CANNESHaneke présente Le Ruban blanc21-05-2009 | 11h47
Le réalisateur autrichien a déjà obtenu le Grand Prix en 2001 pour La Pianiste avec Isabelle Huppert - qui préside le jury cette année - et le Prix de la mise en scène en 2005 pour Caché avec Daniel Auteuil et Juliette Binoche. Il campe Le Ruban blanc dans un village du nord de l'Allemagne, à la veille de la Première Guerre mondiale. Dans cette communauté protestante, les enfants de la chorale et leur famille sont confrontés à des accidents étranges. Les incidents prennent une tournure qui s'apparente peu à peu à un rituel punitif. C'est la cinquième fois que Michael Haneke participe au festival de Cannes. Xavier Giannoli n'est pas, lui non plus, un nouveau venu. Il avait présenté il y a trois ans en compétition Quand j'étais chanteur avec Gérard Depardieu et il avait remporté la Palme d'or du court métrage en 1998 pour L'Interview. Il a eu l'idée de son nouveau film, À l'origine, en lisant un fait divers dans un journal. L'article «racontait l'histoire d'un petit escroc qui a construit une autoroute au milieu d'un champ», explique le réalisateur. «Je ne sais pas pourquoi ça m'a autant intéressé, amusé, touché, excité.» Quoi qu'il en soit, Xavier Giannoli a mené son enquête. Il a rencontré le juge chargé de l'instruction de cette affaire. Et il a rendu visite en prison au principal protagoniste. A partir de cela, il a écrit son scénario. «En ce moment, on parle beaucoup des patrons voyous. Et moi, je raconte l'histoire d'un voyou qui devient patron», s'amuse-t-il en s'empressant d'ajouter que «ce n'est pas un film d'actualité sur la crise». François Cluzet, qui tient le rôle principal, souligne que cet escroc qui s'improvise chef de chantier se transforme peu à peu, d'une part au contact des ouvriers à qui il va fournir du travail mais aussi et surtout par son histoire d'amour avec la mairesse de la localité, interprétée par Emmanuelle Devos. Xavier Giannoli remarque que, dans l'histoire du cinéma, beaucoup de films décrivent comment un homme éveille une femme. À l'inverse, À l'origine», dit-il, «c'est l'histoire d'une femme qui révèle un homme». Ce film de deux heures et demie est le troisième long métrage français en lice pour la Palme d'or, après Un prophète de Jacques Audiard et Les Herbes folles d'Alain Resnais. Au dixième jour et avant-dernier de la compétition, les festivaliers pourront découvrir ce vendredi Soudain le vide du Français Gaspar Noé et Le Temps qu'il reste de l'Arabe israélien Elia Suleiman, qui étaient tous deux en compétition en 2002. Le premier avait choqué la Croisette avec son violent Irréversible. Le second avait reçu le Prix du jury pour son Intervention divine sur l'histoire d'amour entre un Palestinien de Jérusalem-Est et une Palestinienne de Ramallah. |