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Le Grand Départ - One of the boys!
Le Journal
Guylaine Temblay

LE GRAND DÉPART

One of the boys!

par Maxime Demers
Le Journal de Montréal
13-12-2008 | 04h00
Guylaine Tremblay dit se souvenir de la première lecture de La Petite Vie comme si c’était hier. « J’étais toute jeune encore et j’étais tellement impressionnée de me retrouver avec Claude Meunier, Marc Messier et Serge Thériault!»

Aujourd’hui, une quinzaine d’années plus tard, on peut dire sans se tromper que Guylaine Tremblay fait partie de la gang de comédiens de Claude Meunier, au même titre que Marc Messier, Rémy Girard ou Diane Lavallée. Et comme eux, elle tient un des rôles principaux de son film Le Grand Départ.

«La Petite Vie nous a soudés, lance- t-elle. Ç’a été une expérience unique, inoubliable. Et c’est indéniable, il y a une complicité qui s’est installée entre nous qui fait en sorte que même si on passe des années sans travailler ensemble, quand on revient, ce n’est pas à refaire. La chimie est là tout de suite.

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«On a entre autres en commun notre style d’humour. On rit beaucoup ensemble et on est très niaiseux entre les prises. Mais on travaille très sérieusement aussi. Il n’y a pas d’ego souffrant dans nos relations. On est tous choyés par notre métier et on a tous du fun à le faire. Ce n’est pas compliqué: quand ton partenaire de jeu c’est Marc Messier, tu ne peux pas te plaindre parce qu’il est bon, généreux et toujours de bonne humeur.»

FEMME LOUFOQUE

Dans Le Grand Départ, Guylaine Tremblay joue le rôle de Céline, la femme du personnage principal (campé par Marc Messier). C’est donc elle qui se fait laisser pour une femme plus jeune (Hélène Bourgeois- Leclerc).

«C’est un personnage un peu loufoque et ridicule par moments, mais il fallait quand même que je garde en tête qu’elle vit un grand drame», souligne l’actrice de 48 ans. « Mais autant Marc (Messier) et Hélène (Bourgeois-Leclerc) devaient garder un jeu très réaliste et posé pour leurs personnages, autant Céline est un peu plus dans le tapis. C’est tellement une femme dans le paraître. Elle est sur le bord d’être caricaturale, mais dans le fond, on en connaît, des femmes comme ça. Elle a toujours la coiffure parfaite, la boucle d’oreille qui matche avec le bracelet et la bague, la belle maison, le beau gazon. Elle a une rigidité et elle se rassure avec cela.

«Elle prend très mal la rupture sur le coup, parce qu’elle préfère la routine au changement. Mais je crois que dans le fond, c’est la meilleure chose qui pouvait lui arriver à elle aussi.»

ÉVOLUTION

Avec Le Grand Départ, la Caro de La Petite Vie note une certaine forme d’évolution dans l’écriture de Claude Meunier.

«Il a gardé ce qui fait ses grandes qualités comme son sens de l’observation de l’être humain et de ses travers et son génie à sortir l’absurde et la comédie d’une situation.

Mais la grande différence, c’est que cette fois-ci, il est allé vers quelque chose de plus émotif, où on sent les failles des personnages. Je trouvais ça l’fun, c’est une belle suite du travail qu’on a fait ensemble dans La Petite Vie il y a déjà 15 ans…»

Sophie Desmarais

Le Journal – PIERRE-PAUL POULIN
Sophie Desmarais
Toucher du bois Claude Meunier a eu du flair en confiant le rôle de Myriam à une jeune actrice qui n’avait alors aucune expérience à l’écran : Sophie Desmarais, 22 ans, est l’une des belles découvertes du Grand Départ.

Claude nous a raconté qu’avant de voir la cassette de ton audition, il stressait parce qu’il restait deux semaines avant le début du tournage et qu’il n’avait pas encore trouvé l’actrice qu’il voulait… Tu es donc arrivée en sauveuse? À la première audition, Claude n’était pas là. J’avais lu le texte rapidement le matin même. J’étais stressée parce que c’était vraiment à la dernière minute. Finalement, j’ai dû improviser un peu parce que je me mêlais dans le texte. Claude m’a dit ensuite que quand il a vu la cassette de l’audition, il a trouvé ça très drôle justement. Puis j’ai été rappelée pour une deuxième audition. Cette fois-ci, je maîtrisais bien mon texte, ç’a très bien été et on m’a rappelée quelques jours plus tard pour un screen test, et dans la journée même, j’ai appris que j’avais le rôle.

C’est un personnage à l’opposé de son frère (joué par Patrick Drolet). Lui prend le départ de son père de façon assez cool, mais pas elle… Myriam, c’est un peu une gosse de riche, une capricieuse, une enfant gâtée. Elle veut juste attirer l’attention. Elle est surtout troublée par le chaos familial autour d’elle et le chaos dans sa vie aussi. Mais elle n’est pas une vraie rebelle. Elle fume des cigarettes et elle se croit très heavy…

Tu as étudié à Lionel-Groulx en théâtre. Les oeuvres de Claude Meunier étaient-elles au programme? Je connaissais déjà certaines de ses pièces comme Les Noces de tôle et Les Voisins. Et La Petite Vie fait partie de notre patrimoine.

