RAFAËL OUELLETSans compromispar Nicholas Lavallée Le Journal de Montréal 25-01-2009 | 04h00
«J’écris, je tourne et je monte mes films de A à Z sans jamais faire de compromis artistique, alors on peut me considérer comme un auteur. Même si ça fait soixante ans qu’on essaie de définir le cinéma d’auteur», lance Rafaël Ouellet, dont le nouveau film, Derrière moi, a pris l’affiche hier. Avec une facture intimiste, Derrière moi se penche sur la relation entre Betty, une jeune femme qui a fui la ville, et Léa, une adolescente de 15 ans qui rêve de quitter son village. «La première souhaite retrouver son innocence perdue, alors que la deuxième voudrait devenir adulte du jour au lendemain», précise Rafaël Ouellet. À CONSULTER:
Mais au-delà des personnages, incarnés par Carina Caputo et Charlotte Legault, le film aborde une problématique brûlante d’actualité, la prostitution juvénile forcée. «C’est un sujet qui me tient à coeur et qui m’a permis d’explorer la psychologie des personnages», note le réalisateur de 34 ans, qui a préféré s’éloigner du sensationnalisme pour se pencher sur les thèmes de l’amitié, de la trahison et du passage à l’âge adulte.
RETARDÉ DE UN ANDerrière moi devait être le premier long métrage de Rafaël Ouellet. Ralenti par le manque de financement en 2006, Ouellet a plutôt choisi de tourner en urgence Le Cèdre penché, lauréat du Prix du public aux Rendez-vous du cinéma québécois 2007. «Derrière moi aurait été bien différent si je l’avais tourné sur un coup de tête. En retardant le processus de un an, j’ai pu étoffer les dialogues et l’arc émotif des personnages », mentionne le réalisateur, qui a fait sa marque à la télévision avant de se diriger vers le cinéma. Comme pour son premier film, Rafaël Ouellet a tourné la caméra de Derrière moi vers des personnages féminins, qui offrent selon lui plus de nuances. «Les femmes sont plus complexes que les hommes et elles ont une palette d’émotions plus large», pense celui qui a toujours eu plus d’affinités avec la gent féminine qu’avec la masculine. New Denmark, prochain film autofinancé de Rafaël Ouellet, doit lui aussi mettre en vedette des femmes. Le jeune réalisateur espère lancer son film dans différents festivals au printemps et à Montréal à l’automne 2009. |