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Bedtime Stories - Ni jurons ni gros mots
© Le Journal

BEDTIME STORIES

Ni jurons ni gros mots

par Daniel Rioux
Le Journal de Montréal
21-12-2008 | 14h00
Adam Sandler est de retour au grand écran. Rien de nouveau sous le soleil parce que l’acteur de 42 ans enfile les films avec une belle régularité année après année. Là où il y a du nouveau dans sa carrière, c’est que Sandler joue pour la première fois dans un film familial, Histoires enchantées (Bedtime Stories), et, plus surprenant encore, cette comédie fantaisiste porte l’imprimatur de la bannière Disney Pictures! Pas la marque de commerce habituelle de l’acteur…

Bien qu’il ait mérité quelques critiques intéressantes pour des rôles dans des films romantiques et dramatiques, Adam Sandler est surtout reconnu pour ses personnages un peu demeurés et à la limite de la vulgarité qui s’excitent dans des comédies à l’humour gras, pour ne pas dire grossier.

«Je ne renie pas Billy Madison ou Happy Gilmore, mais ce n’est pas le genre de choses que je désirais faire quand j’étais plus jeune. Je rêvais de devenir comédien, un peu comme Eddie Murphy, mais ça s’est passé autrement. Maintenant, je réalise un rêve avec Bedtime Stories parce que j’ai toujours voulu jouer dans un film pour enfants.»

– Oui, mais les enfants ont vu vos comédies Gilmore et Madison

«Certes, mais ce sont des films qui n’étaient pas vraiment pour eux. J’ai vieilli, j’ai deux jeunes enfants et j’espère qu’ils ne verront jamais Happy Gilmore…»

UN UNIVERS FANTAISISTE

Détendu, souriant et très sympathique comme toujours, Adam Sandler vante le scénariste Matt Lopez, qui a su rendre l’univers fantaisiste que les enfants aiment tant explorer.

«C’est un scénario extraordinaire, c’est touchant, à la fois drôle et doux.» Matt Lopez, assis à la même table que Sandler, précise qu’il a eu l’idée de ses histoires au dodo lorsqu’il endormait ses deux filles avec des contes.

«J’ai constaté que les parents ne contrôlent pas les histoires qu’ils racontent. Un enfant de quatre ans va mener l’histoire là où il veut qu’elle aille et un enfant de neuf ans l’entraînera dans une autre direction.»

Histoires enchantées emprunte l’imaginaire de deux jeunes enfants de quatre et cinq ans confiés à leur oncle Skeeter (Sandler) pendant une semaine et à qui ils demandent de leur raconter une histoire chaque soir.

Célibataire et homme à tout faire dans un chic hôtel, Skeeter s’initie donc au monde imaginaire des enfants, mais une surprise de taille l’attend quand il constate que le récit de la veille se concrétise dans la réalité du lendemain.

Désireux de profiter de la situation pour améliorer son sort, Skeeter en remet de soir en soir et les aventures, plus fabuleuses les unes que les autres, l’entraînent dans l’espace, dans la Grèce antique, au Moyen-Âge, au Far West, etc.

ADULTES AU COEUR JEUNE

«Je me suis rarement senti aussi à l’aise que sur ce plateau de tournage et je me suis amusé en cow-boy et en gladiateur», dit ce grand enfant de 42 ans. Sandler n’est pas le seul adulte au coeur d’enfant. Son complice dans Histoires enchantées est l’acteur et standup comic britannique Russell Brand, un extravagant comédien incapable de résister à la loufoquerie et à la tentation de faire le pitre.

«Mes monologues sur scène visent un auditoire adulte et là, je me suis mis dans la peau d’un enfant de dix ans et j’ai vécu comme tel les aventures du film. Je me suis retrouvé avec des béquilles dans L’Île aux trésors

Et parce que toute histoire enchantée impose l’implication d’une présence féminine, une princesse de préférence, le film s’accommode très bien de celle de l’actrice Keri Russell. «C’est un retour aux sources dans un film de Disney parce que j’ai fait partie du Mickey Mouse Club de 1991 à 1994.»

Le film prend l’affiche le 25 décembre et l’auditoire découvrira une facette inédite d’Adam Sandler. «Il n’y a ni jurons ni gros mots et personne ne se bat. Je n’en reviens pas, dit Sandler. Même les mamans vont m’aimer!»

Un nouveau sentiment de fierté

© Le Journal
Adam Sandler

Il n’y a pas que les mères de jeunes enfants qui seront conquises par Adam Sandler dans Histoires enchantées. « Je n’arrête pas de penser au fait que j’ai enfin joué dans un film que les grands-parents iront voir avec leurs petits-enfants! Ça n’a pas souvent été le cas… »

La naissance de deux enfants en moins de trois ans a transformé Sandler. «Mes enfants n’ont rien à voir avec la nouvelle orientation de carrière que j’entends suivre. Mais je suis un nouveau papa, tous mes amis ont des enfants et je songe vraiment à m’impliquer dans des productions à vocation familiale.»

Sandler confie que le tournage de ce film bénéficiant de la caution morale – et financière – des studios Disney a eu un impact positif sur sa vie. «En revenant à la maison le soir pour retrouver ma famille, j’éprouvais un sentiment de fierté, je me sentais bien dans ma peau, comme peut l’être un bon gars.»

LE PLAISIR DE DONNER

Un bel exemple de l’attitude du bon gars s’est produit sous nos yeux, lorsque l’acteur quittait le chic hôtel de Beverly Hills après avoir rencontré les journalistes.

Il s’apprêtait à monter à bord d’une limousine lorsque des cris ont attiré son attention. À une quinzaine de mètres de là, une vingtaine de jeunes fans de Sandler et quelques photographes lançaient son nom. «Hé! Adam! un autographe, s’il te plaît. Hé! Adam! une photo!»

Plutôt que de les ignorer ou de se contenter de les saluer à la sauvette derrière la vitre teintée de la limousine, Sandler s’est dirigé vers eux pour signer des autographes et se faire photographier avec chacun d’eux pendant près de dix minutes.

Un geste rarement vu à la porte du Four Seasons qui illustre bien la générosité d’un acteur qui vient de découvrir le plaisir de donner un peu de soi à son public.

Notes de tournage

  • Le scénario d’Histoires enchantées a été remanié plusieurs fois par Matt Lopez. Dans la version originale, toutes les histoires se déroulaient au Moyen-Âge. À l’écoute des acteurs, Lopez a situé les contes à d’autres époques (la Grèce antique, la découverte du Far West, dans l’espace, etc.).

  • Adam Sandler s’est fracturé une cheville durant le tournage, ce qui a compliqué la tâche du réalisateur Adam Shankman. «J’ai contourné le problème en tournant les scènes où Adam raconte ses histoires aux enfants. Il était assis au pied du lit et n’avait pas à se lever.»

  • Le réalisateur Shankman a signé plusieurs comédies ces dernières années, dont Hairspray, Bringing Down the House et Cheaper by the Dozen.

  • Le film sortira sous peu en DVD. «Il comportera des bloopers et sera à contenu familial. Il y avait des enfants sur le plateau, le lieu était mal choisi pour s’éclater dans la grivoiserie, dit Sandler, et les parents aussi vont s’amuser.»

Notre journaliste était l’invité de Disney Pictures.

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