C’était donc ta toute première expérience devant une caméra? Totalement. On a quand même des cours de jeu à l’école, mais ce n’est pas la même chose de se retrouver sur un plateau avec un langage cinématographique que tu ne connais pas et une façon de travailler qui est complètement différente. Au début, j’étais stressée d’arriver et d’avoir à camper un rôle si important alors que je n’avais même jamais joué devant la caméra. Mais ce qui était bien pour moi, c’est d’être entouré pour cette première expérience d’acteurs comme Marc (Messier), Guylaine (Tremblay) et Hélène (Bourgeois- Leclerc). Ils ont été très généreux et m’ont donné plusieurs conseils pour m’initier au langage cinématographique. Ils m’ont prise sous leur aile.

On entend beaucoup de bons commentaires à ton sujet depuis le tournage du film il y a un an. Sens-tu que Le Grand Départ t’a déjà ouvert des portes? Je pense que oui. Je fais plus d’auditions depuis et pour des rôles très intéressants. Et j’ai décroché des rôles dans le film Les Grandes Chaleurs (de Sophie Lorain) et dans la prochaine saison de la série télé La Galère. C’était ma première année après ma sortie de l’école et j’ai eu la chance d’avoir une année assez chargée. Je touche du bois pour que ça continue.

La belle école

Le Journal – PIERRE-PAUL POULIN
Patrick Drolet
Fan avoué de l’univers de Claude Meunier, Patrick Drolet campe dans Le Grand Départ Guylain, un garçon assez spécial… ∫ Ce doit être drôle en tant que jeune comédien d’arriver sur un plateau de tournage avec Claude Meunier, Marc Messier, Rémy Girard, Guylaine Tremblay et Diane Lavallée?

C’est fascinant à observer. Ce sont des grands amis, mais aussi des partenaires depuis tellement longtemps. Lors des répétitions, ils se comprennent tout de suite; ils n’ont pas besoin d’élaborer. Ils sont automatiquement sur la même longueur d’ondes. Pour un jeune interprète, c’est un plaisir à observer, une belle école. Ç’a été un beau plateau. On a beaucoup ri. Avec les autres «nouveaux» de l’univers de Claude, on a été accueillis à bras ouverts.

Est-ce qu’on pourrait d’une certaine manière comparer la complicité qu’il y a entre les membres de la gang de Claude Meunier à celle qui existe au sein de la gang des Invincibles (François Létourneau, Jean-François Rivard, Patrice Robitaille, Rémi-Pierre Paquin, etc.)? Un peu, oui. Sur le plateau de tournage de la troisième saison des Invincibles, on n’avait en effet pas besoin de se parler énormément tellement on connaissait déjà notre affaire. On se comprenait tout de suite. On a d’ailleurs fini de tourner les nouveaux épisodes la semaine dernière. Et c’est vraiment bon. Il y a même des moments extrêmement touchants. C’est bien écrit; les auteurs François (Létourneau) et Jean-François (Rivard) ont fait une job admirable.

Tu as déjà avoué que tu étais un fan de Claude Meunier… Oui, depuis longtemps, et je ne pouvais pas penser un jour que je jouerais dans un film de Claude. Parce que Claude travaille souvent avec la même gang. Mais j’ai eu beaucoup de chance; c’est lui qui m’a offert le rôle et sans audition, en plus.

As-tu été surpris en découvrant que Le Grand Départ était plus dramatique que les oeuvres précédentes de Meunier? C’est sûr que ce n’est pas La Petite Vie, mais ça reste quand même du Claude Meunier. C’est un film où il fallait jouer vrai. Sinon, je crois qu’on se serait plantés. Il y a une partition de musique dans les mots de Claude, un souffle et un rythme qu’il faut apprivoiser. Ç’a été un beau défi et un grand plaisir de simplement dire les mots de Claude. Le scénario est tellement bien écrit que toutes les réponses étaient là. Je n’avais pas besoin de chercher midi à quatorze heures pour essayer de comprendre mon personnage.

Le personnage que tu joues (Guylain) est assez spécial: il semble être le seul à ne pas souffrir du départ de son père. Peut-être, mais en même temps, je crois que le personnage de Guylain est probablement celui qui écoute le plus les autres dans le film. Il peut paraître bizarre, distant ou détaché, mais il écoute et il prend le temps de bien digérer l’information avant d’émettre une opinion. Il est l’opposé de sa soeur, qui s’emporte tout de suite en voyant son père quitter la maison. Il réagit beaucoup sur ce qui se passe avec ses parents, mais en laissant tout cela décanter.

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