EN COULISSELes petits secrets des Oscars07-02-2009 | 11h00
LES OSCARS ET LES NONNESOn fait beaucoup de cas de la quinzième nomination de Meryl Streep comme meilleure actrice de l’année (dans Doubt), un record difficile à battre. Mais la vraie histoire, c’est que jouer le rôle d’une soeur religieuse peut créer des habitudes, du moins en ce qui concerne les nominations pour un Oscar. Il suffit de demander à Julie Andrews (La mélodie du bonheur), Ingrid Bergman (Les cloches de Sainte-Marie), Audrey Hepburn (Au risque de se perdre), Anne Bancroft (Agnès de Dieu) et à toutes les autres actrices qui ont découvert que rien n’attire plus un Oscar qu’un rôle de religieuse.
À LIRE:
UN CHARMANT ACCENT BRITANNIQUELes Oscars ne peuvent également résister à l’accent britannique. Lorsqu’il s’agit de récompenses pour le meilleur film, l’intonation de David Frost dans Frost/Nixon semble être la règle plutôt que l’exception. L’examen des acteurs en lice pour un Oscar au cours des dix dernières années est très révélateur. À l’exception des éditions 2000 et 2006, l’accent britannique de la Reine était à l’honneur dans toutes les autres courses pour le meilleur film: Sa Majesté la Reine, Expiation, Voyage au pays imaginaire, The Hours, Le seigneur des anneaux, Gosford Park et Elizabeth. Dans ce contexte, si le champion en cape noire s’exprimait dans la langue natale galloise de Christian Bale, Le chevalier noir aurait eu droit à plus de respect de la part des Oscars.
WARNER BROS.: UN RENDEZ-VOUS RATÉLe studio Warner Bros. tente de comprendre ce qui s’est passé. Alors que le studio a fait campagne pour faire triompher aux Oscars Le chevalier noir et le film très en vue de Clint Eastwood, Gran Torino, ces deux longs-métrages ne reçoivent pas les nominations escomptées. Mais ce n’est pas la seule déception. Sans vouloir tourner le couteau dans la plaie, Warner Bros. aurait pu au moins se targuer d’avoir produit un film à succès comme Slumdog Millionaire. À l’origine, ce film avait été acquis par sa division de films spécialisés, Warner Independent Pictures. Quelque 5 millions $ avaient été versés pour acquérir les droits de distribution en Amérique. Sauf que cette division, qui s’est attiré des éloges en produisant La Marche de l’empereur, avait de la difficulté à trouver un suivi à ce film qui serait rentable. À un certain moment donné, Warner Bros. avait flirté avec l’idée de produire Slumdog Millionaire lui-même, mais puisque son cahier de nouvelles sorties de films était plein, il le donna à Fox Searchlight. Fox accepta la formule 50/50, c’est-à-dire absorber les coûts de commercialisation et de distribution et partager les bénéfices. S’il avait été possible de sonder le pouls de l’auditoire, Warner Bros. aurait probablement réagi différemment. |