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Serveuses demandées - La dualité de Clara Furey
© Alliance Atlantis Vivafilm
Anne Dorval et Clara Furey jouent mère et fille dans Serveuses demandées.

SERVEUSES DEMANDÉES

La dualité de Clara Furey

par Maxime Demers
Le Journal de Montréal
10-01-2009 | 04h00
Clara Furey n’avait pas pensé faire du cinéma jusqu’à ce que sa mère Carole Laure lui propose le rôle principal de son film CQ2 en 2004. Quatre ans plus tard, elle est déjà de retour au grand écran avec Serveuses demandées.

«Avant CQ2, je ne pensais pas être actrice, je voulais me concentrer sur la musique et la danse (elle a étudié en danse moderne à Montréal et en piano classique à Paris)», explique en entrevue l’artiste multidisciplinaire de 25 ans.

«Mais CQ2 était écrit pour moi, ça s’est présenté quand je sortais de l’école et il y avait beaucoup de danse dedans, alors ça allait de soi de le faire. Ce n’est donc pas quelque chose que j’ai poussé pour faire.»

Le rôle de Milagro dans Serveuses demandées s’est présenté à elle un peu de la même manière, deux ans après CQ2:

«Je n’étais pas dans une agence ni rien. C’est Guylaine [Dionne, la réalisatrice] qui m’a approchée directement après m’avoir vue dans CQ2. Elle m’a envoyé le scénario et je suis allée auditionner par la suite. J’ai trouvé le scénario très intéressant. Le rôle m’a interpellée, la dualité, le fait que ce soit une jeune mère.

«Et puis il y avait le défi que je trouvais attirant. CQ2 était écrit pour moi, ce n’était donc pas un rôle de composition. Alors que celui de Milagro en était un. C’était ça qui était nouveau, c’était ça le challenge.»

OBSERVATION

Pour se préparer pour le rôle, Clara Furey a fait ses devoirs; elle a passé quelques heures dans des bars de danseuses érotiques.

«Je voulais observer les filles et l’environnement dans lequel elles travaillent. On voit tout de suite quand il y a quelque chose de croche, quand les filles sont droguées ou maltraitées. Alors que dans d’autres places, c’est plus sain ; on voit tout de suite que ce sont des étudiantes qui font cela pour payer leurs études et qui ont encore les deux pieds sur terre.»

Elle a aussi tenu à composer elle-même les chorégraphies de ses scènes de danse dans le film.

«Je l’ai fait parce que je suis danseuse et que je préférais avoir ma part de créativité dans cet aspect de mon jeu. À force d’observer les filles dans les bars, je me suis souvent demandé ce que je ferais comme genre de danse si j’étais à leur place. Ç’a été un grand plaisir pour moi de faire cela.»

En cinéma comme en religion

Dans Serveuses demandées, Anne Dorval hérite de son premier rôle de grand-mère à vie. «Ça m’a fait un choc», avoue-t-elle.

La Criquette Rockwell du Coeur a ses raisons campe en effet dans le film de Guylaine Dionne la mère de Milagro (Clara Furey) qui élève seule la fille de cette dernière (Marie-Ève Beauregard).

Un rôle bref mais chargé d’émotion… «C’est un beau personnage, pas flamboyant du tout, très seul et triste, indique Anne Dorval. Elle vit dans le fond d’un rang à Cacouna dans le Bas-Saint-Laurent, travaille comme serveuse dans un petit snack-bar et s’occupe de sa petite fille que Milagro lui a confiée. Elle est seule à essayer de composer une enfance meilleure à sa petite-fille, ce qu’elle n’a pas réussi à faire avec sa propre fille.» Anne Dorval s’est fait offrir le rôle sans avoir à passer d’audition. Une chance en or, selon elle.

«Quand quelqu’un nous appelle pour nous offrir un rôle, comme ça, simplement, on lui dit merci. J’ai aimé le scénario, mais ma rencontre avec Guylaine m’a beaucoup convaincue et inspirée aussi.

«Ce qui m’a touchée dans son film, ce sont les rêves brisés de ces jeunes femmes. Mon personnage aussi parce qu’elle n’a pas de vie, pas d’attaches. Elle s’est donnée beaucoup pour sa fille, elle ne voulait pas qu’elle répète les mêmes erreurs qu’elle. Mais malheureusement, on dirait que le destin va se charger de briser ses rêves à elle aussi.»

LA FAMILLE AVANT LE CINÉMA

La comédienne, qu’on voit cette année au petit écran dans la charmante série télé Les Parent, s’est toujours faite assez rare au cinéma. On l’a vue il y deux ans dans la comédie dramatique La Vie secrète des gens heureux, de Stéphane Lapointe, mais sinon, son rôle précédent au grand écran remontait à 1992 dans Rispondetemi, un segment du film collectif Montréal vu par…, réalisé par Léa Pool, Denys Arcand, Michel Brault et Atom Egoyan, entre autres.

«C’est vrai que je n’ai pas fait beaucoup de cinéma, mais c’est un choix aussi, parce que j’ai eu des enfants», explique-t-elle.

«Le cinéma, c’est comme une religion. Quand tu décides d’en faire un, tu ne vis que pour le film. J’aurais été incapable de faire cela parce que j’avais des enfants.

Alors, j’ai pris des petits rôles ici et là et j’ai fait de la télé parce que je voulais être avec mes enfants. Mais je vais y revenir un jour parce que ça me manque.»

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