LES 7 JOURS DU TALIONControverse en vue Bruno Lapointe Le Journal de Montréal 04-11-2008 | 12h22
À l'heure où le débat sur la violence au cinéma suscite toujours la controverse, le tournage du film Les 7 Jours du talion suit son cours sur la Rive-Nord. À l'écran, un homme subit un calvaire, torturé pendant sept jours, puis exécuté. Coeurs sensibles s'abstenir... Quand les caméras des 7 Jours du talion se mettent à tourner, Claude Legault devient le docteur Bruno Hamel. Sa vie, rangée et confortable, est somme toute sans histoire. Mais tout ça est sur le point de basculer. Complètement. Un après-midi d'automne, sa petite fille Jasmine ne rentre pas de l'école. En fait, elle ne rentrera plus à la maison. Elle a croisé sur sa route un prédateur sexuel. Quelques heures plus tard, son corps inerte est trouvé dans un buisson. Violé et mutilé. L'enquête suit son cours et le coupable est arrêté. Mais la justice conventionnelle n'apporte aucun réconfort à Bruno. Il décide de se faire justice lui-même. Le jour de la comparution du meurtrier, Bruno le kidnappe et le torture durant sept jours, mû par son esprit de vengeance. «C'est loin d'être un film pour tous», lance d'entrée de jeu Claude Legault. Dans l'air du tempsMais personne sur le plateau du film Les 7 Jours du talion ne semble se préoccuper outre mesure du caractère violent de cette adaptation du roman de Patrick Senécal. «En quelques clics devant son ordinateur, on peut avoir accès aux pires perversités, qu'elles soient violentes ou sexuelles. Dans notre cas, ici, la violence est là. Mais elle n'est pas gratuite. Elle porte à réflexion», remarque Claude Legault. Même son de cloche du côté de Rémy Girard. Celui qui interprète à l'écran le rôle du policier en charge de l'enquête ne croit pas que la violence à l'écran représente une réelle menace pour les cinéphiles. «J'aimerais bien voir des études à ce sujet. Les gens sont bien capables de faire la part des choses. De toute façon, les gens qui vont voir un film de la sorte savent très bien à quoi s'attendre», estime-t-il. Un parcours parsemé d'embûchesEt ce n'est d'ailleurs pas la première embûche que Les 7 Jours du talion auront dû surmonter ; le film, au budget de 3,4 millions de dollars, a essuyé cinq refus auprès des institutions financières. «Ça n'a pas été facile, atteste la productrice Nicole Robert. Mais quand on y croit autant, on se lance. Envers et contre tous.» Les 7 Jours du talion prendront l'affiche en 2009. |