ADVENTURELANDRyan Reynolds le vieux sage29-03-2009 | 04h00
«Je n’ai pas vraiment eu, comme d’autres, un gros succès initial à 1 milliard $, dit-il, ce qui a été un cadeau incroyable parce que je peux passer d’un genre à l’autre. Ce n’est pas comme si j’étais catalogué. J’ai pu, dans l’ensemble, faire mon chemin par le biais de films différents.» «Ma carrière a progressé lentement, une étape à la fois.» Avant d’ajouter: «Le fait de pouvoir, une année, tourner dans un film comme Adventureland et passer ensuite à Wolverine et La Proposition, cette grande comédie romantique avec Sandra Bullock, est assez extraordinaire». Il est vrai que la carrière de Ryan Reynolds a évité les étiquettes faciles puisqu’il se promène entre des comédies (Two Guys, A Girl and a Pizza Place, National Lampoon et Just Friends), des films d’horreur superficiels (The Amityville Horror), des films de combats violents (Blade: Trinity) et des fantasmes existentiels surréalistes (The Nines). Maintenant âgé de 32 ans, il reconnaît craindre l’idée de ne plus être soudainement un néophyte, mais plutôt un vétéran chevronné de l’industrie du cinéma. «J’ai toujours pensé que je n’étais qu’un débutant et voilà que je me rends compte que je fais ce métier depuis 17 ans. Je suis vraiment membre du syndicat.»
HOMME À TOUT FAIRELe film Adventureland, à l’affiche vendredi, met en vedette Reynolds dans le rôle d’un improbable vieux sage au beau milieu d’un groupe de jeunes. Il joue l’homme à tout faire du parc d’attractions et le petit ami de la séduisante, mais beaucoup plus jeune, Em (Kristen Stewart). Créée en 1987, cette vague comédie autobiographique réalisée par Greg Mottola est la suite du film Superbad. «J’ai aimé la complexité de cet homme vivant dans un monde fantaisiste, explique Reynolds. Il a une idée de lui-même qui n’est absolument pas basée sur la réalité, un type qui ne réalise probablement aucune de ses ambitions et qui préfère être le plus gros poisson dans le petit étang». Une position franchement peu familière à Reynolds, qui a astucieusement conscience de sa propre place dans la hiérarchie d’Hollywood. «Sur 20 scénarios que vous lisez, il y en a un qui est bon. Sur 50 scénarios que vous lisez, il y en a un ou deux qui sont géniaux. Ils sont donc difficiles à trouver. Hollywood est fondé sur une hiérarchie très dynamique. Vous tombez en amour avec quelque chose et c’est déjà disparu.»
VANCOUVERRyan Reynolds a passé ses années de formation à Vancouver. Il se rappelle qu’il distribuait des journaux à l’âge de 11 ans en 1987. «C’était mon emploi d’été. J’étais un garçon assez introverti. J’étais un étudiant très moyen dans tous les sens du terme. J’étais le plus jeune de quatre frères; c’était donc tout un défi de survivre au dîner sans recevoir un coup au visage». Plus tard, il est devenu travailleur de nuit dans une épicerie. Bien que Los Angeles soit devenue son lieu d’adoption depuis plus d’une décennie, il est toujours propriétaire d’une maison à Vancouver, qu’il visite fréquemment. Après tout, c’est en Colombie-Britannique qu’il a marié l’actrice Scarlett Johansson l’an dernier (une relation qu’il refuse d’aborder). «Je m’ennuie un peu du profil modeste du Canada. Les États-Unis sont un grand et puissant pays, très narcissique, avec cette impression que tout lui est dû, ce qui peut être rafraîchissant pour un Canadien parce que comme vous le savez, nous sommes plutôt réservés ici. On donne parfois l’impression de s’excuser. J’en viens presque à souhaiter que nous puissions fusionner les deux pays (les mentalités) et ainsi créer un super pays.»
Dans la peau de DeadpoolCertaines mutations prennent plus de temps que d’autres. Voici un exemple concret: il a fallu huit ans avant que Ryan Reynolds joue quelques scènes dans le rôle du mercenaire mutant Deadpool, dans le film X-Men Origins : Wolverine qui sortira en mai.
«Je voulais jouer ce rôle depuis huit ans. Les choses ont finalement bien tourné pour moi parce que je n’avais pas beaucoup de temps à consacrer à ce film et ils voulaient seulement une courte apparition, alors j’ai sauté sur l’occasion et je l’ai fait.» Le lien qui existe entre Reynolds et le personnage remonte à une décennie. À la suite du succès du film X-Men de Bryan Singer en 2000, la bande dessinée est subitement devenue un produit attrayant à Hollywood. «Ils parlaient de faire un film centré sur Deadpool, mais personne ne pouvait prendre une décision sur le concept ou sur la façon de raconter l’histoire. Ainsi, l’idée a été abandonnée au fil du temps. Lorsque le personnage est revenu sur le tapis après toutes ces années, j’aurais été damné si je ne l’avais pas joué». Qu’est-ce qui l’attire tant dans le personnage de Deadpool? «J’ai aimé que ses armes ne soient pas uniquement ses épées. Il a aussi la parole. C’est le mercenaire avec la parole comme ils l’appellent. J’ai pensé que ce serait une voix rafraichissante dans l’univers de X-Men».
RUMEURSBien sûr, il y a toujours une probabilité que Reynolds joue dans une suite mettant en vedette Deadpool, mais il est prudent à cet effet. «Ces choses ne sont jamais que des rumeurs, jusqu’à la première pause repas du premier jour de tournage». Deadpool n’est pas le seul super héros rattaché à Reynolds. Pendant un certain temps, on a cru qu’il était en tête des favoris pour jouer dans le film The Flash. Puisque Blade: Trinity a été un grand succès, le public imaginait probablement voir Reynolds et la vampire meurtrière Jessica Biel tourner dans une suite. A-t-on parlé trop vite? Quel super héros Reynolds aimerait-il jouer s’il avait le choix? «J’ai toujours souhaité pouvoir respirer sous l’eau. Ce serait génial.» Lorsqu’on lui fait remarquer que le personnage d’Aquaman n’a jamais été tourné, il répond: «C’est parce qu’on ne peut pas le faire.» |