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Polytechnique - La promotion du film sous le signe de la sobriété
© Le Journal de Montréal

POLYTECHNIQUE

La promotion du film sous le signe de la sobriété

Maxime Demers
Le Journal de Montréal
17-12-2008 | 14h20
À moins de deux mois de la sortie en salle du très attendu film Polytechnique, la campagne de promotion est bien enclenchée et le mot d'ordre est simple: sobriété.

Ainsi, l'affiche du film publiée ci-contre et la bande-annonce diffusée depuis la fin novembre dans les salles du Québec respectent tout à fait ce mode de pensée. Pas de sang, d'arme à feu ou autre symbole de violence du genre.

«Depuis le tout début de ce projet, autant à l'étape du financement que de la production, on a pris la décision de faire les choses avec un maximum de respect et de sobriété; le sujet du film, qui n'est pas évident, dictait cela», explique Patrick Roy, président d'Alliance Vivafilm (qui distribue le film).

«L'affiche comme la bande-annonce posent donc des questions, mais sans être explicites. On a eu beaucoup de commentaires de gens qui se sont dits ébranlés et touchés par la bande-annonce.»

La sortie du film, réalisé par Denis Villeneuve et mettant en vedette Maxim Gaudette (dans le rôle du tueur Marc Lépine) et Karine Vanasse (dans le rôle d'une étudiante), est prévue pour le 6 février. Le distributeur dit ne pas encore avoir pris de décision quant à l'ampleur de la sortie du film et son budget de promotion. Il y aura probablement une soirée de première, mais encore là, elle se déroulera dans la sobriété et le respect.

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«On ne fera pas de spectacle avec cela, assure Patrick Roy. Il y aura une première, mais ce sera simple, sans faste et sans coup d'éclat.»

Sujet délicat

L'histoire de Polytechnique est, rappelons-le, inspirée de la tragédie qui s'est déroulée le 6 décembre 1989 à l'École Polytechnique de Montréal. Marc Lépine avait fait irruption dans l'établissement armé d'un fusil-mitrailleur et avait abattu 14 jeunes femmes.

Le tournage a eu lieu l'hiver passé, dans la plus grande discrétion, à la demande du réalisateur Denis Villeneuve (Maelström, Un 32 août sur Terre).

«Je sais que c'est un film qui est attendu avec une brique et un fanal, nous disait Villeneuve en entrevue en mai dernier au Festival de Cannes (où il présentait son court métrage Next Floor).

«Je comprends que le sujet est délicat, mais le propos de l'art, c'est aussi de parler de sujets qui sont enracinés dans la société et qui préoccupent les gens. C'est important aussi de faire des films qui font réfléchir sur notre réalité.»

En entrevue la semaine dernière avec Le Journal de Montréal, l'actrice Karine Vanasse (qui a également coproduit le film) se disait entièrement satisfaite du résultat:

«Ça fait longtemps qu'on en parle et je suis vraiment fière de la délicatesse dont Denis Villeneuve a fait preuve en abordant le sujet», a-t-elle souligné.

«Il a réussi à transmettre sa vision tout en respectant la mémoire collective et j'espère que le public comprendra notre démarche.»

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