FESTIVAL DU FILM DE TOKYOMikhalkov reçoit le prix Kurosawa28-10-2008 | 11h00
Lorsqu’on lui a remis le prix Akira Kurosawa pour l’ensemble de son oeuvre au Festival du film de Tokyo, le réalisateur Nikita Sergeyevich Mikhalkov a raconté à quel point il avait été ravi de constater que Kurosawa avait utilisé une de ses idées dans son épopée de 1985 intitulée Ran. «La joie que j’ai ressentie était indescriptible», a-t-il dit. Mikhalkov et le corécipiendaire du prix Kurosawa, le chinois Chen Kaige, ont tenu une conférence de presse vendredi dernier pour exprimer leur joie de recevoir ce prix que remet le festival depuis 2004 en l’honneur de Kurosawa, décédé en 1998. Mikhalkov, connu en Occident pour son film Burnt by the Sun – un drame de 1994 qui se déroule durant les purges staliniennes et qui a remporté l’Oscar du meilleur film étranger – a révélé qu’être ainsi honoré lui avait fait «l’effet d’un rêve, qui n’était pas causé par les six heures de décalage horaire (de la Russie).» Mikhalkov avait rencontré Kurosawa alors que ce dernier tournait Ran, et a ajouté que ce prix revêtait une signification toute particulière pour lui parce qu’il «rend hommage à un travail que Kurosawa lui-même aurait apprécié.» Kaige, récipiendaire de la Palme d'Or à Cannes pour son film Farewell My Concubine, a souligné qu’il n’était pas né au moment de la sortie initiale du film de Kurosawa intitulé Rashomon, mais que le réalisateur japonais avait eu «une profonde influence sur les cinéastes de sa génération». Kaige a aussi évoqué sa rencontre à New York avec Martin Scorsese, qui avait participé à Rhapsody in August réalisé par Kurosawa, et le fait que Scorsese lui avait dit «quel homme génial» il était. Malheureusement, bien que Kurosawa et Kaige aient été présents à Cannes la même année, le réalisateur mentionne à regret: «Nous ne nous sommes jamais rencontrés». La fille unique de Kurosawa, Kazuko Kurosawa, costumière et membre du jury qui a choisi les lauréats, a dit en plaisantant à propos des deux réalisateurs: «Ils sont des hommes de grande taille (comme mon père). Je les imagine marchant en sa compagnie sur le plateau, épaule à épaule.» |