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Tournages américains au Québec - Une loi défavorable
© Photo d'archives Le Journal de Montréal
Christine St-Pierre veut faciliter la venue de tournages américains, mais sa manière de faire ne plaît pas à tous.

TOURNAGES AMÉRICAINS AU QUÉBEC

Une loi défavorable

Michelle Coudé-Lord
Le Journal de Montréal
05-06-2009 | 11h05

Plusieurs acteurs du milieu de la scène et du disque, dont l'ADISQ, ne sont pas contre les gros tournages américains au Québec. Au contraire. Mais ils ne veulent pas en faire les frais.

Et ce serait le cas selon eux si le gouvernement Charest change la loi du statut de l'artiste. On demande le retrait du projet de loi 32, ce que refuse Québec.

La ministre St-Pierre a dit hier qu'elle ne reculera pas. Elle est prête à écouter, mais elle veut que les Américains reviennent tourner au Québec.

«Nous, on veut ravoir des tournages américains au Québec. Ce règlement est la solution. Cette loi est nécessaire. Et on ne croit pas que cela crée le chaos annoncé», a indiqué au Journal Valérie Rodrigue, attachée de presse de la ministre St-Pierre.

Hier, les représentants d'associations, de théâtre, des arts de la scène, du disque, des producteurs et des diffuseurs ont dénoncé «le chaos que créerait cette nouvelle loi du statut de l'artiste, qui répond aux nouveaux besoins du cinéma, certes, mais affecte les autres secteurs. On ne fait pas partie du problème, donc, pourquoi nous impliquer dans la solution? En voulant régler un problème, on en crée d'autres ailleurs», indiquait au Journal Solange Drouin, qui participera à la commission parlementaire sur ce projet de loi aujourd'hui à Québec.

Terre syndicale

Le problème est complexe. On parle ici de territoire syndical. Les producteurs américains se sentaient pris en otages par des batailles syndicales entre deux associations de techniciens du Québec.

Après des mois de négociations, l'Alliance québécoise des techniciens de l'image et du son et l'Alliance internationale des employés de la scène et autres métiers connexes, aux États-Unis, se sont entendues. Pour arriver à cette paix souhaitée par les producteurs américains, qui boudent le Québec depuis deux ans, il a fallu ajuster cette loi du statut de l'artiste.

Or, les autres membres du milieu de la scène croient que ces nouvelles procédures, qui identifient entre autres 200 postes, créeront des problèmes énormes avec les travailleurs autonomes, qui changent les règles et les conditions actuelles de travail.

Autre inquiétude du côté des diffuseurs d'événements: une augmentation du prix des billets de spectacles.

«Les demandes des travailleurs risquent de changer à cause de ces nouvelles accréditations syndicales. Pour régler le problème du cinéma, on fait mal ailleurs», de dire Colette Brouillé, directrice générale du Réseau indépendant des diffuseurs d'événements artistiques unis (RIDEAU).

Les Américains

Pendant ce temps, dans les studios Mel's, le grand patron, Michel Trudel, qui fut le premier à initier les tournages américains au Québec, a devant lui des possibilités de tournage et du travail pour les techniciens d'ici.

«Les Américains veulent la paix syndicale. Si on ne règle pas nos problèmes, ils ne viendront plus. Le gouvernement choisit l'emploi et de faire rouler l'économie», confie-t-il. La ministre sait que le temps presse et veut faire adopter sa nouvelle loi sur le statut de l'artiste en juin.

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