FESTIVAL DE CANNESBright Star: Jane Campion offre une ode au poète KeatsPar David Germain 15-05-2009 | 12h10
La Néo-zélandaise, seule femme à avoir remporté la Palme d'or de toute l'histoire du festival de Cannes avec La Leçon de piano (1993), est revenue vendredi sur la Croisette avec Bright Star, qui relate la romance brève mais passionnée entre John Keats et le grand amour de sa courte vie, sa voisine Fanny Brawne. L'histoire est racontée du seul point de vue de Fanny (Abbie Cornish), sa voisine, une jeune femme coquette et enjouée, qui devient l'âme soeur aux yeux de Keats (Ben Whishaw). «Je suis tombée amoureuse de Fanny comme de Keats, et je pense que raconter l'histoire à travers les yeux de Fanny était une façon brillante pour moi de découvrir Keats», a expliqué Jane Campion avant la présentation du film en compétition officielle. Bright Star (titre d'un poème de Keats) suit leur histoire entre 1818 et 1821, date de la mort de Keats, de la tuberculose, à l'âge de 25 ans. Inconnu de son vivant, Keats était trop pauvre pour faire la cour officiellement à Fanny, mais ils s'étaient fiancés secrètement quand la santé du poète s'est détériorée. Après sa mort, Keats sera reconnu comme l'un des plus grands poètes anglais, auteur notamment d'«Ode sur une urne grecque» et «Ode à un rossignol». Si le nom de Keats est très connu, ses vers sont peu lus par les jeunes, à l'image de Ben Whishaw. «Je ne le connaissais pas vraiment», reconnaît l'acteur qui incarne le poète. «J'avais comme un préjugé sur les poètes romantiques (...) Mais j'ai appris à apprécier la luxuriance de son écriture et sa sensualité.» Agée de 55 ans, Jane Campion voulait dévoiler cette histoire d'amour peu connue entre Keats et Fanny, mais également raviver l'intérêt pour la poésie. «Nous aimons croire que nous pourrions contribuer d'une manière ou d'une autre à amener les gens à la poésie, parce que c'est une façon si belle de créer un jardin dans son âme et son esprit», a conclu la réalisatrice. Thirst, ceci est mon sangDans un tout autre genre, Thirst, ceci est mon sang de Park Chan-wook (dont le Old Boy avait reçu le Grand Prix du jury à Cannes en 2004) s'inspire également de la littérature. Cette version revue et - très - corrigée du Thérèse Raquin d'Emile Zola met en scène le prêtre Sang-huyn (Song Kang-ho), qui a accepté de tester un vaccin en Afrique. Il meurt comme ses compagnons d'infortune, mais revient à la vie après une transfusion sanguine. Rentré en Corée (du Sud), Sang-huyn découvre qu'il est devenu un vampire. Il survit sans tuer grâce au sang de patients dans le coma. Il tombe amoureux de l'épouse (Kim Ok-vin) et souffre-douleur d'un ancien camarade d'école, qui devient vampire à son tour pour venger une vie d'humiliations. Samedi, les festivaliers pourront voir Un prophète de Jacques Audiard, premier film français en compétition pour la Palme, et Taking Woodstock d'Ang Lee, qui a déjà été à deux reprises en sélection officielle.
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