JULIETTE BINOCHEL'actrice, entre deux pas de danse Philippe Meilleur Le Journal de Montréal 11-01-2009 | 11h28
À Montréal jusqu'à la fin de la semaine pour son spectacle de danse, l'actrice française Juliette Binoche rencontrait la presse vendredi pour discuter de son film, L'heure d'été. «C'est une oeuvre qui traite de postérité, un sujet dérangeant et complexe», nous confie la comédienne. De la grande suite du Reine-Elizabeth où elle nous accueille, Juliette Binoche a une vue imprenable sur la métropole enneigée. Mais l'actrice n'a pas le temps de s'extasier devant la beauté hivernale qui règne en ce lendemain de tempête: quand elle ne danse pas les chorégraphies de In-I sur les planches de la salle Pierre-Mercure, elle participe à une rétrospective honorifique à la Cinémathèque ou enchaîne un nombre incalculable d'entrevues. Malgré cet horaire chargé, un sourire franc orne le visage de l'actrice quand elle nous accueille pour quinze minutes d'entretien. Alors, Mme Binoche, de quoi parle ce film, L'heure d'été? «De la famille, de l'héritage, de la postérité,énumère-t-elle après un court moment de réflexion. C'est un sujet dérangeant et complexe. Malgré les liens du sang, les membres d'une famille sont des gens très différents. Les personnages sont à cette image et leurs différences seront mises en évidence quand viendra le temps de régler la succession de leur mère.»
Aider les autresL'actrice inter prète le rôle d'Adrienne, une designer en exil volontaire à New York. Après la mort de sa mère Hélène, le personnage rejoindra ses frères au domicile familial pour décider du sort des biens de la disparue. «Adrienne est très contradictoire, analyse Juliette Binoche. Elle est très près de sa mère, mais en même temps, elle s'est fait une vie sur un autre continent. La mort d'Hélène la poussera à se transformer, d'une certaine façon.» Ce synopsis d'Olivier Assayas a immédiatement plu à la comédienne, qui a elle-même perdu sa grand-mère récemment. «À la mort d'un parent, on se demande comment on va vivre ensuite, explique-t-elle. C'est un sujet dont j'avais envie de parler.» Et que pense-t-elle que la postérité retiendra de sa propre oeuvre, elle qui multiplie les moyens d'expression artistique ces derniers temps? «Je ne me préoccupe pas de ce qu'on retiendra, je préfère me concentrer sur la vie et ses rencontres, répond Juliette Binoche. Si mes films peuvent aider les autres d'une façon ou d'une autre... c'est tout ce qui importe.» Lancé il y a un an en France, L'heure d'été sortira sur les écrans québécois à la fin du mois de mars. |