INDUSTRIEPériode creuse pour le cinéma québécois Marie-Joëlle Parent Le Journal de Montréal 12-11-2008 | 11h20
L'automne est à l'image de l'été pour le cinéma québécois: décevant. Les cinéphiles ne sont pas au rendez-vous et les propriétaires de salles sont inquiets. Avec son film Le Grand Départ, attendu en décembre, Claude Meunier est vu comme le sauveur. Fred Pellerin pourrait d'ailleurs être le premier à faire tourner le vent avec la sortie de son film Babine, d'ici quelques jours. N'empêche, l'été a été désastreux pour le cinéma québécois et l'automne ne s'annonce guère mieux. Truffe, sorti le 22 août, a enregistré des recettes de 54 000$. Le Banquet, grande déception de la rentrée, n'a accumulé que 124 000$ en deux mois et demi. Quant au Déserteur, il est encore trop tôt pour se prononcer, mais en deux semaines il a obtenu 250 000$. C'est pas moi, je le jure!, sorti le 26 septembre, demeure le film qui a accumulé le plus, soit plus de 400&nbs;000$. Ça reste beaucoup moins que les millions obtenus par les Gaz Bar Blues, Nouvelle-France, Ma vie en cinémascope, Maurice Richard et L'Audition durant la même saison entre 2003 et 2006. En 2007, le film le plus populaire de l'automne, Continental, un film sans fusil, avait enregistré des recettes de 327 000$. «Malheureusement, l'automne est au ralenti au niveau du cinéma québécois; les films sont très bons mais visent des publics plus restreints, plus ciblés», remarque Marcel Venne, président de l'Association des propriétaires de cinémas et de cinéparcs du Québec (APCCQ). Est-ce parce que les cinéphiles délaissent les salles en raison de la crise économique? «Non. Quand un succès est attendu comme Madagascar, les gens répondent à l'appel; il y avait des files d'attente ce week-end», répond M. Venne. Mais il n'est pas question pour les salles de réduire le prix des billets. «Plus bas que ça, on ferait fermer des cinémas», dit-il. Année recordL'automne 2005 demeure une saison record pour le cinéma québécois. Les quatre films les plus populaires, L'Audition, Les Voleurs d'enfance, Maurice Richard, et Les Boys 4, avaient à eux seuls obtenu près de 12 M$. Depuis, ça n'a fait que décliner. «Oui, mais on ne peut rien y faire. Je crois que c'est cyclique. Au cours des dernières années, notre part de marché est montée très haut. Là, depuis deux ans, elle baisse. Mais je me dis qu'elle devrait remonter un jour», dit Lorraine Richard, productrice de Babine et de Séraphin. «Je suis convaincue que le vent va tourner à nouveau et qu'on aura d'autres beaux succès», dit pour sa part Caroline Héroux, productrice d'À vos marques... Party!. Est-ce que les récents succès rendent les producteurs et les distributeurs trop gourmands? «Peut-être, oui. C'est rendu qu'un film qui fait 3,4 M$ (comme Cruising Bar 2) est considéré comme un échec. Il faut relativiser, 3,4 millions, c'est énorme pour un film québécois», ajoute Lorraine Richard. Les propriétaires espèrent que la saison des fêtes sera plus satisfaisante avec la sortie de deux films attendus, Babine et Le Grand Départ de Claude Meunier. Avec la collaboration de Maxime Demers. LES RECETTES DE L'AUTOMNE1) Truffe (22 août) 54 453 $ 2) Ce qu'il faut pour vivre (29 août) 268 054 $ 3) Le Banquet (29 août) 123949 $ 4) C'est pas moi, je le jure! (26 septembre) 408338 $ 5) Adam's Wall (17 octobre) 20537 $ 6) Le Déserteur (24 octobre) 251982 $ 7) À l'ouest de Pluton (24 octobre) 17825 $ 8) Un capitalisme sentimental (31 octobre) 12171 $ Box-office des films québécois de l'automne, données préliminaires |