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Sept vies - Le masque qui cache la réalité
© Sony Pictures
Ben Thomas (Will Smith) porte un lourd secret qui changera la vie de sept personnes.

SEPT VIES

Le masque qui cache la réalité

Daniel Rioux
Le Journal de Montréal
14-12-2008 | 11h00
Il n’y a pas deux manières pour voir si un acteur est une star de cinéma: seul le box-office fait foi de loi. Nicole Kidman est une actrice, mais pas une star, son nom ne fait pas vendre des billets. Alors que Will Smith, lui, est un acteur et une grande, très grande star de cinéma.

Ce n’est pas sans raison que Smith commande un cachet de 30 M$ et +, lui dont les films ont rapporté 2,5 milliards au box-office nord-américain, une moyenne de 137 M$ pour chacun de ses 18 films. Et on multiplie par deux pour le box-office mondial. Si Smith continue de faire des films - Seven Pounds/Sept vies est son 19e -, l’acteur ne sera jamais plus le même homme.

«Se faire dire qu’on est la plus grande star du monde, c’est comme se retrouver euphorique au sommet de l’Everest pour ensuite constater que tu ne peux pas respirer. Il y a un malaise qui s’installe, comme celui que j’ai eu durant les 18 derniers mois.»

En pleine confession publique, souriant et détendu, le sympathique acteur fait à la surprise de tous son coming out professionnel.

SON COMING OUT

«La raison de ce malaise origine de l’importance démesurée que j’accordais au cinéma et à mes films, c’était devenu le centre de ma vie et le succès de mon dernier film, Hancock, n’a rien arrangé mais tout ça va changer.

Après Seven Pounds, jure-t-il, je veux contribuer au bien-être des gens plutôt que de faire la promotion de mes films et de ma carrière. Je veux qu’on se souvienne de moi comme d’un être généreux.»

Revenant sur le drame Seven Pounds (Sept vies en v.f.), Will Smith raconte qu’il s’est fait tirer l’oreille – et pas à peu près! – avant d’accepter d’y jouer. «Il y a dans ce personnage de Ben Thomas des facettes qui ressemblaient trop à Will Smith. Et je refusais de voir ça, d’où le rejet. Mon épouse Jada m’a fait voir la vérité en face. Et s’il y a un film qui a changé ma vie, c’est Seven Pounds, pas Independence Day

L’énigmatique Ben incarne un agent du ministère du revenu américain qui utilise des données confidentielles pour s’intéresser à sept personnes bien spéciales. Il a à expier une lourde, très lourde faute qu’il a commise et qu’il a toujours sur la conscience.

UN FILM TRÈS COMPLEXE

«La chose à éviter, c’est de trahir le secret qui le hante épouvantablement», prévient le réalisateur de Sept vies, Gabriele Muccino, lequel avait aussi dirigé Will Smith dans le drame The Pursuit of Happiness.

«La structure du film est très complexe, on navigue entre la vie et la mort, la culpabilité et le désespoir et la moindre information précise risque de tuer le suspense.»

Les gens qui ont vu la bande-annonce n’ont probablement rien compris à l’intrigue qui se joue dans Sept vies et les producteurs l’ont voulu ainsi.

«Ce n’est qu’à la fin qu’on verra Ben enlever le masque qui cache la réalité», d’ajouter Gabriele Muccino.

Outre Will Smith, Sept vies met en vedette Rosario Dawson (Eagle Eye), Woody Harrelson (The People Vs. Larry Flynt) et Barry Pepper (Flags of our Fathers). Le film prend l’affiche le 19 décembre.

Un rôle difficile

L’actrice Rosario Dawson affirme avoir vécu toute une expérience en travaillant aux côtés de Will Smith dans Sept vies. «Will s’est tellement investi dans son personnage qu’il le haïssait à la fin, il le trouvait insupportable.»

© Sony Pictures
Rosario Dawson livre une solide prestation dramatique dans l’émouvant film.

L’acteur n’a pas seulement mis toutes ses ressources émotives dans ce mystérieux Ben Thomas qu’il incarne, il s’est aussi impliqué à fond dans la réalisation. «Il a insisté pour qu’on répète durant cinq semaines et on a travaillé ensemble à parfaire le scénario et à changer des choses pour l’améliorer. Will donnait son opinion sur tout et veillait au moindre détail.»

Rosario Dawson nous apprend aussi que Will Smith, 40 ans, est un grand timide. «Il y a une seule scène où nous nous embrassons avec passion et Will a repoussé durant des semaines le moment fatidique du tournage de cette scène. Il était gêné et nerveux et c’est finalement le temps qui l’a rattrapé.» Ils ont joué cette scène au tout dernier des 60 jours de tournage…

Porteuse d’un rôle assez difficile émotivement, l’actrice a passé beaucoup de temps à côtoyer des gens aux prises avec des problèmes cardiaques qui sont en attente dans le couloir de la mort. «Je voulais rendre la dignité de ce personnage qui a peur de mourir.»

LA VALLÉE DES LARMES

L’actrice de 29 ans a remporté ce rôle devant une dizaine d’actrices très connues. «Je le désirais à tout prix après avoir lu le scénario avec ma mère. Plus nous pleurions, plus je le voulais.»

Son souhait le plus cher, «c’est que les gens ressentent de la compassion en sortant du cinéma», dit celle qui ira voir le film en salle.

«Il y a des acteurs qui affirment ne jamais aller voir leurs films et je suis contre ça. Si je ne suis pas capable de dépenser 10 $ pour aller voir mon propre film, pourquoi les gens ordinaires débourseraient- ils 10 $?»

Touché!

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