CINÉMA QUÉBÉCOISLa tendance à la baisse persisteDavid Patry Le Journal de Montréal 22-12-2008 | 11h41
Les films québécois n'ont pas fracassé de record aux guichets cette année. Si la tendance se maintient d'ici la fin décembre, les analystes s'attendent à une légère baisse de sa part de marché par rapport aux années passées. Au moment d'écrire ces lignes, quatre films québécois avaient dépassé la barre du million de dollars en recettes aux guichets des cinémas de la province. La première place de 2008 revient jusqu'à maintenant à Cruising Bar 2 avec une cagnotte qui s'élève à un peu moins de 3,5 M$. Les trois autres, Dans une galaxie près de chez vous 2, Borderline et Babine, n'ont pas dépassé le cap des 2 M$. Tout indique que la part de marché du cinéma québécois sera une fois de plus à la baisse cette année. Une tendance qui se dessine depuis 2005, où notre cinéma s'est accaparé 18,2% des recettes, un sommet historique. «L'année n'est pas terminée. Il reste toujours Le Grand Départ», indique toutefois Simon Beaudry, qui compile les recettes chez Cinéac. Selon lui, advenant une bonne performance du film de Claude Meunier, la part de marché des films locaux pourrait avoisiner les 10 %, soit tout près du 10,7% de l'année dernière. Des chiffres qui n'inquiètent pas le président d'Alliance Vivafilm, Patrick Roy. Celui-ci n'y voit pas une tendance à la baisse, mais plutôt une stabilisation. «Autour du 10 %, on est peut-être dans notre zone de normalité», dit-il. Selon lui, le cinéma québécois ne reviendra pas à une part de marché de moins de 5 %, comme c'était le cas avant la progression du début des années 2000. Manque de locomotivesDepuis deux ans, on constate que le cinéma québécois ne profite pas de «locomotives», des films qui font courir les foules. Cela aurait un impact sur tous les autres films, explique le président d'Alliance. «J'ai toujours pensé qu'il y a un effet d'entraînement, affirme Patrick Roy. Plus il y a de films porteurs que les gens apprécient, plus les gens sont portés à aller voir du cinéma québécois.» On attendait beaucoup d'un film comme Le Piège américain, de Charles Binamé, qui avait le potentiel pour être une de ces locomotives. Malheureusement, il n'a pas dépassé la barre du million de dollars aux guichets des cinémas. Et il n'est pas le seul. «Les gens ont des attentes très élevées, indique Patrick Roy. Il y a 35 films américains qui ont fait plus de 1 M$ au Québec sur quoi, 300 films ? C'est 12 %. Une année comme cette année, on va avoir cinq films québécois millionnaires. Notre ratio est bien meilleur», dit-il. Pas de crise en 2009Malgré la crise financière, les distributeurs n'envisagent pas de baisse spectaculaire aux guichets des cinémas québécois pour 2009. «Dans le passé, on a remarqué que le cinéma n'est pas affecté en temps de récession. Ça reste un loisir bon marché», rappelle Patrick Roy. Tournages étrangers au QuébecC'est le calme plat
Les producteurs hollywoodiens ont boudé le Québec en 2008, contribuant à en faire la pire année depuis 2004 quant au nombre de tournages étrangers qui y ont été accueillis. L'année 2008 sera une année à oublier pour l'industrie cinématographique québécoise. Il faut dire que la conjoncture mondiale n'encourage pas les producteurs à tourner beaucoup de films. En début d'année, une grève des scénaristes a paralysé Hollywood. Puis, ce fut la menace d'une grève des acteurs qui a dissuadé les producteurs à s'engager dans de coûteux tournages. Au Québec seulement, on a connu une lutte syndicale chez les techniciens qui a rebuté plusieurs producteurs, sans compter que la hausse du dollar canadien diminuait d'autant l'avantage financier à venir tourner ici. Ajoutez à cela le fait que les États se livrent une lutte sans merci, à grands coups de crédits d'impôts, afin d'attirer les dollars hollywoodiens, et vous obtenez la pire année depuis 2004. Les retombées économiques des tournages étrangers sont passées de plus de 200 M$ l'an dernier à moins de 100 M$ cette année, selon le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec. «On survit»Seule bonne nouvelle, «c'est la première fois de l'histoire qu'il y a plus de retombées économiques en post-production qu'en production», affirme le commissaire Hans Fraikin. «C'est moins glamour, on ne voit pas d'acteurs, mais les retombées économiques sont là», dit-il. Heureusement, la production interne au Québec permet aux techniciens, locateurs d'équipement et propriétaires de studio de garder la tête hors de l'eau. «Bon an mal an, on survit, indique le copropriétaire des studios Mel's, Michel Trudel. On ne fait pas de profits, mais on ne perd par d'argent non plus.» Il s'agit d'ailleurs d'une des forces du Québec, selon Hans Fraikin. «Au moins, il y a un nombre de techniciens qui continue à travailler. En Ontario, quand il n'y a pas de tournage étranger, c'est la mort complète parce qu'il y a très peu de productions locales», dit-il. Lueur d'espoir Commissaire du BCTQ, Hans Fraikin espère que 2009 rapportera son lot de tournages au Québec. Les syndicats des techniciens en sont finalement arrivés à une entente, le huard vole moins haut et les producteurs américains ont écoulé leurs réserves. «Les producteurs n'ont pas le choix, ils doivent recommencer à tourner, et le Québec commence à être plus attrayant», dit-il. «L'année 2009 s'annonce prometteuse. En tout cas, ça ne peut pas être pire que 2007, c'est sûr!» lance Michel Trudel.
Le top 5 des films québécois aux guichets en 20071 > Les 3 P'tits Cochons 2 > Nitro 3 > Ma fille mon ange 4 > À vos marques... Party ! 5 > Ma tante Aline
LE TOP 5 DES FILMS QUÉBÉCOIS AUX GUICHETS EN 2008*1 > Cruising Bar 2 2 > Dans une galaxie près de chez vous 2 3 > Bordeline 4 > Babine 5 > La Ligne brisée * En date du 11 décembre 2008
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