de se glisser de nouveau dans la peau de l’agent OSS 117.

«C’est vrai qu’a priori, je n’aime pas les suites, mais lorsqu’on m’a offert de jouer à nouveau OSS 117, j’ai tout de suite accepté, car j’ai vu qu’il y avait des possibilités de lui faire vivre de nouvelles aventures. Nous n’étions pas allés au bout avec ce personnage dans le premier film. J’ai aimé le tempo de l’écriture des scénaristes. Dans cette nouvelle aventure, tout le monde a pris des risques. Il ne fallait pas répéter ce que nous avions fait dans le premier film», dit Jean Dujardin, en entrevue.

DU TRAVAIL

Pour incarner son agent des services secrets français, Jean Dujardin admet qu’il a bossé fort. «J’arrive toujours préparé sur un plateau de tournage. Je sais mon texte. Je peux lire et relire le texte 450 fois dans ma chambre, à voix haute. Ce n’est pas que je sois meilleur qu’un autre; c’est plutôt pour calmer mes angoisses que je travaille de cette façon», note-t-il au passage.

OSS 117: Rio ne répond plus a demandé à Jean Dujardin d’exécuter plusieurs cascades. Il a réalisé 80% d’entre elles. «Je fais toutes les cascades, dans la mesure où je ne me blesse pas. Il faut faire attention. Pour ce film, je me suis mis au catch. Pour mon prochain film (Lucky Luke), j’ai fait de nombreuses heures d’équitation», explique le comédien.

LA GLOIRE

Jean Dujardin est actuellement l’un des comédiens les plus adulés de France. Ses personnages dans Brice de Nice et 99 francs, ou encore son interprétation de Jean, alias Loulou, dans l’adaptation française de Un gars, une fille, en ont fait un comédien chouchou du public français.

Un sondage a même révélé qu’il était le comédien auquel les Français voudraient le plus ressembler. D’emblée, on le compare à Jean-Paul Belmondo. Toutes ces conséquences de la gloire font sourire l’acteur.

«Je ne suis pas un nouveau Jean- Paul Belmondo. On se voit de temps à autre. Nous sommes amis. Il n’y a qu’un seul Belmondo. On n’a pas besoin d’un deuxième», dit-il. Quant aux sondages sur sa popularité, Dujardin dit qu’il ne faut pas les croire. «Il faut faire son métier avec tout le sérieux qu’il commande», dit-il.

SUR LE TAS

À propos de métier, Jean Dujardin l’a appris sur le tas. Il n’a pas fait d’école dramatique. «Je n’aimais pas l’école. Je ne voulais certes pas aller à l’école pour qu’on me montre à jouer.»

C’est lorsqu’il a fait partie de l’armée qu’il s’est découvert un talent d’humoriste. Par la suite, il a fait le tour des bars pour y présenter des spectacles.

«La chance, le timing et le travail ont fait le reste», termine celui que l’on verra dans la peau de Lucky Luke en décembre. Il reviendra peut-être nous voir à cette occasion.

«J’ai maintenant des amis au Québec (dont Stéphane Rousseau et Guy A. Lepage). Ça me donnerait aussi l’occasion de venir voir votre hiver.» L’été, il le passera avec sa femme, Alexandra Lamy (qu’il a connue sur le plateau de Un gars, une fille), et ses deux enfants.

Un travail d’équipe

C’est parce qu’il avait le goût de travailler de nouveau avec la même équipe que le réalisateur Michel Hazanavicius a décidé de faire revivre l’agent secret OSS 117.

«Avant de tourner cette suite, je devais faire un autre film, mais ce projet est tombé à l’eau. Je me suis alors dit qu’il était temps plus que jamais de donner un autre opus à cet agent secret, dit Hazanavicius en entrevue. Je voulais retrouver le plaisir que nous avions eu toute l’équipe lors du tournage du premier long-métrage».

Hazanavicius souhaitait amener son personnage ailleurs. «Il fallait que ce second volet soit plein de clichés et comporte de nombreuses références à des films de Hitchcock, à Sean Connery, à ces vieux films doublés en français. OSS est macho, misogyne. Il a des préjugés contre tout».

Si, règle générale, ce sont les réalisateurs qui choisissent les acteurs des films qu’ils tournent, il en a été autrement pour OSS 117. Avant même qu’Hazanavicius n’arrive dans le projet, les producteurs du film avaient choisi Jean Dujardin dans le rôle du héros.

«Quand une telle situation se produit, il faut s’arranger pour ne pas se faire vampiriser par le cast. Heureusement, Jean et moi avons eu une relation amicale, respectueuse. Je suis content de la façon dont il travaille.»

TROIS DE MOIS DE TRAVAIL

OSS 117: Rio ne répond plus a nécessité 60 jours de tournage répartis sur trois mois. «Même si nous avons tourné à Rio et qu’il a fallu tourner avec des équipes de là-bas, tout s’est bien déroulé. Il n’y a rien qui ressemble le plus à une équipe de cinéma qu’une autre équipe de cinéma», dit le réalisateur.

Michel Hazanavicius ne sait pas s’il y aura un autre film pour son célèbre agent secret français. «S’il y a un troisième volet, l’important sera de retrouver la fraîcheur du personnage. Ce ne sera pas avant quelques années», dit celui qui planche actuellement sur un film qui risque d’en surprendre plusieurs, puisqu’il sera muet.

«Ça fait longtemps que j’ai le fantasme d’écrire un film muet», termine-t-il.

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