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PRODUCTEUR QUÉBÉCOIS

Les règles de nationalité contestées

Cédric Bélanger
Le Journal de Québec
18-05-2009 | 08h34

CANNES | Des producteurs indépendants de cinéma québécois réclament un assouplissement des règles canadiennes et la création d'un fonds d'au moins 12 millions de dollars pour la coproduction internationale.

Les accords de coproduction actuels avec les pays étrangers sont trop contraignants et font en sorte «que nous sommes en train de nous effacer de la carte de production», pourtant la voie d'avenir, a dit Denise Robert, lors d'un point de presse, hier, à Cannes, annonçant la création du Regroupement des producteurs indépendants de cinéma du Québec.

Regroupement concerné

Formé de sept producteurs, dont Roger Frappier et Richard Goudreau, le regroupement souhaite que le fédéral revoie ses règles, qui n'ont pas été modernisées depuis dix ans. Ainsi, ces accords prévoient que pour aller en coproduction avec un partenaire étranger, un Canadien doit fournir 20% du budget (10% pour la France, seule exception). Compte tenu des budgets de plus en plus importants requis pour tourner un film et de faibles sommes disponibles au pays, les Canadiens doivent décliner de nombreuses propositions.

«Si un film a un budget de 5 millions d'euros, ça représente 1,7 M$ pour nous pour être minoritaire. Quand on sait que le plafond à Téléfilm Canada est à 3,5 millions de dollars par dépôt de projets, ça nous laisse peu de marge de manoeuvre», explique Roger Frappier, qui croit qu'un fonds spécialement dédié à la coproduction remettrait nos producteurs sur la carte et éviterait l'exode de nos meilleurs cinéastes.

Croze, out!

Autre règle que les producteurs qualifient d'aberrante: celle qui exige qu'un comédien paye ses impôts au Canada pour être considéré comme Canadien lors de l'étude des projets, ce qui leur complique drôlement la tâche.

«Par exemple, Marie-Josée Croze paye ses impôts en France depuis deux ans. Donc, je ne peux plus la considérer comme Canadienne. C'est incroyable. La même chose va arriver, avec Marc-André Grondin», soumet M. Frappier, qui se dit optimiste, que son regroupement saura convaincre Ottawa.

«Si nous arrivons avec des propositions concrètes appuyées par des partenaires, nous avons des chances de nous faire comprendre.»

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